‹ Richard Wagner d'après lui-mêmeChapitre 6 sur 47 · RIENZI · texte numérisé non relu

RIENZI

Magdebourg 7- Wagner directeur de musique — Il devient un excellent chef-d'orchestre — Lestocq — Faillite du théâtre — La police et la Défense d*aimer — Celle-ci se transforme en Novice de Palerme — Première et seconde représentation — Derrière les coulisses : la défense d'aimer.... d'un mari — Jugement de la Neue Zeitschrift fur musik — Vaines tentatives pour faire représenter la Défense d*ai'mer à Leipzig — Un père respectable — Voyage à Berlin — Une représentation de Femand Cortez sous la direction de Spontini — Mariage de Wagner — Kœnigsberg — Riga — Deux ouvertures — Une famille d'ours — Wagner s'aperçoit qu'il fait de la musique à la Adam — Eveil de la conscience artistique — Rienzi,

A la fin de Tété 1834 les Fées n'avaient pas encore été représentées, et la Défense d'aimer était sur le chantier. Il fallait que Wagner songeât à gagner sa vie, car sa famille n'était pas riche, et son éducation était terminée. Il sollicita et obtint la place de directeur de musique au

théâtre de Magdebourg. Tout nouveau tout beau, dit le proverbe ; Wagner fut d'abord enchanté de sa nouvelle position. La troupe était bonne, et du haut de son fauteuil de • chef-d'orchestre il se sentait glorieux de la diriger. Le voyez-vous, se dandinant de droite et de gauche avec une joie enfantine, en marquant le rhythme bien carré et pimpant de quelque petit opéra itahen ou français ! Et puis il se trouvait en relations constantes, devant et derrière les coulisses, avec les

chanteurs et les chanteuses ! Vous vous figurez

combien cela devait paraître charmant à un jeune homme de vingt et un ans, auquel la Jeune Europe avait mis le diable au corps. Il avait pourtant une nature trop poétique et beaucoup trop de cœur pour pouvoir jouir longtemps de la femme comme de l'art, en libertin.

D'abord il apporta le plus grand sérieux dans l'accomplissement des fonctions dont il était investi. Il devint bientôt un excellent chef-d'orchestre, et si le théâtre de Magdebourg ne fit pas ses frais, il faut en accuser les habitants de la ville et non le directeur de musique. Celui-ci ne négligea rien pour rendre les représentations attrayantes. Ainsi la direction ayant décidé de monter Lestocq, opéra-comique d'Auber, qui venait d'avoir un grand succès à Paris (1), Wagner

(1) Lestocq, opéra-comique en quatre actes par Scribe et Auber, fut représenté à rOpéra-Comique le 24 mai 1834.

se donna beaucoup de mal pour cet ouvrage, qu'il trouvait du reste charmant (1). Il renforça par une quantité de choristes pris dans Tannée, le bataillon russe qui vient soutenir la révolte, ^t par là il atteignit à un effet formidable, qui attira pendant quelques soirées les Magdebourgeois au théâtre. Enfin, tout en. s'acquittant avec zèle des devoirs de sa charge, il ne cessa pas de travailler à la Défense d* aimer. Pendant un voyage qu'il avait fait pour le compte de la direction, il vit encore une fois M."* Schrœder Devrient. Elle jouait dans un opéra tellement insignifiant qu'en entrant au théâtre, il se demandait comment elle pourrait y produire de l'effet. Elle fut admirable. « Que serait-ce donc, pensa-t-il alors, si elle avait à remplir un r.ôle comme celui d'Isabelle ! y> C'était là un stimulant puissant au travail. Toutefois il ne put achever la Défense d'aimer qu'un an et demi après son installation à Magdebourg. Le théâtre dont les affaires avaient toujours été de mal en pis, était alors sur le point de faire faillite. Wagner voyait le moment où il allait se trouver sans place. Raison de plus pour faire représenter au plus vite son opéra. Il n'y avait vraiment pas de temps à perdre. Déjà les chanteurs, qu'on ne payait plus, commençaient à dé-

(1) Telle était encore son opinion en 1870. Gesammeltc Schriften, t. IX, p. 68.

serter. Ceux dont il avait besoin restèrent par égard pour lui ; mais il dut se contenter de dix jours d'étude, ce qui était absolument insuffisant pour un ouvrage comme la Défense d'aimer^ où les morceaux d'ensemble étaient nombreux. Si Wagner avait eu tant soit peu de prudence, il eût préféré tout au monde, plutôt que de donner un premier opéra dans de telles conditions. Mais est-on jamais prudent à vingt-trois ans? Il comptait sur son habileté de chef-d'orchestre pour suppléer à la sûreté qui devait infailliblement manquer aux chanteurs. Il en fut bien ainsi aux répétitions, parcequ'il y put parler et crier, mais à la représentation, où il dût s'en tenir aux indications du bâton, la confusion fut telle que personne ne put comprendre de quoi il s'agissait. Ce n'était pas là un beau résultat ; Wagner s'en consola pourtant, en pensant que, s'il en avait été autrement, la seconde représentation, qui devait être à son bénéfice, eût été infailliblement interdite par la police. Déjà M. le Commissaire avait été choqué par le titre de la pièce. La Défense d'aimer avait dû se transformer modestement en Novice de Palerme, et celle-ci n'avait pu passer que sur l'assurance, donnée par Wagner, que le sujet était emprunté à un drame très sérieux de Shakespeare. Mais .si M. le Commissaire eût compris ce dont il s'agissait, sans nul doute il eût fait venir Wagner et lui aurait dit: « Vous m'avez trompé, assez ! »

La seconde représentation de la Novice de Palerme devait clore la saison théâtrale. Comptant que les Magdebourgeois voudraient jouir d'un bien qui allait leur échapper, Wagner avait fait hausser les prix. « Se serait-il trouvé quel- « quës personnes dans la salle, dit-il (1), au début « de l'ouverture? Je ne sais. Mais assurément « un quart d'heure avant, je ne vis que ma pro- <c priétaire avec son mari, et, chose frappante, <c un Juif polonais en grand costume. Néanmoins « j'espérais encore une affluence plus grande, « quand soudain les scènes les plus inouies, se « passèrent dans les coulisses. Là, le mari de ma « première chanteuse Isabelle, tapait sur le se- « cond ténor mon Claudio, tout jeune homme « fort joli, contre lequel, depuis longtemps, il « nourrissait en secret la plus jalouse fureur. Il « semblQ qu'après s'être convaincu, comme moi, « de l'état du public, l'époux mortifié avait jugé « que l'heure, si longtemps désirée, était venue « où, sans dommage pour l'entreprise, il pouvait <c exercer sa vengeance sur l'amant de sa femme. « Claudio, roué de coups et le visage en sang < se réfugie dans le vestiaire. Apprenant la chose, « Isabelle désespérée se précipite au devant de « son mari furieux ; elle reçoit, à son tour de

(1) Gesammelte Schriften, t. I, p. 39. — Soucenirs de Wagner, p. 77.

« telles bourrades, qu'elle tombe en convulsion. « Bientôt la confusion devient générale : qui prend « parti pour Tun, qui pour l'autre.... Le couple en- « dommage par la Défense d'aimer,,,, du mari « d'Isabelle, était devenu incapable de paraître sur « la scène, ce soir-là. Le régisseur fut donc en- « voyé devant le rideau pour annoncer à la petite « société singulièrement choisie qui se trouvait « dans la salle, que — par suite d'empêchements « survenus — la représentation de l'opéra ne « pourrait avoir lieu. »

Comme on voit par ce récit humoristique, Wagner prit allègrement son parti de cette malencontreuse soirée. La Neue Zeitschrift fur Musik (1), que dirigeait Schumann, parla avec éloge de la Défense d'aimer. Après avoir émis le regret qu'un ouvrage comme celui-là eût été donné pour la première fois, dans une ville comme Magdebourg, et sans qu'aucun des chanteurs ne sût son rôle, le correspondant de cette feuille conclut « qu'il y a « beaucoup de bon dans la Défense df aimer, que « tout y est vibrant, que c'est de la musique enfin, « de la musique mélodieuse qui, présentée dans de « bonnes conditions, produirait le plus grand effet. » Tel était bien l'avis de Wagner. Aussi s'empressa-t-il de faire des démarches pour obtenir que

(l) Glasena-PP, Richard Wagner' s Leben und Wirken, t. I, p. 63.

son opéra fût représenté à Leipzig. Le directeur du théâtre de cette ville avait une fille qui allait débuter. Wagner lui fit remarquer insidieusement qu'il serait avantageux pour elle de faire son apparition dans un ouvrage nouveau et que dans le sien il y avait justement un fort joli rôle pour une jeune personne. Mais ce père respectable, après avoir vu ce que c'était, lui dit avec dignité : « Je ne sais si le magistrat de Leipzig autoriserait la représentation d'un ouvrage semblable. J'en doute fort par respect pour cette autorité. Mais en tous cas, apprenez. Monsieur, qu'une personne comme ma fille ne saurait y figurer. » Wagner se décida alors à une démarche hardie pour un Homme sans le sou. Il partit pour Berlin. Il n'espérait pas que les portes du Théàtre-Royal pussent s'ouvrir pour lui, mais il alla frapper à celles d'un établissement plus modeste : le théâtre de la Résidence. Là il fut reçu avec la plus

grande amabilité mais ce fut tout.

Le seul avantage que lui valut son voyage à Berlin, ce fut d'assister à une représentation de Fernand Cortez, dirigée par Spontini lui-même. Il fut très frappé de l'effet que le maître obtenait en faisant accuser énergiquement le rhythme, et en y faisant correspondre avec une précision absolue les évolutions scéniques. Quant à l'œuvre elle-même elle produisit sur lui une impression très grande, et quand, deux ans après, il composa Rienzi, Spontini fut son modèle. Mais tout cela

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n'avançait pas les affaires de Wagner. Quand il avait quitté Magdebourg il avait des dettes: ce n'est pas en entendant les opéras de Spontini qu'il pouvait les payer. Du moment qu'il se fut convaincu qu'il ne pouvait tirer aucun argent de la Défense d* aimer, il lui fallut songer à trouver une place. Son ami Dorn, le musicien bienveillant, qui jadis avait fait si bon accueil à l'ouverture aux coups de timbales, était alors à Riga. Il était cantor et directeur de la musique religieuse dans cette petite ville russe, dont il vantait beaucoup l'esprit musical. Wagner lui écrivit pour le prier de solliciter une place au théâtre de Riga pour lui et pour sa fiancée. Sa fiancée ? oui sa fiancée, la belle tragédienne Wilhelmine Planer, dont il s'était épris à Magdebourg et qu'il devait épouser quelques mois plus tard, justement à la même époque où Laube contractait, lui aussi, « cet ennuyeux lien du mariage, tombeau de

l'amour, etc » Vous voyez qu'il ne faut pas

se laisser effaroucher par les théories de ces hommes dont la pensée ne connait pas de frein. Wagner avait bien pu avoir l'imagination séduite par Yamou7^ libre, mais avec une nature comme la sienne, qui ne savait jamais se donner à demi, il était impossible, lorsqu'il aimerait une femme, qu'il ne voulût pas la posséder complètement. A ce qu'il parait son choix ne fut pas très heureux. Non pas que Wilhelmine valût moins qu'une autre. « C'était une vaillante créature, » dit Ga-

5perini, simplement « une bonne femme » suivant une autre personne (1) ; en tous cas ce n'était pas la femme qui convenait à Wagner. Dame! une femme qui pût aimer et comprendre pleinement un homme comme lui, et être vraiment sa compagne d'esprit et de cœur : il faut avouer que cela n'était pas facile à trouver.

Dorn n'ayant pu procurer sur-le-champ à son ami, les places qu'il désirait, celui-ci dut se contenter de celle de directeur de musique à Kœnigsberg. C'est dans cette ville qu'il se maria. Après y être resté un an très occupé sans doute de la joUe Wilhelmine, mais fort peu de composition musicale, il se rendit a Riga où finalement Dorn avait pu obtenir pour sa femme un emploi à la comédie, et pour lui la place de premier directeur de musique. Le théâtre était sous la direction d'un poète, Charles de Hôltei, et le personnel était excellent. Wagner fut d'abord enchanté ; pourtant <;'est à Riga qu'il prit. en dégoût, la position de directeur de musique dans une ville de province.

Au début il n'eut d'autre idée que de mettre à profit les moyens d'exécution, dont il pouvait disposer. Dans un concert il fit entendre Columbus et Rule Britania, deux ouvertures qu'il avait composées à Magdebourg et à Kœnigsberg. S'il faut

(1) Glasexapp, Richard Wagnei^'s Leben und Wirken, t. II, p. 179.

en croire Dorn, c'étaient deux ouvrages manques. Une conception Beethovénienne y avait cherché à prendre les allures pimpantes de Bellini, sans parvenir toujours à éviter la démarche grave de Bach. « Qu'on se figure le discours d'un HégéUen qui vou- « drait s'exprimer dans la langue légère de Heine « et on aura l'idée de cette musique (1). » Après avoir composé quelques airs de circonstance pour les chanteurs du théâtre, afin de conquérir leur bienveillance, Wagner entreprit la composition d'un opéra comique en deux actes YHeureuse famille cVours, dont il avait emprunté le sujet à un conte des Mille et une Nuits, Mais quand il en eut achevé deux numéros il s'arrêta court ; *k son grand dégoût, dit-il, il venait de s'apercevoir qu'il faisait de la musique à la Adam (2). Quand il composait la Défense d* aimer il s'était dit qu'il ne fallait pas être trop scrupuleux sur le choix des moyens ; et il ne s'était donné aucun mal pour chasser, les réminiscences italiennes ou françaises qui s'étaient présentées sous sa plume (3). L'horreur qu'elles lui inspirèrent au moment où nous sommes arrivés, est le premier symptôme de l'éveil de sa conscience d'ar-

(1) Glasenapp, Richard Wagner* s Leben und Wtrken^ t. I, p. 73.

(2) Gesammelte Schriften, t. I, p. 16,

(3) Ibid. p. 15.

tiste, jusqu'alors un peu somnolente. Ce n'était là pourtant que la conséquence d'un long travail qui s'était opéré lentement en lui, pendant les trois années de sa vie théâtrale. Pendant ce temps, l'aversion instinctive qu'il avait ressentie dès l'enfance pour les « comédiens fardés » s'était réveillée petit à petit. Elle s'était même accrue du dégoût que devaient lui inspirer toutes les petites intrigues et tous les papotages d'une troupe de province vue de près. On se souvient de la représentation de la Défense d! aimer à Magdebourg. Wagner en vint à penser que même si l'exécution eût été bonne, les résultats n'auraient guère été plus satisfaisants ; car en même temps qu'il se dégoûtait de la musique à la Adam et des comédiens, il en arrivait à la conviction qu'un public de province, habitué à ne voir que des œuvres dont la réputation est déjà faite, n'est pas capable d'en juger une nouvelle. Mais c'est une tentation bien grande pour un compositeur, que celle de profiter des moyens d'exécution qu'il a sous la main pour faire représenter l'œuvre qu'il vient d'achever .^Afln d'être sûr de n'y pas succomber, Wagner résolut d'entreprendre la composition d'un ouvrage de proportions trop vastes pour qu'il fût possible de le monter dans un petit théâtre. A vrai dire depuis ce moment, ce fut le Grand-Opéra qu'il eut en vue. S'étant convaincu par sa propre expérience que les ouvrages qui ont eu du succès à Paris, trouvaient seuls

faveur en Allemagne, c'est là qu'il voulait livrer la grande bataille.

Déjà à Kœnigsberg, ayant découvert dans un roman de Henri Kœnig un bon sujet de grand opéra, il en avait fait le scénario et l'avait adressé à Scribe. Il espérait que l'habile écrivain voudrait bien en faire un poème français et le lui envoyer, après l'avoir fait agréer par le directeur de l'Académie royale de Musique. Comme on se l'imagine, il ne reçut aucune réponse de Scribe ; aussi quand, un an plus tard, lisant le Rienzi de Bulwer il crut qu'il y avait là un sujet d'opéra meilleur que le précédent, il se décida à faire tout lui-même, poème et musique. Il était alors à la fin de la lune de miel et les soucis d'un ménage sans argent, s'ajoutaient pour lui à la trivialité de la vie provinciale. Ainsi, lorsqu'en 1838, pendant ses vacances d'été, il commença à écrire ce poème héroïque, il obéit à une double impulsion : s'élever immédiatement par la pensée au-dessus d'un entourage vulgaire et mesquin ; travailler à faire une grande œuvre avec laquelle il put conquérir une position qui fût à la hauteur de ses aspirations. De retour à Riga il alla se loger hors les remparts afin de ne voir les comédiens fardés qu'au théâtre. Justement il eut à diriger l'étude de Joseph, et l'œuvre de Méhul, dit-il (1), l'éleva et l'ennoblit. Ce fut sous

(1) Gesammelte Schriften, t. VII, p. 134.

de telles impressions qu'il commença à composer la musique de Rienzi,

Il voulait faire une œuvre grande, originale s'il était possible, mais il ne songeait encore aucunement à s'écarter en quoi que ce fût des formes usuelles de l'opéra. Quand il avait écrit le poème, il n'avait eu d'autres prétentions que de composer un bon libretto, et ne s'était occupé de la langue et des vers qu'autant qu'il le fallait pour que le texte n'en fût pas trivial. « Le Grand- « Opéra de Paris se dressait devant lui, dit-il (1), « avec toutes ses splendeurs scéniques et musi- « cales : son ambition était de surpasser en éclat « tout ce qu'on y avait vu de plus brillant. « Toutefois son sujet même l'enthousiasmait réelle lement, et dans son esquisse il n'introduisit « rien qui ne lui semblât commandé par lui. Avant « tout, il s'agissait donc bien de Rienzi, mais le « Grand-Opéra était comme une lunette à tra- « vers laquelle il le voyait, et rien de ce qu'elle « ne pouvait saisir ne lui semblait avoir d'impor- « tance. Il ne cherchait pas les effets musicaux « pour eux-mêmes, seulement il n'imaginait pas « sa pièce, sous une autre forme que celle d'un « grand opéra, avec cinq brillants finals conte- « nant des hymnes, des cortèges, et des pompes « religieuses et militaires. Il ne visait pas à écrire

(1) Gesammelte Schriften, t. IV, p. 319.

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< des duos et des trios, mais ceux-ci. se pré- « sentaient ca et là d'eux-mêmes. Il ne chercha « aucunement un prétexte de ballet, mais, avec « ses yeux de compositeur d'opéra, tout de suite « il découvrit une fête donnée par Rienzi au peu- « pie, et dans laquelle serait représenté néces- « sairement un sujet de l'histoire romaine : « Lu- « crèce et l'expulsion des Tarquins. » Ainsi donc « dans toutes les parties de son plan, c'était bien « son sujet qui le déterminait avant tout, mais « ce sujet il le déterminait lui-même incons- « ciemment, d'après la seule forme qui flottât « alors devant ses yeux : celle du Grand-Opéra. « Son individualité artistique était encore séparée « de la vie par l'influence d'un formalisme qui « la dominait mécaniquement. »

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