SCÈNE XV
RICHARD, HAWKINS, RUTLÂND.
RUTLAND
Quelqu'un...
HAWKINS
Ne crains rien... un ami a moi... un parent...
RICHARD, serrant soldatesquement la main de Rutland.
Oui, un ami de Hawkins, et le vôtre aussi, le vôlre si vous voulez, maître Samuel.
RUTLAND
Heu ! [A part.) Aurait-il des soupçons sur Scroop ? — 0 mes cent couronnes !... Voyons-le venir pourtant.
RICHARD, s'attablant.
Allons, à table! j'ai fait dix lieues k franc étrier, et cela vous creuse diablement un homme !
(Ils s'attablent.) RUTLAND, à part.
Il m'intrigue !
(Ils boivent.)
RICHARD, à part.
C'est la première fois de ma vie que j'ai eu une idée plaisanle. {Servant à manger.) J'ai fait quinze ans la guerre, j'ai aimé militairement toutes les filles que j'ai trouvées, j'ai saccagé des villes, pillé des maisons, dévalisé des palais. Vrai Dieu ! nous sommes faits pour nous entendre.
(11 serre la main à Samuel.)
RUTLAND, mangeant.
Heu!
RICHARD, lui versant à boire.
Patriarche, lu ne bois pas ! [Rutland boit; lui en versant de nouveau.) Du vin de France, mon maître, ça ne se juge qu'au second verre.
RUTLAND, faisant claquer sa langue.
L'excellent vin !
Vrai? Eh bien ! tant mieux , c'est un présent que j'ai fait à Hawkins. [A Haivkins.) Notre hôle, un second flacon. [Bas.) Reviens dans dix minutes. [Hawkins sort, levant son verre.) A. la santé de Richard!
RUTLAND
Je n'ai plus soif!
DeRichemond?
RUTLAND, se levant.
A la santé d'Abraham !...
RICHARD, riant.
A sa santé, soit !
(Us boivent.) RUTLAND, à part, en faisant claquer sa langue.
L'excellent vin ! Comme je le liens î
(11 boit.)