‹ Richard Wagner à Mathilde WesendonkChapitre 12 sur 52 · Paris, 10 Avril · texte numérisé non relu

Paris, 10 Avril

Mais, chère enfant bien-aimée, pourquoi ne me donnez-vous pas de vos nouvelles? Fautil donc que je commence par tout demander, moi? Est-ce qu'on ne peut même pas m'écrire, à moi, malheureux, me répondre, au moins?... Je suis vraiment très inquiet. J'ai écrit dernièrement à Otto: de lui, non plus, pas la moindre réponse! Maintenant il ne me reste plus qu'à rêver: et c'est aussi mon recours. Je rêve beaucoup et souvent; mais même les rêves agréables ont pour moi quelque chose d'inquiétant, parce que, d'après les règles de l'art d'interpréter les songes, si l'objet de nos soucis nous apparaît sous des couleurs joyeuses, cela veut bientôt dire le contraire. Mais quel fâcheux recours les rêves sont-ils déjà! ... Ils indiquent le vide de notre existence à l'état de veille. Alors le Vert Henri 1 me revient à l'esprit, celui qui finit par ne plus faire autre chose que rêver...

Méchante enfant! Votre dernière lettre même — et il y a si longtemps de cela déjà!

— me disait si peu de chose, presque rien, de vous! Seule ma stupide destinée doit-elle toujours servir de thème à notre correspondance? Je me prends à douter que ces lignes vous trouvent à Rome: vous serez peut-être partie

— cela vous ressemblerait bien! — sans me

^ Héros célèbre de récrivain suisse Gottfried Keller.

dire quand ni pour quel endroit! Vous voyez, c'est une querelle: il y a quelques jours encore, j'aurais pris cela plus doucement; mais, à présent, je deviens plus méchant de jour en jour.

Je vous en prie, écrivez- moi donc une ^| longue lettre! Comment vous allez, ce que vous voyez, votre vie quotidienne, quelles connaissances vous avez faites, si votre santé est bonne, etc. Vous m'avez promis de me montrer votre lanterne magique de temps à autre. Et, tout à coup, me voilà complètement excommunié? Ah! on voit où vous êtes!

Je devrais presque, à présent, ne point parler de moi; mais que sais-je de vous? Rien, sinon que je ne sais rien: une notion très philosophique! Et de moi?? Chère enfant, cela ne tournera jamais d'une façon raisonnable et surtout aucun homme de sens n'y comprendra jamais rien. Par exemple, je suis fêté par tous les gens intelligents et le monde entier croit que je nage dans les plaisirs et les délices, parce que j'ai atteint enfin le résultat incroyable qu'un de mes opéras va être représenté à Paris. «Que peut-il désirer encore de plus?» dit-on. Et figurez-vous que je n'ai jamais été plus las de i tout cela que maintenant et à quiconque vient me féliciter je montre les dents avec fureur. Voilà comment je suis, à présent!

Personne ne fait rien à mon goût; rien ne me va. Alors on me plante là, et, finalement.

il faut que j'en sois encore bien aise. Avec vous cependant, je ne veux pas être si malhonnête.

Vous savez, mon enfant, que je ne regarde ni à droite ni à gauche, ni devant ni derrière, que le temps et le monde me sont indifférents et qu'une seule chose me détermine, la nécessité de décharger mon âme: donc vous savez aussi la seule chose qui me tienne au cœur. Si pourtant il en était autrement, si ma provision intérieure était déjà épuisée et si je n'avais plus qu'à regarder autour de moi pour voir le succès de mes œuvres, les situations que je crée, l'importance que je puis avoir, j'aurais alors assez de sérieux et édifiants amusements. Je ne puis donner un démenti à mes nouveaux amis français qui voient dans la possibilité, dans la certitude prévue de la grande impression que fera bientôt Tannhâuser sur le public parisien, un événement d'une importance inouïe et y attachent un prix incomparable.

Quiconque observe avec sang- froid la vie d'une nation aussi douée, mais aussi incroyablement négligée que les Français, et peut s'intéresser à tout ce qui lui semble utile pour le développement et l'ennoblissement de ce peuple, je ne saurais le blâmer, après tout, s'il aperçoit dans l'accueil fait à un Tannhâuser français une véritable question de vie ou de mort pour la culture possible de ces gens-là. Songez donc

à l'état misérable où se trouve l'art français; que la poésie est, proprement étrangère à ce peuple qui, à sa place, ne connaît que la rhétorique et l'éloquence. Étant donné l'isolement absolu de la langue française et son incapacité de s'assimiler par une traduction l'élément poétique qui lui est étranger, il ne reste qu'un seul moyen, c'est de faire agir la poésie sur les Français par l'entremise de la musique. Seulement, le Français n'est pas non plus proprement musicien, et toute musique lui est venue de l'étranger: de tout temps, le style musical français ne s'est formé que par le contact de la musique italienne et de la musique allemande; il n'est rien d'autre, à proprement parler, qu'une transaction entre ces deux styles . . .

Tout bien considéré, Gluck n'a rien appris d'autre aux Français qu'à mettre la musique d'accord avec la rhétorique de la tragédie française: de vraie poésie, au fond, il n'en était pas question. C'est pourquoi, depuis lors, les Italiens presque seuls ont été maîtres du terrain: il ne s'agissait jamais que d'une rhétorique et d'une manière, et, au demeurant, de musique aussi peu que de poésie. La négligence croissante qui en est résultée jusqu'à ce jour est incroyable. Dernièrement, pour connaître un peu les chanteurs de l'Opéra, je fus obligé d'entendre une œuvre nouvelle d'un certain prince Poniatowski. Ce que j'éprouvai là!! Quelle nostalgie du

plus simple vallon de la Suisse me saisit!! J'étais comme assassiné quand je rentrai chez moi, et toute possibilité s'était évanouie à mes yeux sans laisser de trace. Mais, en même temps, j'appris comment les impressions les plus horribles ne font que provoquer des réactions d'autant plus fortes et plus durables. «Vous voyez, — me dit-on, — quelle est la situation et ce que nous attendons, ce que nous désirons de vous!» Ceux qui me disent cela sont des gens qui, depuis vingt ans, n'ont plus mis les pieds à l'Opéra, qui ne connaissent plus que les concerts du Conservatoire, les quatuors, et qui, finalement, — sans me connaître, — étudiaient mes partitions, — et non seulement des musiciens, mais des peintres, des hommes de lettres, oui, jusqu'à des hommes politiques! Ils me disent: «Ce que vous apportez, on ne nous l'a encore jamais offert, loin de là, car vous apportez, avec la musique, toute la poésie: vous apportez le tout, un tout qui subsiste par lui-même, indépendant de toute influence, telle qu'il en fut exercé jusqu'ici par nos instituts sur l'artiste qui voulait se produire à nous. Vous l'apportez également sous une forme parfaite et avec la plus grande puissance d'expression: même le Français le plus ignorant ne peut y vouloir rien changer; il doit l'accepter entièrement ou le repousser entièrement. Et de là l'importance considérable que nous at-

tachons à l'événement futur: si votre œuvre est repoussée, nous saurons où nous en sommes et renoncerons à tout espoir; si elle est acceptée, et cela du premier coup (car le Français ne peut être influencé autrement), nous respirerons tous: car, ce n'est pas la science et la littérature, mais Tart théâtral seul, par son action immédiate et générale, qui peut mettre sa forte empreinte sur Tesprit et les idées de notre nation. Mais . . . nous sommes certains du succès le plus grand et le plus durable ! ... »

Par le fait, même le directeur, qui connaît mieux le sujet maintenant, se vante, à qui veut l'entendre, de pouvoir compter, avec Tannhauser, sur un vrai «succès d'argent».

A Bruxelles, j'ai souvent causé avec un homme remarquable, un vieux diplomate, très intelligent, spirituel et d'une expérience peu commune,^ qui me recommanda vivement de ne pas négliger les Français: on peut en penser et dire ce qu'on veut; il n'en reste pas moins indéniable que les Français sont présentement le véritable prototype de la civilisation européenne, et faire sur eux un effet décisif, c'est agir sur l'Europe toute entière.

Tous ces sons de cloche n'ont vraiment rien que d'encourageant, et je vois bien que je

' Le conseiller d'État Klindworth; voir Glasenapp, II, 2, 252.

ne me dépouillerai pas de Pimportance que je dois avoir aux yeux du monde. L'étonnant, seulement, c'est que l'Europe et le monde me sont à peu près également indifférents; au fond du cœur, je me dis: Que t'importe tout cela? Mais, encore une fois, je vois bien que je ne m'en dégage pas: oh! le démon y veille. La plus sûre garantie de mon immanquable influence sur l'Europe c'est... ma détresse I

Je vous dis cela franchement pour que vous ne vous fassiez pas des idées erronées sur mon compte, que vous n'alliez point imaginer que cette vaine supposition me pousse vers quelque chose qui est proprement hors de moi. Mes concerts de Paris m'ont causé des embarras à perte de vue: je n'ai entrepris Bruxelles que pour m'en tirer un peu; j'ai abouti au résultat diamétralement opposé. En quittant cette ville, je me suis rappelé ce qu'avait dit Rossini après la chute d'un de ses opéras, «plus soigné» que les autres: «Si jamais on me prend à soigner ma partitionI»i Et je me dis, de même: «Si jamais on me prend à faire de l'argent!»- L'Allemagne envers moi garde un silence parfait; si jamais de ma vie j'arrive à faire représenter Tristan et les Nibelungen, il me faudra imaginer de véritables miracles pour me maintenir au-dessus des eaux

^ La phrase est telle quelle, en français, dans le texte. ^ De même en français.

de cette sainte existence. Voilà comment j'accepte les espérances de mes amis de Paris, notamment celles de mon directeur; et, comme toutes ces splendeurs, hélas! se font quelque peu attendre, je ne suis pas éloigné de me vendre à un général russe, 1 qui doit bientôt venir ici m'engager pour une expédition de Tannhâuser à Pétersbourg. Je vous en prie, veuillez en rire avec moi: on ne peut vraiment pas me sauver autrement de ces contradictions ridicules, où me laisse ce monde qui a besoin de rédemption, moi, le sauveur attendu!

Cependant, il me faut faire provision de bonne humeur pour écrire ... un grand ballet. Qu'est-ce que vous dites de cela? Vous doutez de ma parole? Vous me ferez des excuses, un jour, quand vous le verrez et l'entendrez. Pour le moment, je ne vous dis que ceci: pas une note, pas un mot ne sera changé dans Tannhâuser. Mais il fallait absolument qu'il y eût un «ballet», et ce ballet devait se trouver au deuxième acte, parce que les abonnés de l'Opéra viennent toujours un peu en retard au théâtre, après avoir dîné copieusement, et jamais pour le lever du rideau. Je déclarai que je ne pouvais pas me soumettre aux lois du Jockey-Club et que je retirerais mon ouvrage. Pourtant je

* M. de Sabouroff, directeur du théâtre impérial; voir Glasenapp, II, 2. 260.

veux tirer ces messieurs d^embarras: TOpéra n'a pas besoin de commencer avant huit heures, et j'évoquerai alors encore une fois le profane Venusberg.

Cette cour de «dame Vénus» était manifestement le point faible de l'œuvre. N'ayant pas de bon corps de ballet à ma disposition, je m'étais contenté d'une esquisse à la grosse brosse et par là je gâtai beaucoup les choses: je laissais notamment l'impression du Venusberg faible et indécise, ce qui avait pour conséquence de ruiner la base même sur laquelle devait s'édifier ensuite l'émouvante tragédie. Tous les ressouvenirs et les avertissements ultérieurs, si décisifs, qui doivent nous remplir d'horreur (et par là seulement peut s'expliquer l'action), perdaient presque tout leur effet; la terreur et l'angoisse continues faisaient défaut. Je reconnais, d'ailleurs, maintenant qu'à l'époque où j'écrivis Tannhâuser, j'étais encore incapable de réaliser chose pareille, qui est nécessaire ici ; pour cela, il fallait une maîtrise beaucoup plus grande, que j'ai tout juste maintenant: maintenant, après avoir écrit la suprême ^transfiguration d'Isolde, je pouvais trouver aussi bien la vraie fin qu'il fallait pour l'ouverture du Vaisseau Fantôme, et l'horreur du Venusberg. On devient tout-puissant, lorsqu'on ne fait plus que jouer avec le monde. Évidemment, il me faut ici tout inventer de moi-même, afin

de pouvoir prescrire au maître de ballet les moindres nuances; il est certain cependant que seule la danse peut ici produire l'effet, mais quelle danse! Les gens seront stupéfaits de tout ce que j'aurai combiné! Je n'ai encore rien mis sur le papier; en quelques rapides indications, je vais l'essayer ici pour la première fois. Ne soyez point surprise de trouver cela dans une lettre à Elisabeth.

Vénus et Tannhauser reposent comme dans la version originelle: seulement, les trois Grâces sont étendues à leurs pieds, entrelacées joliment. 1 Toute une masse compacte de corps d'enfants entoure la couche: de petits Amours qui, dans leurs jeux enfantins, sont tombés les uns sur les autres en se battant et ont été pris par le sommeil.

Alentour, sur les saillies de la grotte, sont couchés des couples d'amants. Au milieu seulement dansent des Nymphes, taquinées par des Faunes, qu'elles tâchent d'éviter. Ce groupe accélère ses mouvements: les Faunes deviennent plus impétueux; la fuite provocante des Nymphes invite les hommes des couples couchés à les défendre. Jalousie des femmes abandonnées ; audace croissante des Faunes. Tumulte. Les Grâces se lèvent et interviennent, exhortant à la belle modération: elles, aussi, les Faunes les taquinent, mais ils sont chassés par les jeunes gens. Les Grâces réconcilient les

couples . . . Des Sirènes se font entendre ... Au loin, tumulte: les Faunes, voulant se venger, ont appelé les Bacchantes. Bruyante, la troupe sauvage s'approche, après que les Grâces se sont couchées de nouveau devant Vénus. Le jubilant cortège amène toute espèce d'animaux monstrueux; on choisit un bélier noir, on examine soigneusement s'il ne porte pas de tache blanche et on le conduit, avec des cris de joie, près d'une cascade; un prêtre l'abat et le sacrifie avec des gestes horribles.

Tout à coup s'élève hors de l'eau, parmi la joie turbulente de la foule, un personnage que vous connaissez bien, le Strômkarl^ des légendes du Nord, avec son grand violon merveilleux. Il joue une danse, et vous pouvez penser ce qu'il me faut inventer pour donner à cette danse son juste caractère. Toute la gent mythologique, peu à peu, s'empresse, attirée par les sons du violon. Tous les animaux consacrés aux dieux. Enfin des Centaures, au milieu de la frénésie générale, se mettent à caracoler çà et là. Les Grâces intimidées ne savent comment mettre fin au délire. Elles s'élancent, avec des gestes de désespoir, parmi ces frénétiques : vainement! Elles se retournent alors vers Vénus,

* Littéralement, « Charles des torrents ». Parmi les poèmes de M. Wesendonk se trouve aussi une ballade du Neck. Comparer encore R. Wagner, Ecrits 9, 120 et 10 319/20.

invoquant son aide. D*un geste, la déesse éveille les Amours, qui décochent toute une grêle de flèches, puis d'autres, et d'autres encore sur la foule; leurs carquois se remplissent de nouveau indéfiniment. Maintenant, les couples se forment plus distincts: ceux que les flèches ont blessés tombent dans les bras les uns des autres; un désir furieux s'empare de tous. Des flèches égarées ont même blessé les Grâces: elles ne sont plus maîtresses d'elles-mêmes.

Faunes et Bacchantes, par couples, disparaissent impétueusement: les Centaures prennent les Grâces en croupe et les enlèvent; tous se précipitent vers le fond; les couples se couchent; les Amours, continuant de tirer, se sont mis à la poursuite de ces sauvages. Une langueur se fait sentir. Des nuages s'abaissent. Toujours plus lointain, on entend le chant des Sirènes. Tout disparaît. Calme . . .

Enfin . . . Tannhâuser s'éveille de son rêve . . . Voilà à peu près la chose. Qu'en pensezvous? ... Je m'amuse fort d'avoir utilisé mon Strômkarl pour la onzième variation. Cela explique aussi pourquoi Vénus est allée dans le Nord avec sa cour: là seulement on pouvait | trouver le joueur de violon qui devait jouer devant les dieux antiques. Le bélier noir me j plaît aussi. Pourtant il me sera toujours pos- " sible de le remplacer. Les Ménades devraient apporter, avec des cris de joie, Orphée assas-

sine: elles jetteraient sa tête dans la cascade, et là-dessus apparaîtrait hors de l'eau le Strômkarl. Mais ceci est moins compréhensible sans paroles. Qu'en dites-vous?

Je voudrais bien avoir sous la main des aquarelles de Genelli: il a parfaitement représenté ces sauvageries mythologiques. A la fin, il faut bien m'aider ainsi. Mais j'ai encore â inventer beaucoup . . .

Voilà! je vous ai écrit encore une fois une vraie lettre de kapellmeister, ne trouvezvous pas? Et, cette fois, c'est aussi une lettre de maître de ballet. Cela doit pourtant vous mettre en belle humeur?

Et pourtant vous ne m'écrivez pas? Et Otto non plus? O les méchants, les méchants! Où prendre maintenant des lettres qui me donnent de la joie? Et vous savez que rien d'autre ne me donne de joie! Rien que m'occuper de vous.

On m'a envoyé de Bruxelles, hier, ma photographie, qui me paraît fort bien réussie. J'ai tout de suite pensé à vous. Si vous avez la gentillesse de m'écrire bientôt et si vous me dites quand vous retournerez à Lucerne, j'enverrai à M. Stûnzig ou à toute autre personne désignée par vous ce portrait qui vous dira quel air j'ai présentement: il faudra l'accrocher dans la galerie au-dessus du piano.

Puisque vous avez emmené à Rome tout ce qui est vôtre, aucun ami ne peut vous sou-

haiter la bienvenue chez vous, au retour, si je ne m'y trouve, au moins en effigie, dans la galerie.

Figurez-vous que, cette fois, j'ai tout uniment oublié l'anniversaire d'Otto: je savais bien que c'était en Mars, mais le jour? Je n'avais, du reste, rien de convenable à lui offrir. A présent, qu'il attende jusqu'en Mars prochain: alors je serai probablement déjà riche et je jetterai les millions autour de moi. Au reste, considérez, chère enfant, que je n'ai toujours plus rien au monde que vous; que je vis pour vous, par vous et avec vous, et que le jeu n'a plus d'intérêt pour moi que parce que je puis me plaindre à vous de ma détresse et que vous accueillez si doucement ma plainte. Adieu, mon enfant! Mille cordiales amitiés: partagez avec votre mari et vos enfants ce que vous aurez

en trop.

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