‹ Richard IIIChapitre 76 sur 259 · SCÈNE XÎIÎ · texte numérisé non relu

SCÈNE XÎIÎ

HAWKINS, puis RICHARD.

HAWKINS, suivant la reine des yeux.

Dormez en paix, madame; vous aurez fait de cet inutile vieillard un martyr ou un héros! — La pauvre fetïime qui croyait devoir faire passer en moi le dégoût et l'iiofreur que cet homme inspire! Non, madame; j'ai contenu, par respect pour vous, les flots d'indignation qui envahissaient mon âme au nom de ce fou couronné : roi sinistre, être monstrueux qui unit la laideur physique à la difformité morale; traître, assassin, sacrilège, fourbe, bossu, boiteux...

RICHARD, lui tapant sur l'épaule, en riant.

Continue! — (S' asseyant.) Le portrait n'est pas flatté, sais-tu? Mais il y manque un trait, la clémence. — Je te pardonne.

HAWKmS.

Le pardon est une faiblesse, une vertu ou un calcul. A quel prix me laissez-vous la vie, milord?

Bienjoué, maître Hawkins, bien joué : la princesse conduite au camp de Richemond, c'était me mettre les deux tiers de l'Angleterre sur les bras. . . bien joué, vrai Dieu ! bien joué ! Enfin, je te pardonne. (Montrant un des flacons rangés sur l'étagère.) Qu'est-ce que ça?

HAWKINS

C'est du poison, milord.

RICHARD, montrant le flacon d'à côté.

Et ceci ?

HAWKINS

Le contre-poison. Mais...

RICHARD, fourrant les deux flacons dans sa poche et se levant.

Nous soupqns ensemble.

HAWKINS

Comment ?... Que veut dire votre altesse ?

Nous soupons ensemble. Fais servir. [Hawkins frappe sur un timbre. William entre et s'occupe du souper.)

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