‹ Richard IIIChapitre 210 sur 259 · ACTE III, SCENE XV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XV

RICHARD, à part, examinant les deux flacons qu'il a tirés de sa

poche.

Est-ce le flacon b'eu ou le flncon blanc qui conlienl le poison?... C'est le blanc, évidemment c'est le blanc.

RUTLAND, s'asseyant.

L'excellent vin ! [Richard fait sauter une pièce d'or qui roule aux pieds de Rutland.) De l'or! une pièce d'or!

(Il ramasse la pièce d'or avec avidité.)

Tu as l'oiTille juste. Tu ferais un excellent musicien. {Pendant que Rutland retourne la pièce d'or entre ses doigts, Richard verse du flacon blanc dans son verre.) Est-elle de poids au moins? (// lui prend la pièce d'or et la fait sauter dans sa main.) Oui... [La rendant à Rutland.) Tu vaux mieux quêta réputation!...

RUTLAND

Comment ?

N'est-elle pas à loi ?

RUTLAjSD, la fourrant dans t-a poche.

Si, si ! [Â part.) 11 est ivre!

A ta santé! (// lui verse à boire tout en parlant.) As-lu des enfanls?

Non.

Des parents?

Non.

RUTLAND

RUTLAND

RICHARD, à part.

Un homme inulile! (Haut.YLe roi sera ton héritier, sais-tu ?

RUTLAND

Dieu m'en garde!

(Chantant.)

Bon voyage corps languissant,

Bon voyage têle lassée,

Le vin réchauffe le vieux sang.

(11 boit.)

RICHARD, souriant.

Tu es empoisonné.

RUTLAND

Mauvais plaisanl !

(Chantant,) Le vin réchauffe le vieux sang.

RICHARD, lui montrant le flacon vide.

Tu es empoisonné.

RUTLAND, laissant tomber son verre et se levant avec épouvante. Ah !... l'atroce plaisanterie !

Je ne veux pas ta mort, voici du contre-poison. {Rutland veut lui prendre le flacon.) Un instant !... causons.

RUTLAND

Causer? avec la mort dans les entrailles ? {Même jeu.) Donnez !

RICHARD, retirant le flacon.

Ta vie ne vaut pas une obole.

RUTLAND, voulant prendre le flacon.

Ma vie vaut celle d'un prince! Donnez, donnez.

RICHARD, retirant le flacon.

D'un prince, soit ! Un chrétien vaut vingt-cinq juifs, un noble vingt-cinq chrétiens, un baron vingt-cinq nobles, un prince vingt-cinq barons; tolal : cent juifs pour un prince !... Prince, tu vas me compter cent mille couronnes ou lu es mort.

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