SCÈNE YIII
LA REINE, ELISABETH
Eh bien ? ma mère, eh bien ?
Embrasse-moi ! — Que penses- lu de cette visite de Richard ?
ELISABETH
Ne prononcez plus ce nom, ma mère!... Enfin, que se passe-t-il ?
LA REINE
On le calomnie, peut-être 1
ELISABETH
Ma mère !
LA REINE
Cela se peut !
ELISABETH
Est-ce bien vous qui me parlez ?
LA REINE, la prenant dans ses bras Oh! écoute! {Apari.)Non, je ne pourrai jamais! [Apercevant Richard qui passe au fond de la serre et fait semblant d'examiner les fleurs.) Dieu ! [A elle-même.) Ma pauvre tête, elle s'en va ! [Haut.) Oh ! écoute, écoute. . . je suis une pauvre mère qu'on torture, et qui ne veut que ton bonheur... — Ma bonne enfant ! (Elle Vembrasse) tu es mon seul trésor, la seule consolation qui me reste, la dernière bénédiction de Dieu sur ma maison. Écoute... oh! écoute-moi! J'ai vu mourir ton père, j'ai vu assassiner Gray et Rivers, j'ai vu mes deux fils égorgés, tes frères, et je n'ai que toi, et je n'ai plus l'énergie de lutter, et je serai lâche à force d'amour et d'égoïsme !... — Tu es tout ce qui me reste enfin !... [Elle l'embrasse.) Ah I ne me réponds pas !... et que pourrais-tu me dire ? Je commets une lâcheté en ce moment... Eh bieni après?... je veux que tu vives, moi!,.. Enfin est-il sage de repousser la main qu'il nous tend ?
ELISABETH
La main d'un parricide î