PROFESSION DE FOI D*UN FRANCHIS
« croyant voit, avec les yeux de la foi, non plus « l'image de Jésus, comme au portail de la ca- « tliédrale, mais Jésus-Christ lui-même descendu « du ciel. Si, alors la voix d'un peuple entier, « répondant à la voix du prêtre, fait retentir sous « les arches colossales ses hymnes de douleur, « d'épouvante, de supplication ou de triomphe, « dont la simplicité majestueuse et. profonde n'a « pu être effacée par toutes les savantes merveil- « les de l'harmonie moderne ; si l'orgue, le seul « instrument d'un pareil temple, et le plus puis- « sant qu'aient inventé les hommes, reprend cet « auguste dialogue, tandis qu'à travers les voûtes « arrive jusqu'à vous le tonnerre des cloches, ces « grandes voix de la cathédrale qu'on entend de « deux lieues à la ronde, où trouvera-t-on dans le « passé de l'humanité, quelque chose de compara- « ble à ce magnifique ensemble d'art et de poésie « sacrée ? Qui pourra contester que ce soit la « forme la plus solennelle qu'ait encore revêtue la « pensée religieuse depuis l'origine des cultes ? » Cet art fut Féclosion spontanée et naturelle du génie de la France féodale. Il devait dérliner et disparaître avec la féodahté. C'est au Xn'"' siècle que commence le mouvement qui ncMis «Mitraîne vers d'autres destinées. De})uis lors jusqu'au XVH"" siècle tout, en France, tend vers l'unité, vers la monarchie absolue. Après avoir été envahi par les Anglais, notre ])ays devint, au tenq)s des guerres de religion, « la pmit; de FFumpe,
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l'affreux cliainj» de bataille des sectes et des' nations (1). » Dans des circonstances semblables comment n'eût-il pas désiré avant tout l'unité qui pouvait seule lui permettre de repousser l'étranj^^er et de vivre en paix. De là, la direction d'idées i^ràce à laquelle nos rois purent arriver petit à petit au pouvoir absolu. Sur eux seuls pourtant retombe la responsabilité des crimes que leur ambition leur a fait commettre. Ils firent une guerre acharnée à leurs vassaux pour les réduire à l'état de sujets humbles et soumis. Après la victoire, ils firent couper la tète aux plus vaillants, et pour !)nser le caractère de ceux qui restaient, ils les corrompirent. Alors ces princes //v*',v chrétiens, semblent avoir pris à tâche d'établir autour d'eux la polygamie î De leurs palais, ils firent une grande maison de plaisir où ils appelèrent tous les nobles du royaume ; et là ils conduisirent une danse si embrouillée, qu(» pour éviter toute confusion fâcheuse ces Messieurs eu.sent pu dire 7ios fchtmes, et ces Dames nos maris. Ainsi les bons cheraJiers d'autrefois, devinrent les petits marquis dépravés (jui n'étaient bons qu'à mettre à mal les femmes (2) et à vider les caisses du royaume. Ainsi les fleineun^s seign«»uriales furent
(l) llKMU .\1\UTI\. Ilistotrr dr r,nttn\ T. Mil. |». '^l (*) Vt»ir «laiis 1rs .V«*»>j"ir<\v de A/."" tV Kpinny la co" '•••' •le Hon mari avoo ««lie, j>eu de mois aprrs stin mari
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désertées, et la France perdit ces petites cours provinciales qui, sur tous les points du territoire, eussent pu favoriser l'éclosion du génie national. D'autre part, nos huguenots, qui représentaient certainement une élite intellectuelle, furent massacrés, puis expulsés ; et, en même temps, le fantôme de l'art grec apparut, comme une Vénus muette et mutilée, qui, cette fois, ne naissait pas de l'onde mouvante et murmurante, mais que Ton tirait dii sépulcre. On fut tellement fasciné par ses formes enchanteresses qu'on n'en voulut plus d'autres ; mais on n'en comprit ni la véritable nature, ni la raison d'être. C'est donc pour imiter l'enveloppe de la pensée grecque qu'on renonça aux formes que la vie elle-même tendait à produire spontanément chez nous. Il est bien clair que l'art qui, au XYH'"" siècle, fut l'épanouissement de la France monarchique, devait être plus remarquable par la forme que par le fond. Mais cette forme est-elle aussi peu de chose que le disent nos détracteurs? Est-elle aussi vide qu'ils le prétendent ? Enfin sommes-nous, depuis lors, devenus un peuple sénile, duquel la vie s'est à tout jamais retirée ? Non certes ; je vais le démontrer.
Parlons d'abord de la forme. Sous ce rapport, la grande œuvre du XVII*-' siècle fut la langue française elle-même. Par sa clarté, sa finesse, l'obligation qu'elle impose à l'écrivain de ne livrer unn pens(^«* qu«' lorsqu'il <mi a ti'ouvf' la forint» la