L INSPIRATION ET LE GENIE
Rousseau. Pour le reste ses idées se rapprochent beaucoup de celles de M. Taiue. L'écrit dans lequel je les ai trouvées a été publié en 1852; il est donc antérieur à tous ceux de notre éminent philosophe. En notant ce fait, je ne veux aucunement (hre que ^I. Taine ait emprunté quoi que ce soit à A^^agner; je serais même extrêmement surpris qu'il ait jamais lu les écrits du maître. ^Nlon but est de montrer que ceux-ci ne sont pas indigues d'attirer l'attention des penseurs eux-mêmes, dont l'âme robuste est à l'abri des séductions de la musique. L'ineptie du genre opéra et la frivolité de certains morceaux de piano ont pu, j'en conviens, faire considérer la musique comme un art d'agrément, bon à enseigner aux filles en même temps que la danse et les petites frisures, dont elles parent si gentiment leur front et leur nuque. La grande musique instrumentale elle-même, est si vague, si oljscure qu'elle ne semble pas révéler un homme capable de concevoir clairement une idée. Mais avec Wagner la nuisique est arrivée à la pleine conscience. Maintenant le musicien est aussi un penseur, dont l'intelligence est vivifiée et illuminée par un art qui la met en conmiunn^ation directe avec les sources mêmes de la vie.