LE POÈME DE LA WALKYRIE
Retour à Zurich. — Nouveaux essais de propagande. — Lettre sur lacritique, — Publication de la lettre sur la Fondation Gœthe. — Projet d'article sur Vart de diriger lamusique de Beethoven. — Nouvelle tentative pour imprimer sa direction au théâtre de Zurich. — Wagner ne peut mènie organiser un concert. — Première manifestation du revirement pessimiste. — Manière toute nouvelle d'envisager l'art. — Dernier effort intellectuel . — Le professeur Ettmùller. — Les mots racines. — Shelley. — Le m^the de l'œil de Wotan. — Désormais Wagner ne cherchera plus que ce qui s'adresse au senti ment. — Les femmes et la musique. — L'ouverture de Tannhœuser et le Vaisseau Fantôme à Zurich. — Autocritique. — Wagner s'installe à la campagne. — Le plan de Y Anneau du Nihelung. — Le poème de la Walkyrie. — Désir de voyager.
Le 25 novembre, Wagner revint à Zurich célébrer avec sa femme l'anniversaire de leur mariage. Il n'avait qu'une pensée, c'était de ne rien faire du
tout; afin de consolider la robuste santé qu'il croyait avoir acquise et de laisser Timage de son grand drame se fixer d'elle-méoie en son esprit complètement apaisé. Comme, pendant son séjour aux eaux, Madame Wilhelmine avait arrêté un joli petit appartement au Zeltweg, il se livra d'abord tout entier au plaisir de s'installer de la façon la plus agréable, il plaça dans son cabinet un médaillon de Beethoven, les gravures, d'après Cornélius, des principales scènes des Nibelungen, puis la collection de ses propres ouvrages c reliés en rouge », et il fut ravi de la joie que lui causaient d'aussi petites choses (1), car il en concluait que bien certainement il avait reconquis la belle naïveté de Thomme primitif. Mais, comme vous pensez, cet état de béate inertie ne pouvait durer longtemps. Si le séjour d'un établissement thermal est particulièrement favorable à la contemplation oisive, il y a dans l'activité d'une grande ville quelque chose de pratique, qui devait forcément le ramener à regarder la réalité en face. Alors, comment empêcher que sa pensée ne se reportât sur ce qui en était l'éternel tourment, à savoir sur le difficile problème de l'exécution de son œuvre? Maintenant qu'à Siegfried était venu se joindre Wotan, la nécessité d'une interprétation réellement dramatique s'était encore accrue, et tous les théâtres d'opéra étant définitivement écartés, il devenait indispensable de rendre possible le festival
(1)B. an UMiÇy p. 125-126.
OÙ V Anneau du Nibelung devrait faire son apparition. Voilà comment, malgré lui, Wagner se trouva conduit; avant de se plonger dans la composition, à reprendre sa plume de polémiste et à faire un dernier effort intellectuel.
La première idée qui lui vint, ce fut d'obtenir le fameux prix Gœthe dont il avait été question Tannée précédente, afin d'avoir au moiqs le noyau de la somme considérable qu'exigerait sa grande entreprise artistique. Il décida de publier la lettre qu'il avait écrite pour Liszt seul, quand il ne s'agissait que des représentations de Weimar. Mais où faire paraître ces pages, trop spéciales pour une revue ordinaire et pas assez pour un journal de musique? Wagner dut reconnaître que s'il n'y avait pas de théâtre pour une œuvre comme la sienne, il n'existait pas non plus pour lui d'organe dans la presse. Alors il résolut de s'en créer un, ou plutôt d'imposer sa direction à la Neue Zeitschrift dont le propriétaire Brendel lui avait toujours été favorable. A cet efifet, il écrivit la Lettre sur la Critique (1) où, après avoir montré encore une fois que la musique absolue a fait son temps, il décrétait que la Gazette ne devait s'occuper de cet art que pour mettre en évidence la nécessité de son union avec la poésie. Cet article qu'il envoya à Brendel, en même temps que la lettre sur le prix Gœthe devait lui servir d'introduction. Mais il n'en resta pas là. Pour ache-
(i) Ueber Musikalische Kritik. G, S. T. V, p. 67-81.
ver d'imprimer au journal son propre mouvement, il envoya à Uhlig le plan d'un autre article sur Vart de diriger la musique de Beethoven^ où il s'ingéniait à prouver que les grandes œuvres du maître de Bonn sont de véritables poèmes qui ne peuvent produire leur effet que si le sujet en a été révélé de vive voix aux musiciens par le chef d'orchestre, et au public par le moyen d'un programme explicatif ; car, autrement, afârmait-îl, vu l'insuffisance du langage musical quand il est livré à ses seules ressources, l'exécution de ces chefs-d'œuvre est chose aussi ridicule que le serait la lecture < d'un morceau littéraire écrit dans une langue que ne comprennent ni le récitant ni les auditeurs». Ainsi, en démontrant à la fois l'extraordinaire puissance et l'insuffisance poétique de la grande musique, il pensait éveiller chez les autres le désir auquel son drame devait précisément répondre (i).
Ces articles de journaux avaient leur importance. Il était essentiel pour Wagner de faire naître en Allemagne le mouvement d'opinion, qui pourrait seul lui fournir les ressources matérielles indispensables à la réalisation de ses vastes desseins. Pourtant, il souhaitait plus encore peut-être arriver à faire représenter à Zurich la série de ses opéras depuis le Vaisseau Fantôme jusqu'à Lohengrin. Non seulement parce que c'était Tunique voie pour se
(1) B, an Uhlig, p. 157-162. Dans celte même lettre Wagner envoyait à Uhlig son programme de TouYerlure de Coriokm. G. S. T. V, p. 224.
créer des interprètes capables d'incarner les héros de VAnneau du Nibelung^ mais aussi parce que, maintenant qu'il avait reconnu avec précision son véritable but, il avait besoin de juger les résultats acquis, alors qu'il y tendait inconsciemment, et d'y trouver un point de départ qui, étant en dehors de la réflexion, fût réellement artistique. Toutefois les tentatives qu'il avait déjà faites l'année précédente, n'ayant pas abouti, il voulut agir avec prudence. Il résolut de ne mettre d'abord en avant que l'idée d'un simple concert, où figureraient les quelques morceaux lyriques pouvant être détachés de ses trois opéras. Ce serait seulement le jour de cette audition musicale que, démasquant ses batteries, il distribuerait un programme se terminant par ces mots (i) :
Si, dans un concert, je voulais. me présenter comme dramatiste, je ne pourrais le faire que d'une façon incomplète. C'est pourquoi je ne montre maintenant qu'un côté de mon œuvre. Désire-t-on l'avoir tout entière, qu'on m'accorde les moyens indispensables pour organiser des représentations théâtrales.
Et il ne doutait pas, dans sa naïveté, que le public, enthousiasmé par sa musique, ne s'empressât de répondre à ses désirs 1 Aussi, quel désenchantement, quand il vit les quelques personnes qui s'étaient montrées disposées à patronner son concert, reculer devant la simple prétention qu'il émit
(1) B, an VhliQy p. 132-134.
d'adjoindre à l'orchestre de Zurich quelques artistes appelés des villes voisines I Son désespoir fut si violent qu'il ramena avec lui l'état de nervosité et tout le cortège de maux dont il se croyait à jamais délivré. Mais ce qui dut le surprendre, s'il eût le loisir d'y penser, c'est que cette disposition maladive qu'il jugeait, l'an passé, si peu propice à la production artistique, ne fît que l'y exciter. Et par là il fut amené à énoncer des principes diamétralement op- • posés à ceux qu'il avait professés jusqu'alors. « L'art, c'est la suprême efflorescence de la joie de « vivre », s'était-il écrié dans Art et Révolution, — « Tous ceux qui se réjouissent de mon art, dira-t-il « maintenant (1), doivent savoir qu'ils se réjouis- « sent de mes douleurs et de mon extrême infor- « tune. » Puis plus loin : « L'art n'étant qu'un « souhait exprimé avec la plus grande clarté possible, « il ne pourrait venir à l'idée d'un homme vrai- « ment heureux d'en faire... et, quant à moi, pour « avoir santé, jeunesse, nature, pour posséder une w femme m'aimant sans réserve et un enfant vigou- « reux, je donnerais tout mon art. » Ces lignes furent écrites le 12 janvier 1852. Il faut noter cette date, car c'est là, la première manifestation du revirement qui va s'effectuer graduellement dans les idées du maître, mais qui n'éclatera au grand jour que dans le courant de l'été 1854.
Du reste, au moment où Wagner se livrait à ces
(1) G. S. T. III, p. 18. B. an Uhlig.fi. 147.
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méditations amères^ il en était encore au pénible et irritant travail de la préparation, car ce fut seulement au mois de mai qu'il se trouva en état de fixer l'esquisse complète de V Anneau du Nibelung (1). Sur quels points portèrent donc ses efforts pendant les quatre mois qui s'écoulèrent du commencement de janvier au commencement de mai 1852 ? Nous en sommes réduits aux inductions et aux hypothèses ; nous les risquerons pourtant, car elles peuvent tout au moins jeter quelque lumière sur les dessous si peu connus de l'œuvre dont nous nous occupons. D'abord nous savons que vers ce tempslà Wagner allait consulter fréquemment le professeur Etlmûller (2), traducteur en vers allitérés de VEdda, de Gudruney etc., et l'un des hommes, dit M. Houston Chamberlain, qui connaissaient le mieux la langue et l'ancienne poésie germaniques (3). Evidemment, Wagner qui avait eu tant de mal à trouver un langage pouvant convenir à Siegfried (4), sentait le besoin d'enrichir son vocabulaire, maintenant qu'il avait à faire parler d'une façon caractéristique Loge, les géants, les dieux, et surtout le terrible Wotan (5). Mais est-ce là tout ? Le professeur
(1) B. Wagner Liszt. T. I, p. 178.
(2) Mémoires de Mn^e Wille. Deutsche Rundschau. Février 1887, p. 261.
(3) Houston Chamberlain. Notes sur Tristan. Revue Wagnérienne, an. lil, n» X-XI, p. 227-228.
(4) G. S. T. IV, p. 398-400.
(5) Die Sprache in Richard Wagners Dichtungen par Hans von Wolzogen. Leipzig, Féodor Reinbolh, p. 31.
ËttmûIIer ne connaissait pas moins bien Tancienne mythologie de l'Allemagne que les racines de son langage, et Wagner faisait alors sa lecture presque exclusive de Shelley (1) qui, comme lui-même, avait prétendu faire de la poésie le véhicule de la philosophie, et dont la conception révolutionnaire ressemble beaucoup à celle dont V Anneau du Niàelung devait être Texpression. Si j'ajoute que le drame que méditait alors Wagner, c'était la Walkyrie^ où le conflit provoqué par Tégoïsme prend la forme particulière d'une lutte entre la loi et la nature, on pourra supposer que ce fut à ce moment que le maître s'avisa de donner au mythe de Vœil de Wotan une interprétation, assurément singulière, mais grâce à laquelle il put faire pénétrer la seconde partie de sa thèse philosophique jusque dans les artères mêmes de son poème. Dans les Eddas, Wotan est borgne, et cela pour la simple raison qu'il représentait, à l'origine, le ciel diurne et le ciel nocturne. S'emparant de ce trait, Wagner imagina de faire de l'œil manquant au dieu, le symbole de la force spontanée que celui-ci avait dû aliéner pour établir le règne de la loi. Et quelles conséquences n'a-t-il pas tirées d'une telle version ! Les contradictions de la conduite de Wotan trouvent ainsi une explication qui, tout en étant conforme à l'idée philosophique, devient matérielle et visible. Quand Wotan conçoit, il voit avec son œil à lui.
{i)B.an UhUg,\^ 150.
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mais quand il agit, il est obligé de se servir des yeux de Fricka, gardienne des lois, qui le contraint à détruire ce qu'il a conçu. — D'autre part, l'œil perdu par Wotan, se confond ainsi avec Vépée, seconde image de la fo7xe spontanée (1), et comme tel il est la parfaite antithèse de la lance, symbole de la loi comme Fricka (2). Enfin, Brunhild et Siegfried qui sont la véritable renaissance vivante de la force spontanée, deviennent, envisagés de cette façon mythique, la réapparition, en dehors de Wotan, de son œil perdu (3). — Voilà, certes, une forme de représentation grotesque , aussi le maître s'est-il bien gardé de la mettre en évidence, et c'est dans quelque coin perdu de son poème qu'on en
(1) Pour préciser son idée, Wagner a baptisé cette épée du nom de Nothung. Elle symbolise donc la force que dégage la contrainte d'un besoin urgent.
(2) Dans le Bheingoldy Wotan dit avoir sacrifié sou œil pour conquérir Fricka son épouse, tandis que dans la Gœtterdœmmerung les Nomes racontent que le dieu le perdit lorsque, s'étant abreuvé k la source du savoir, il arracha au frêne Ygdrasil le bois de la lance, dont il devait faire le a fût du monde », après y avoir inscrit la loi : voir G. S. T. V, p 280. T. VI, p. 146, 2o2. — Il n'y a pourtant pas là contradiction : le mariage étant la base première de tout Tordre social consacre par la loi.
(3) Dans la grande scène où Brunhild se justifie d'avoir enfreint Tordre de Wotan, toute son argumentation pourrait se traduire ainsi : elle n'a cessé de regarder avec les yeux du dieu, tandis qu'il ne voyait plus, lui-même, que par ceux de Fricka. Et, plus tard, Wotan dit en propres termes que c'est avec l'œil qu'il a perdu, que Siegfried le regarde. Phrase, qui n'aurait pas de sens si elle ne se rapportait au symbole que je signale. Four Téclaircissement de ce que Wotan voit par lui-même et de ce qu'il voit par les yeux de Fricka, on peut lire le passage supprimé qui se trouve en note : G. S. T. VI, p. 37-42.
trouvera la trace. Mais il y a là un chaînon nécessaire, entre l'idée, si abstraite, dont Wagner était parti, et le drame qui en devait être la manifestation sensible. Cette idée, délivrée de la roide structure logique, y arrive en effet à s'insinuer dans les moelles mêmes de l'organisme artistique, tout en conservant suffisamment son caractère propre, pour créer un lien qui se poursuit sans être arrêté par la différence des personnages. Enfin elle s'y matérialise au point de donner prise au musicien : des abstractions telles que la force spontanée et la loi en se confondant avec l'éclair que lance un regard enflammé par le débordement de la vie^ ou la pantomime de Wotan frappant pesamment la terre du fût de sa lance, comme pour y fixer à tout jamais ses arrêts pourront donner naissance à des mélodies ou plutôt à des racines mélodiques (i) qui, en se développant, formeront avec les thèmes de Venvie et du renoncement^ la trame intérieure de tout l'édifice dramatique. — Et c'est ainsi que, bien complètement cette fois, le fruit de la réflexion arrivera pour Wagner à se perdre dans la réalité de la substance artistique, après l'avoir fécondée (2). \ Enfin, nous voici donc arrivés au point où, après
les longues et pénibles années que Wagner avait dû
(1) Thèmes dits de la lance et de Vépée.
(2) Après aToîr acbevé l'esquisse du poème de la Walkyrie, Wagner écriTait lui-même à Ublig : « Je suis saisi de Texlraordinaire grandeur de mou œuvre : totite ma philosophie y a trouvé sa complète expression artistique. B. an Uhlig, p. 192 ».
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consacrer à la tâche ardue de saisir avec précision le but de ses poursuites, de le faire comprendre aux autres, et d'en rendre possible la réalisation, il va pouvoir se livrer à l'inspiration sans réserve. Aussi, avec cet exclusivisme qui le caractérise, désormais, il ne va plus témoigner que du dégoût pour tout ce qui est intellectuel — et cela, alors même qu'il s'agira de soutenir la propagande que lui-môme a suscitée. Il ne cherchera plus que ce qui peut flatter les sens ou exalter l'imagination, notamment les jouissances deramourqui,pour lui, V homme artiste, avait un double objet : la femme et la musique (1).
Ce revirement devient manifeste dès le commencement de Tannée 1852. Bien qu'il se fût lié à Zurich avec des savants tels que Ëttmûller, Ladwig, Kœchly, Mommsen, Moleschott, on ne trouve pas dans ses lettres une seule mention de ces hommes éminents. Et si une fois, il parle de son entourage (26 février 1852), c'est pour dire : t Les hommes me sont indifférents, mais non les femmes. Parmi elles je suis surpris de trouver autant de vivacité et même d'attraits. » Puis, le mois suivant (20 mars), c un regard de femme, humide et brillant, me remplit de nouvelles espérances et m'excite au travail (2) •.
(1) Les femmes sont la musique de la Tie. » « La musique esl femme, etc. » Wagner s'exprime très fréquemment de la sorte. On peut dire que, pour lui, la mélodie et la femme se confondaient comme étant Tune et l'autre la condensation sensible du beau épars dans la nature.
(2) B. an Uhlig, p. 167, 175.
Mais quelque puissance qu'eussent sur lui les charmes féminins, ce qu'il avait peut- être le plus à cœur à ce moment-là, c'était d'entendre de la musique et notamment de la sienne. Comme nous l'avons vu, il n'avait pu mener à bien le projet de donner son grand concert. Toutefois, il eut le bonheur de diriger quelques-unes des symphonies de Beethoven, et avec tant de succès que le public consentit à quelques sacrifices pour faire connaissance avec ses propres œuvres. Il put faire exécuter l'ouverture de Tannhœuser avec un orchestre nombreux (1) puis monter au théâtre le Vaisseau Fantôme,
En vérité, les longues méditations auxquelles Wagner venait de se livrer pour bien saisir le but qu'il/' poursuivait l'avaient métamorphosé à ce point que ses premiers opéras lui étaient presque devenus étrangers. Du moins, il les juge comme tels dans sa correspondance ; et cette autocritique présente assez d'intérêt pour mériter d'être citée. D'abord il faut dire que l'ouverture de Tannhœuser lui fit éprouver un véritable ravissement. « Je ne connais pas, écrivait-il, un poème musical, capable de produire un effet aussi grand sur les sens et sur l'imagination (2). » Mais il ajoute que la place d'un semblable morceau est moins au théâtre qu'au concert, où l'on peut le faire accompagner d'un programme ; et qu'à rOpéra, le mieux serait de le réduire au pre-
(1) On fit Tenir à cette occasion de bons violons de Aaran, de Schaffouseet de Bâle.
(2) B. an Uhlig, p. 173-174.
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