Paris, 3 Mars
Je veux faire de ce jour un jour de fête. Je veux vous écrire, amie! Après avoir bien réfléchi, et dans l'intention la plus amicale, j'ai maintes fois déposé la plume que j'avais reprise, ces temps-ci, pour vous écrire. Mon besoin de communiquer avec vous est grand et je veux tâcher d'en mériter la satisfaction en vous donnant beaucoup de bonnes nouvelles.
D'abord je vais vous décrire ce qui se trouve sur ma cheminée, en guise de pendule. C'est une chose étonnante. Sur une monture recouverte de velours rouge s'élargit un écusson d'argent où sont gravées des devises tirées de mes œuvres, depuis Rienzi jusqu'à Tristan et Isolde. Au-dessus de cet écusson, dans une couronne d'argent, dont une branche est de laurier, l'autre de chêne, se déroule à moitié une grande feuille de papier à musique, en argent, où sont gravés les thèmes principaux de mes opéras. Une belle plume d'argent est posée entre les branches de la couronne, au-dessus de la feuille de papier à musique; les branches
sont réunies par un nœud d'or qui porte cette inscription: «Le cœur de l'homme juste doit s'épanouir au soleil des grands hommes», et puis: «Dédié au maître sublime, en témoignage de sincère vénération, par Richard Weiland».
Ce Richard Weiland ^ est un bourgeois de Dresde, que je n'ai jamais connu, mais qui vint me voir, un matin, à Zurich, — dans «l'Asile», — et me fournit une critique assez drôle de la manière dont Tannhâuser avait été exécuté à Prague, en me rapportant simplement que là-bas l'ouverture avait duré vingt minutes: elle n'avait duré que douze minutes, sous ma direction, à Dresde . . . J'ai trouvé l'envoi, avec une lettre fort discrète, un jour que je revenais de faire répéter mes chœurs, affreusement fatigué . . . J'ai maintenant le bâton ^ et cette pièce d'orfèvrerie . . .
Mes concerts ici m'ont mis en relation avec quelques hommes dévoués et intelligents.
Gasperini, un médecin très aimable, cultivé, bien doué, qui prochainement se vouera tout entier à la littérature et à la poésie, un homme de bel extérieur et de cœur chaleureux, mais peut-être sans grande énergie propre, — m'appartenait déjà avant mon arrivée, est maintenant le plus ardent et le plus tenace champion de
^ Voir Glasenapp, II, 2, 236 et suiv.
2 Ce bâton de chef d'orchestre, exécuté d'après le dessin de Semper, était un présent de Madame Wesendonk.
lia cause. Pour la soutenir, il est entré au I!ourrier du Dimanche.
En Villot, j'ai gagné une tête excellente et brt bien meublée, un esprit fin et clair, libre ie tout préjugé. Cet homme, qui déjà vient le marier un fils, est conservateur des Musées lu Louvre et, comme tel, a la direction générale les trésors artistiques. Dans une œuvre gigantesque, qui lui a coûté quinze années de ravail constant, il a écrit une histoire des colections du Louvre . . .
Figurez-vous maintenant que cet homme, ongtemps avant de faire ma connaissance, possélait déjà toutes mes partitions et les a étudiées ninutieusement. Il a été tout heureux de pouvoir obtenir des Hârtel, dès maintenant, par mon ntermédiaire, une partition de Tristan. Il m'a ;urpris par la netteté de son jugement, surtout juand il apprécie les facultés de sa propre lation, à laquelle il appartient tout à fait pour 'expression, tandis qu'il la dépasse de beaucoup )ar l'esprit. Sa tête est très belle et très fine. 1 m'a invité à voir en détail, sous sa conduite, les résors du Louvre; je n'ai pas encore pu profiter le l'invitation, ni de longtemps ne le pourrai!
Parmi beaucoup d'autres, je vous citerai mcore le romancier Champfleury, dont je vous li envoyé la brochure,^ écrite sous une première
^ Champfleury, Richard Wagner, Paris 1860. II -- 49 -- 4
impression. Il a un regard profond, d'une mélancolie bienveillante.
Son ami, le poëte Baudelaire m'a écrit plusieurs lettres admirables; il ne veut m'être présenté cependant qu'après avoir achevé quelques poëmes dont il désire me faire hommage. Je vous ai parlé de Franck-Marie: il a écrit sur moi quelque chose d'important; mais, personnellement, je ne le connais pas encore.
Il y a encore un jeune peintre, Gustave Doré, qui a déjà ici une grande réputation; il a fait un dessin pour l'Illustration, qui me représente dirigeant un orchestre d'esprits dans un site alpestre. De plus, il y a aussi plusieurs musiciens et compositeurs qui se sont déclarés pour moi avec enthousiasme ; entre autres, Gounod, un homme tendre, bon et pur, mais pas profondément doué. Louis Lacombe, Léon Kreutzer, Stephen Heller. Important comme très profond musicien, est Sensale,* qui doit me jouer à l'avenir mes partitions.
Un M. Perrin, important comme peintre, ancien directeur de l'Opéra- Comique et probablement futur directeur du grand Opéra, m'est très dévoué et a bien parlé de moi dans la Revue Européenne.
Berlioz a succombé à l'envie; mes efforts pour pouvoir rester en bonne amitié avec lui
* Il s'agit vraisemblablement de Saint-Saëns.
sont devenus inutiles par Paccueil brillant fait à ma musique, lequel lui est insupportable. A vrai dire, il se trouve contrecarré par mon apparition à Paris à la veille de l'exécution de ses Troyens; sa mauvaise étoile lui a aussi donné une méchante femme qui se laisse corrompre pour influencer son mari, souffrant et faible. Sa conduite envers moi a été une continuelle oscillation entre un penchant amical et une répulsion envieuse. Il a publié très tardivement son compte rendu, que vous aurez lu sans doute, et de façon à se dispenser de relever Teffet produit par une nouvelle audition de ma musique. J'ai cru bon de répondre à sa manière équivoque, sinon méchante, de traiter la question de la «musique de l'avenir». Vous trouverez cette réponse dans le Journal des Débats du 22 Février.
Rossini s'est mieux conduit. On lui avait attribué un bon mot sur mon manque de mélodie, et le bon mot avait été reproduit avec avidité jusque dans les journaux allemands. Et voilà qu'il vient de dicter tout exprès une rectification, où il déclare ne rien connaître de moi, si ce n'est la marche du Tannhâuser, qui lui a fait le plus grand plaisir; il ajoute que, d'ailleurs, d'après tout ce qu'il sait de moi, il me tient en grande estime. Ce sérieux, chez ce vieil épicurien, m'a surpris . . .
Enfin, j'ai encore une conquête à vous an-
noncer, celle d'un maréchal, du maréchal Magnan. Il a assisté à mes trois concerts et témoigné beaucoup d'enthousiasme. Comme malheureusement ma situation veut que, pour certains milieux, je me fasse bien connaître d'un personnage si considérable, je lui ai rendu visite, et ses paroles m'ont vraiment surpris. Il avait dû lutter à la ronde et ne comprenait pas comment on pouvait entendre dans ma musique autre chose que de la musique, tout comme Gluck et Beethoven en avaient écrite, seulement avec la marque spéciale du génie «d'un Wagner»...
Je n'ai pas encore pu retrouver un de mes programmes de concert. Cependant vous en aurez un. Vous verrez qu'ils n'ont pas été trop intimes. Votre remarque a tout décidé. Pour Tristan, il n'y a qu'une notice sur le sujet...
Je veux vous dire encore quelques mots des concerts. Les instruments à cordes étaient excellents: trente -deux violons, douze altos, douze violoncelles, huit contrebasses, — une masse extrêmement sonore, que vous auriez eu grande joie à entendre. Seulement, les répétitions étaient encore insuffisantes, et je n'avais pu encore obtenir le piano voulu. Les instruments à vent n'étaient bons qu'en partie: à tous manquait l'énergie, notamment le hautbois restait toujours pastoral et ne s'élevait jamais jusqu'à la passion. Les cors étaient misérables et m'ont coûté maint soupir; les malheureux cornistes
excusaient leurs fréquentes attaques fautives en prétendant que mon geste les intimidait. Les trombones et les trompettes n'avaient pas d'éclat. Mais finalement tout fut réparé par le vraiment grand enthousiasme qui saisit l'orchestre, du premier musicien jusqu'au dernier, et qui s'accrut si visiblement aux exécutions que Berlioz, d'après les on-dit, en demeura tout consterné.
Les trois soirées furent donc de véritables fêtes, et, pour les démonstrations d'enthousiasme, les fêtes de Zurich n'étaient rien en comparaison de celles-ci. Dès le début, le public était captivé. Pour l'ouverture du Vaisseau-Fantôme, j'avais composé une nouvelle fin, qui me plaît beaucoup et fit aussi impression sur l'auditoire. De naïfs cris de joie éclatèrent immédiatement après la mélodie gracieuse de la marche du Tannhâuser, et, chaque fois que cette mélodie revenait, la même explosion se renouvela. Cette ingénuité enfantine me mit vraiment en belle humeur, car je n'ai jamais entendu la joie éclater si spontanément. Le chœur des Pèlerins fut la première fois chanté avec hésitation et sans entrain; plus tard, cela marcha mieux. L'ouverture du Tannhâuser, exécutée avec une grande virtuosité, me valut chaque fois de nombreux rappels. Le prélude de Tristan ne fut joué à ma guise qu'au troisième concert; il m'a fait beaucoup de plaisir ce soir-là. Le
public aussi semblait être fort empoigné, car lorsque — après les applaudissements — un opposant se risqua à siffler, un tel ouragan éclata, si intense, si prolongé, toujours renaissant, que je commençai vraiment à me sentir gêné à mon pupitre et que je dus prier, par des gestes de la main, de cesser à la fin, pour l'amour de Dieu, ma satisfaction étant complète; mais cela même ralluma une nouvelle ardeur, et l'ouragan se déchaîna de plus belle. Bref, je n'ai jamais rien vu de pareil.
Tous les fragments de Lohengrin firent, dès le début, un effet extraordinaire; orchestre et public, après chacun, m'auraient presque porté en triomphe. Vraiment, je ne peux pas dire autrement, ce furent des soirs de fête...
Et maintenant l'enfant demandera, sans doute, avec étonnement, pourquoi je ne suis pas content après de si belles émotions, pourquoi je regarde si tristement devant moi? Oui, c'est tout spécial..., et je puis dire seulement que les fêtes c'est bel et bon..., mais que je n'en ai pas besoin! De telles soirées restent quelque chose qui m'est extérieur: ce sont des ivresses, rien d'autre, et elles laissent derrière elles les effets de toute ivresse. Oui, si seulement j'étais autrement fait, cela irait bien. Après tout, je suis parvenu assez loin; je pourrais jouir du repos maintenant, attendre à mon aise les événements, et ce qui est immanquable, à ce qu'on
m*assure, la célébrité, les honneurs, que sais-je encore! Quel fou je serais, alors! Figurezvous qu'au premier concert j'étais distrait parce que certain receveur généraP n'était pas encore arrivé de Marseille. Et de quoi s'agissait-il avec cet homme? C'était l'homme riche dont Gasperini m'avait assuré qu'il s'intéresserait vivement à mon projet de faire représenter mes opéras en France, et auquel on persuaderait sans peine de me soutenir puissamment à cet eifet. Je n'avais en vue que la possibilité d'une première exécution de Tristan à Paris, en Mai, avec des interprètes allemands: c'était le but unique vers lequel je me dirigeais, pour lequel je faisais tout, et, justement, ce furieux effort des trois concerts. Mon homme riche viendrait de Marseille; le succès de ma musique le déciderait à fournir la garantie nécessaire pour l'entreprise d'opéra que j'avais en vue. Enfin, au troisième concert, l'homme arrive; mais il a, ce jour-là, un grand dîner chez Mirés; il vient pourtant passer une heure au concert, et . . . c'est un Français magnifique, très heureux de, etc. . . . pour estimer ensuite qu'une entreprise d'opéra allemand est bien chanceuse . . . etc, etc.
J'avais été, encore une fois, trop naïf! Je le sais au fond toujours d'avance, et pourtant on es-
' Voir lettre à Otto Wesendonk du 12 Février 1860.
père, on se risque, — parce qu'il y a justement un but, un but qui me paraît si nécessaire. Et je ne suis plus ici-bas, ma vie n'a plus de sens que pour regarder ce but et le regarder pardessus tout ce qui se trouve entre moi et lui: ce n'est qu'en vue de ce but que je peux vivre encore; comment pourrais-je vivre si j'en détournais les yeux, pour les plonger dans l'abîme qui m'en sépare!
Oui, certes, d'autres devaient faire cela pour moi et me maintenir debout dans l'air respirable; mais est-ce qu'on peut à bon droit exiger cela de quelqu'un? Chacun n'a-t-il pas un but en vue? Seulement, ce but n'est pas précisément celui de l'excentrique! Ainsi arrivet-il, mon enfant, que le maître stupide doit de nouveau regarder profondément et longuement, uniquement, dans l'abîme, hélas! Qu'éprouvet-il alors? Aucun cercle de l'enfer de Dante n'offre d'abîmes plus effroyables!... Assez làdessus ... Et le but?? . . . demeure cependant toujours l'unique chose qui m'anime!... Mais comment l'atteindre?...
Oui, mon amie, c'est ainsi! Tout, encore une fois, n'est que nuit autour de moi. Si je n'avais plus de but, il en irait autrement. Maintenant, au prix de peines et d'angoisses inexprimables, il me faut seulement m'arracher du gouffre, où je devais finir par me précipiter de nouveau avec un aveuglement presque in-
tentionnel. Je ne vois pas encore la hauteur d'où je pourrais de nouveau diriger mes regards vers mon but... Quand j'aperçus, à la fin, l'inévitable nécessité de concentrer d'abord tous mes efforts pour arriver à une première exécution de Tristan, je me disais aussi: maintenant, avec ce but en vue, plus d'humiliations pour toi! Tout ce que tu fais pour acquérir le pouvoir et les moyens ne peut comporter rien de honteux pour toi, et à tous ceux qui ne pouvaient te comprendre parce qu'ils te voyaient marcher dans des chemins non frayés tu pourrais crier: «Qu'est-ce que vous savez de mon but? . . . » Car celui-là seul peut me comprendre qui comprend mon but.
Chaque jour m'apporte de nouveaux projets: tantôt cette possibilité-ci, tantôt celle-là flotte devant moi. Je suis si indissolublement Hé à cette œuvre que — très sérieusement — je sacrifierais ma vie, je jurerais de ne pas vivre un jour de plus après l'avoir fait représenter. Ainsi est-il explicable que je pense, au lieu de subir toutes les peines et les humiliations que j'aurais à subir pour acquérir les moyens nécessaires par des succès «parisiens», à choisir le tourment le plus simple: aller à Dresde, me soumettre à l'interrogatoire, au jugement, et à la grâce, ma foi! pour pouvoir chercher tranquillement le meilleur théâtre allemand, y représenter Tristan et rompre ainsi le charme
qui me domine aujourd'hui. Rien d'autre ne me paraît valoir la moindre peine! Voilà ce qui me semble encore le plus raisonnable et je trouverais impardonnablement égoïste de refuser n'importe quel tourment ou quel affront qui pourrait conduire à la délivrance de mon œuvre. Que suis-je donc... sans mon œuvre?... Et puis encore ceci: je n'ai pas foi dans mon opéra en langue française. Tout ce que je fais pour cela est en désaccord avec la voix intérieure que je puis seulement assourdir par la légèreté et la violence. Je n'ai foi ni dans un Tannhâuser français, ni dans un Lohengrin français, moins encore dans un Tristan français. Toutes mes démarches dans cette voie demeurent non bénies, d'ailleurs: un démon — sans doute mon démon — me contrarie en tout. Seul l'ordre d'un despote pourrait écarter les obstacles personnels qui empêchent mon entrée à l'Opéra de Paris. Pour l'obtenir je ne ressens même aucune véritable ardeur. Surtout qu'aije affaire avec mes anciennes œuvres? Elles me sont devenues presque indifférentes. Je me surprends toujours à m'en désintéresser absolument. Et puis les traductions françaises! Il me faut les tenir pour entièrement impossibles! Les quelques vers traduits pour mon concert ont coûté des peines indicibles et étaient insupportables. Malgré des efforts infinis, pas un acte de mes opéras n'est encore traduit et le
peu qui est là me dégoûte. La langue aussi est une des causes principales qui font quMci tout me reste proprement étranger. La torture d'une conversation française m'est prodigieusement fatigante; je m'interromps souvent au milieu d'un entretien, comme un désespéré qui se dit: «Ce n'est décidément pas possible; tout est inutile!» Alors je me sens lamentablement un «sans-patrie». Je me demande: «Où est donc ta place?» Et je n'ai pas de pays à nommer, pas de ville, pas de village même. Tout m'est étranger, et souvent je tourne un regard nostalgique vers le pays du Nirvana. Mais le Nirvana, bien vite, me redevient Tristan: vous connaissez la théorie bouddhiste de la Genèse. Un souffle trouble la clarté du ciel:
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cela s'enfle, cela se condense et finalement le monde entier m'apparaît comme une masse impénétrable. C'est ma vieille destinée, tant que j'ai encore de ces esprits non délivrés autour de moi! . . .
J'ai encore quelque chose du pays auprès de moi, que je vais perdre bientôt: Biilow. Le pauvre garçon se tue de fatigue ici; et je jouis peu de lui, car c'est à peine s'il peut me faire de rares visites. Cependant il m'est déjà doux de le savoir ici. Mon Dieu! cela me fait tant
de bien quand je peux parler naturellement, et je ne puis le faire qu'avec lui. Il m'est et me demeure tout dévoué. Je suis souvent touché, quand je surviens par derrière, de voir quelle peine secrète il se donne sans cesse pour moi. Il est alors tout triste si je lui dis: «Cela ne servira pourtant à rien ! « Mais, avant son départ, je veux lui donner une joie en lui disant que vous m'avez chargé de lui souhaiter le bonjour ...
Maintenant il s'agit de se remuer pour combler l'effroyable déficit de mes concerts. On me propose de donner trois fois le même concert à Bruxelles, à des conditions qui m'assurent un petit bénéfice. Je serai bien forcé de le faire. Préparez-vous à recevoir de là de mes nouvelles. On me parle aussi de Londres. C'est bien triste; mais vous savez que je ne peux pas mourir encore . . .
Et maintenant il vaut mieux que je termine, amie: je vois avec évidence que plus rien de bon ne sortira de ma plume et déjà j'ai trop tiré sur la corde. Je suis du moins un peu soulagé d'avoir recommencé à vous écrire: merci à vous qui m'avez valu cela! Mille amitiés à Otto et aux enfants. Dites-moi comment vous allez tous! De fidèle affection,
à vous