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PETITES LÉGENDES WAGNÉRIENNES

Apothéose. — Der Meister schreitet vom Festspielhause ùber die beriïhmte Regenbogenbriicke aus« Rheingold »nach jener Walhalla hinùber, wo er, ungestraft, « Gott- Vater » spielen darf.

Apothéose. — A travers le pont célèbre du « Rheingold » dressé en arc-en-ciel, le Maître se rend du « Festspielhause » vers l'autre Walhalla en face, où, impuni, il doit jouer Dieu le père.

(Die Bombe, n« 3o, 1876.)

* Le Walhalla situé en face c'est la maison des fous.

Les feuilles caricaturales de l'époque sont remplies de satires en prose et en images sur les « insanités » du Festspiel. Voici, notamment, quelques « préceptes wagnériens » à l'usage des voyageurs, formulés par le Junge Kikeriki de Vienne.

« Tout participant à la représentation du Festspiel, joué sur les planches sacrées, prend pour la vie congé des siens et une habitation à l'année à Bayreuth.

« L'opéra est divisé en deux préludes, en deux représentations de nuit et en dix actes : entre chacun d'eux, il y aura un intervalle d'un mois, y compris le temps nécessaire au transfert des malades.

« Chaque visiteur doit être approvisionné pour soixante jours au moins.

« A chaque galerie se trouve une salle spécialement affectée au service des malades. Les morts seront enterrés toutes les semaines.

« Les bâtiments du théâtre communiquent avec l'asile des aliénés. »

LA SEMAINE DE WAGNER. — Caricature de F. Graetz.

(Der Floh, 1876.) .[Voir, au verso, l'explication des légendes.]

Richard Wagner, par Grand-Carteret.

Voici l'explication des différents petits sujets qui composent l'amusante page Là Semaine de Wagner :

Croquis de gauche :

— 1. Wagner et l'empereur Guillaume :

L Empereur . — Voici, cher maître, le

plus beau de mes ordres : je regrette seulement que vous n'ayez point fait campagne avec nous en France. La guerre m'eût coûté moins de sang et les Français n'en eussent pas moins pris la fuite ( 1).

— 2. Wagner recevant une députation :

Wagner. — Ces messieurs sont assurément des musiciens convertis.

Le chef de la députation. — Non point, nous sommesdes « tout à fait sourds, « qui, Dieu soit loué, avons trouvé ici parfaite guérison.

— 3. Groupe de gens retour de Bayreuth (en entendant un orgue moudre quelque vieil air) : Dieu soit loué ! Enfin un peu de vraie musique !

Croquis de droitic :

— 4. Wagner et le roi de Bavière.

Le liai. — Maître, échangeons : je me trouve si bien ci. Laisse-moi à Bayreuth composer do la musique, et toi, vas à Munich, régner.

— 5. Le père Rhin. — Quel est cet affreux bacchanal? On 'n'entend plus le bruit de sa propre chute.

La Fée. — Les représentations wagnériennes ont commencé.

— 6. Autre groupe de gens retour de Bayreuth :

De l'argent, nous n'en avons plus, et affamés nous sommes. A la cuisine populaire alors. Çà a été une véritable chasse à courre. (Allusion aux sommes exorbitantes réclamées par les hôteliers de Bayreuth lors des fêtes de 1876.)

(1) Il n'est peut être pas inutile de rappeler à ce propos que Wagner — s'il faut en croire le Volksùlatt, confirmé depuis par le correspondant berlinois de la Schlesische Zeitimg (1871)— avait adressé, au lendemain de Sedan, un télégrammes de félicitations a M. de Bismarck. Le chancelier aurait, paraît-il, communiqué la missive patriotique à l'empereur Guillaume et un jour, pendant le siège, ce dernier rappelant la dépêche, aurait dit aux gens qui l'entouraient: « Si Krupp ne suffit pas, nous ferons appel à Wagner; son artillerie, comme en 1861, mettra sans doute, à nouveau, les Parisiens en fuite. »

CARICATURES SUR LA VIE DE WAGNER. loi

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