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WAGNER A LONDRES. — LES VAINQUEURS

ELABORATION DE TRISTAN.

L'étude de Liszt sur le Vaisseau Fantôme. — Disposition d'esprit dans laquelle Wagner esquisse les second et troisième actes de la Walkyrie, — L'ouverture de Faust. — Tannhœuser à Zurich. — Wagner chef d'orchestre de Vancienne Société Philharmonique de Londres. — tannhœuser à Berlin. — Contradictions. — Wagner à Londres. — La presse. — Les habitudes musicales des artistes et du public anglais. — Premiers succès. — La 5'"* Symphonie et la Sélection de Lohengrin, — Exécution imparfaite. — Découragement et dégoût croissant. — Wagner veut résilier son engagement. — Résignation. — Les Vainqueurs. — La Divine Comédie. — Elaboration de Tristan,

L'interruption que subit en 1854 la composition de la Walkyrie ne fut du reste pas bien longue, car, au commencement d'octobre, nous retrouvons le maître absorbé par la musique du second acte. Sans doute, il a réussi à apaiser ses créanciers, car il est à Zurich, et ne paraît plus songer à la tournée de concerts qu'il avait eu un instant l'idée de faire en Belgique et en Hollande pour gagner de l'argent. En tous cas, ce qui lui donna le courage de continuer V Anneau du Nihelung, ce fut un grand article de Liszt sur le Vaisseau Fantôme, — Pour le Hollandais, la vie c'est l'aride Océan, et si ce triste

héros désire la femme, ce n'est pas pour la posséder, ce n'est pas pour s'enivrer de sa beauté, il n'en attend qu'un dévouement sans bornes, et cela parce i

que c'est le seul moyen pour lui d'échapper à la vie. Ne devait-ce pas être pour Wagner à la fois saisissant et réconfortant de reconnaître, que si chaste, si conforme à la morale de Schopenhauer, était sa première œuvre 1 Et cette évocation de tels souvenirs, n'acquérait-elle pas une signification particulière, dans la bouche de l'ami qui, quelque temps auparavant, lui avait recommandé la résignation comme unique voie de salut (i). « Sais-tu, écrivait- « il à Liszt, ce qui a le plus contribué à ranimer « ma fierté ? C'est ton article. En le lisant, je me « suis enfin retrouvé moi-même et j'ai senti que « nous n'avions rien de commun avec le monde. « Qui donc m'a compris ? — Toi et nul autre. Qui « te comprend? — Moi et nul autre.,. Quant au « monde, il est mauvais^ foncièrement mauvais. // « appay^tient à Alberich et ne peut appartenir à nul « autre. Il ne faut rien espérer, car ce serait se « leurrer volontairement. Mais je travaillerai. Tu « auras mes partitions. Elles seront à nous deux — « à nous deux seulement. Comme tu vois Wotan et « Fricka ont su me conseiller (2). » Alors une véri-

(1) « J'ai souvent retrouvé dans Schopenhauer tes propres pensées, écrivait-il à Liszt. Tu les exprimes difTéremmenl parce que tu es religieux ; mais je sais que tu veux dire tout à fait la même cho^^e. Comme tu es profond 1 Dans ton article sur le Vaisseau Fantôme lu m'illumines souvent avec la force de l'éclair. » B. Wagner Liszt . T. II, p. 46.

(2) Ibid., p. 42-43.

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table furie de travail le reprit. En deux mois il ébaucha les deux derniers actes de la Walkyrie. Puis, aussitôt il passa à Torchestration, et, à la fin de janvier, la grande scène entre Siegmund et Sieglind était presque achevée.

Il est vrai que c'est avec une amertume toujours croissante qu'il composait cette musique qui, probablement, ne résonnerait jamais à son oreille, et qu'il animait ces personnages destinés à ne pas sortir du vague domaine des rêves. « Brunhild dort, écrivait-il au moment où il venait de terminer l'esquisse générale, mais moi, hélas, je veille encore ! » Que l'on pense aux suggestions qu'il dut trouver dans ce poème, quand, après avoir renoncé au monde avec Wotan, il s'identifia avec Brunhild, la noble vierge qui, pour obéir aux vœux mêmes du dieu, enfreint ses ordres, et sacrifie à l'amour sa divinité. Ah I comme Wagner devait être tenté d'en faire autant et de rompre même avec l'honneur (1) pour se perdre, s'anéantir dans le sein de la bien-aimée, ou pour s'enivrer de sa propre musique, fût-ce même dans le plus vulgaire des théâtres. Et quand il revint au premier acte pour l'instrumenter, quand il se plongea de nouveau

(1) « L'honneur, écrira-t-il un peu plus tard, est un concept qui renferme à la fois ce quMl y a de plus noble et de plus effroyable. Le plus terrible égoïsme s'y confond avec le plus haut esprit de sacrifice L'essence même du monde y a trouvé son expression la plus tranchante, la plus éblouissante et en même temps la plus destructive, la plus atroce. » {B, Wagner Liszt. T. Il, p. i88.) Tristan et léolde sacrifieront l'honneur pour obéir à l'amour. Il va sans dire que, en même temps, ils renonceront à la vie.

dans Texcitante scène d'amour, combien ses désirs durent s'aviver I Aussi, à mesure qu'il approche de la fin, son ardeur de composition se ralentit. Le terrible second acte semble le repousser, et visiblement, la tentation de se consacrer à Tristan, puis de renouer avec le monde théâtral, se manifeste dans tout ce qu'il fait.

D'abord, lui qui jadis n'admettait pas que Berlioz se souciât d'un ouvrage ayant comme Benvenuto douze ans d'âge, le voilà (1) qui se met à retravail-

1er l'ouverture de Faust écrite quinze ans auparavant. Sans doute, entre ce sombre morceau et le second acte de la Walkyriey il y a une certaine corrélation, a Le Dieu qui habite dans mon sein (( peut remuer profondément tout mon être ; mais « s'il règne sur mes propres forces, il ne peut rien « faire mouvoir au dehors. Voilà pourquoi la vie « m'est à charge. Je hais l'existence et désire la « mort. » Ces vers désespérés que Wagner emprunta à Goethe pour en faire l'épigraphe de son ouverture, pourraient être mis dans la bouche de Wotan. Mais ce qui est significatif, c'est que Wagner retoucha surtout le passage intermédiaire, où vibre non plus le simple désespoir, mais le désir, le désir de la femme. Et dans les développements de ce passage, s'est glissée une phrase courte mais saisissante, qui est précisément celle, exprimant dans Tristan^ l'angoisse passionnée qui s'empare du

(1) B. Wagner Liszt, T. II, p. 50.

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héros à la vue dlsolde. 11 me paraît donc évident que ce qui reporta Wagner vers l'ouverture de Faust^ ce fut Tinvincible penchant, d'où naîtra Tristan. Enfin, au même moment, le voilà qui s'occupe de monter Tannhœuser à Zurich, bien qu'il soit pbligé de reconnaître que c'est là de la folie. Puis il accepte l'invitation qui lui est faite d'aller à Londres diriger les concerts de V Ancienne Société Philharmonique, et cela, non pas pour se procurer les ressources dont il n'avait que trop besoin, mais parce qu'on lui a donné l'espoir « que l'année sui- « vante il pourrait réunir, sous le patronage de la a cour, une troupe allemande excellente afin de donce ner ses opéras, et que laisser échapper une telle « occasion serait sacrifier pour jamais son action « sur le monde artistique contemporain (1) ».

Ainsi, voilà donc toute idée de renoncement écartée, voilà Wagner lancé dans la voie dont le terme logique est l'abandon de VAnneau du Nibelung et la composition de Tristan, C'était sans doute le parti le plus sage. Mais maintenant que la perspective de représentations spéciales est au moins reculée, maintenant que le maître se décide à se servir des théâtres existants et à tâcher d'y faire prévaloir sa propre conception, il n'a plus le droit de leur demander seulement de l'argent, sous le prétexte qu*on n'en peut tirer autre chose. Il devient indispensable, au contraire, que partout il subordonne

(1)jB. Wagner Liszt. T. II, p. 49.

rexécution de ses œuvres aux garanties qu'on pourra lui donner d'une interprétation conforme à ses vues. Eh bien, c'est pourtant à ce moment précis que, sans rien dire à Liszt à qui il avait donné ses pleins pouvoirs, il cède Tannhœuser à TOpéra de Berlin, sous la seule réserve qu'on lui paiera d^ suite un acompte de deux mille francs. Et pour s'excuser auprès de son ami d'une faiblesse qui était en même temps un incroyable manque d'égards, il déclare « qu'une inconséquence en entraine une autre » et que, « après avoir livré son œuvre aux petits théâtres, il n'a plus de raison pour la refuser aux grands (1) ». Enfin, il affirme que, pour se relever, il se montrera « plus fier et plus méprisant que par le passé ». « Je considère, dit-il, « Tannhœuser et Lohengrin comme perdus. Oui, ils « ne m'appartiennent plus. Je les ai maudits, répu- « diés, transformés en mendiants destinés à m'ap- « porter de l'argent — seulement de l'argent. En « revanche , je conserverai avec un respect plus « religieux, mes nouvelles productions pour moi et . « mes amis. C'est sur ce point que je concentrerai « toute ma force, toute ma fierté et toute ma puisce sance d'abnégation. » Mais alors qu'allait-il faire à Londres? Avait-il oublié que son but était de parvenir à faire représenter ces mêmes opéras qu'il déclare « perdus » et qu'il renie? On doit le croire, mais il ne tarda pas à s'en souvenir car, peu de

{{)B, Wagner Liszt. T. II, p. 59-67.

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jours après, voilà une nouvelle lettre dans laquelle il prie Liszt de s'adresser au roi de Prusse afin qu'il impose à la direction -de TOpéra de Berlin, les conditions auxquelles lui-même, Tauteur de Tannhœuser, venait de renoncer si piteusement pour quelques thalers. Il faut avouer que la bonté de Liszt fut mise à une rude épreuve par Wagner.

Du reste; si le maître se montra ainsi bien faible et bien inconséquent, il devait l'expier pendant son séjour à Londres, qui était alors la ville où il avait le moins de chance de réussir. Le cuite de Hœndel, ce musicien allemand devenu presque Anglais, et de Mendelssohn qui, à plusieurs reprises, avait dirigé la société même dont Wagner allait prendre la conduite, se combinait en Angleterre à un respect de la tradition qui, apparaissant jusque dans les petites choses, devenait souvent pur esprit de routine. On y devait donc ressentir de Téloignement pour un homme qui s'était posé en ennemi déclaré de l'un des maîtres que Ton révérait le plus, et avait fait litière de tout préjugé d'école. De fait, si les directeurs de VAncienne Société Philharmonique l'avaient engagé, c'était uniquement parce que, le chef d'orchestre Costa faisant défaut (1), ils n'avaient trouvé que Wagner pour le remplacer. La presse, par la plume de M. Davisson et Chorley, prit dès le

(DM. Costa avait donné sa démission pour se dédier entièrement à la composition d'un oratorio. Voir F. Prœger. Wagner 08 l knew him (London Longmans), où ron trouvera un récit détaillé du séjour de Wagner à Londres.

début une attitude violeniment hostile, qui ne se démentit pas un instant. Enfin, si Wagner, tel qu'il était, devait choquer les Anglais, les habitudes de la Société Philharmonique ne devaient pas moins le heurter lui-même. Le programme des concerts était absolument bigarré, on y admettait tout ce qui, bon ou mauvais, répondait à la tradition classique. De plus, il était abominablement chargé. Deux symphonies, deux ouvertures, un concerto et trois morceaux de chant : il ne fallait pas moins pour assouvir Tappétit vorace d'un public Anglais. Si j'ajoute à cela que. pour chaque concert, la direction accordait une seule répétition, vous comprendrez qu'il y avait impossibilité d'arriver à une interprétation vraiment satisfaisante. Aussi, s'était-on laissé aller à exécuter tout sans nuances, et, pour voiler ce défaut, à précipiter tous les mouvements.

Avec son impétuosité accoutumée, sans se soucier des obstacles, Wagner ouvrit courageusement la lutte. Au commencement, il eut quelques petits avantages. D'abord, M. Anderson, le véritable chef de l'entreprise, ayant manifesté l'intention de faire flgurer sur le programme du premier concert, une médiocre symphonie de Lachner il s'éleva contre un tel choix avec tant de véhémence qu'il en eut raison. Ensuite, dès la première répétition, s'étant heurté contre l'esprit de routine des assistants, il sut mettre les rieurs de son côté et faire apprécier la supériorité de son sentiment musical. Gomme on avait trouvé mauvais qu'il dirigeât de mémoire la

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symphonie héroïque, immédiatement, il la fit répéter en tournant avec ostentation les feuillets d'une partition qu'il avait devant lui. — t Bravo f s'écria Tun des opposants, cette fois c'était bien mieux. Le scherzo j notamment, est devenu tout autre chose. » — « Eh I bien : regardez I » ût Wagner, en montrant la partition du Barbier, qui était sur son pupitre. Ensuite il contraignit les musiciens à jouer l'ouverture de la Grotte de Fingate comme il la sentait, et s'il souleva d'abord quelques protestations, des MendeUsohniens convaincus finirent par convenir eux-mêmes que jamais ils n'avaient entendu ce morceau aussi bien exécuté. Ainsi, il arriva au premier concert, maître de son orchestre, et le succès qu'il obtint devant le public fut tel que les directeurs de la Société Philharmonique, enchantés, l'engagèrent à donner une sélection de Lohengrin et la 9^ Symphonie, en lui concédant, à cette occasion, une répétition supplémentaire.

La victoire semblait assurée. Il n'en était rien pourtant. A partir de ce moment, commencèrent les déboires. Les chœurs étaient mauvais, et si l'on n'en pouvait dire autant de l'orchestre, du moins le feu sacré lui manquait; impossible d'en obtenir la ûnesse de nuances que Wagner voulait. Bref, le maître ne put arriver à une interprétation des morceaux de Lohengrin qui le satisfît. Cela le navra d'autant plus que des fragments détachés ne pouvant aucunement donner idée de ses œuvres, il lui fallait en compensation une exécution irréprochable.

Alors, rempli de là pensée qu'il allait présenter sa musique dans des conditions qui ne permettraient pas au public de la juger par lui-môme, il devint sensible aux attaques de la presse. Il en souffrit même si vivement qu'il fut mis dans Timpossibilité de reprendre la composition de la Walkyrie. « Pour me mettre au travail, disait-il (1), j'ai besoin de me trouver entouré d'un élément tendre et doux. Dans un milieu bostile, je me roidis et l'expansion, la production me devient impossible. » Encore n'était-il qu'au début de ses misères. Si pour une fois, on l'avait laissé organiser son concert à sa guise, et si on lui avait accordé une répétition supplémentaire, c'était là un témoignage de courtoisie tout à fait exceptionnel. Après cela, il fallait en revenir à la règle, c'est-à-dire aux programmes imposés, dont le contenu indigeste devait être appris en une seule séance. Enfin, au sein même de son orchestre, l'esprit de routine dont il avait cru triompher, se redressa plus fort que jamais. C'en était trop ; le découragement s'empara du maître, il reconnut la vanité des espérances qui l'avaient amené à Londres, et un insurmontable dégoût pour la tâche qu'il avait assumée l'envahit. « Je vis ici, écrivait-il le « 16 mai (2), comme un damné dans l'enfer. Jamais je « n'aurais cru devoir tomber si bas ! Je suis enfoncé « dans un bourbier de conventions et d'habitudes,

(1) B, Wagner Liszt. T. II, p. 68.

(2)/Wd., p. 72.

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« dans lequel il me faut rester enfoui jusqu'aux « oreilles, sans pouvoir y faire pénétrer une goutte « d'eau pure pour me soulager... « Monsieur, on « n'a pas coutume de faire comme cela. » Tel est « l'invariable écho de ce que j'entends. — Même « l'orchestre ne peut me donner aucun dédomma- « gement. 11 est composé presque exclusivement « d'Anglais, c'est-à-dire de machines habiles, aux- « quelles il n'est jamais possible de donner l'élan « voulu. Le public, à ce qu'on m'assure, m'est très « favorable, et cependant, il ne m'est jamais pos- « sible de le mettre hors de lui. Il accepte les cho- « ses les plus excitantes tout comme celles qui sont « les plus ennuyeuses, sans laisser voir qu'il a reçu « une réelle impression. » Ce qui l'exaspérait le plus, c'était l'obligation de diriger les morceaux qu'il avait plu aux directeurs de choisir, quels qu'ils lussent et quelque révoltante pour son sentiment esthétique qu'en fût la succession. Au quatrième concert, il ressentit une telle fureur d'avoir à conduire une misérable ouverture de Onslow après la symphonie en /a, qu'il conçut l'idée de résilier son engagement et de quitter Londres tout de suite. £t s'il n'exécuta pas ce projet, c'est parce qu'il comprit que sa fuite ne passerait pas généralement pour volontaire, et qu'il voulait éviter à sa femme l'apparence d'un affront.

Du reste, ce fut là la crise. A partir de ce moment, Wagner s'efforça de supporter patiemment ces tortures comme un châtiment mérité. Depuis

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longtemps^ il avait reconnu la nécessité de la résignation dans le sens le plus étendu. Son séjour à Londres, même si. tout avait été au mieux, ne pouvait que l'écarter de sa véritable voie. En y allant, il avait obéi à cette effroyable volonté de vivre^ qui le jetait toujours dans un chaos de contradictions (1). Du moins, ce qu'il souffrait maintenant^ devait être pour lui un enseignement puriûant, d'où résulterait qu'il avait seulement deux choses à faire : achever la tétralogie, et ensuite mettre tout en œuvre pour la faire représenter sur un théâtre à lui. — Mais à vrai dire ces belles résolutions ne furent guère suivies et elles n'eurent alors d'autre effet que de ramener sa pensée... à Tristan,

Il faut reconnaître toutefois que si Wagner pendant la fin de son séjour à Londres, s'occupa surtout de Tristan, ce fut pour imprimer à ce poème le mouvement intérieur qui, de Tamour, devait conduire au renoncement, et qu'il y fut poussé en quelque sorte par la force des choses. Il s'était mis en effet courageusement à instrumenter le second acte de la Walkyrie. Comment ne pas s'apercevoir, maintenant, que le drame du renoncement, qui en est le fond, y est aussi incomplet que lui avait semblé, l'année précédente, le drame d'amour dans le premier acte. Ici, même, le défaut dut lui paraître encore plus sensible, car ce qui manque ce sont les motifs intérieurs et par conséquent l'aliment musi-

(1) B. Wagner Liszt, T. II, p 73.

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