LE TANNHAUSER A BERLIN
Wie der Tannhàuser zum Sœngerkrieg auf die Berliner Wartburg zieht.
Comment le « Tannhàuser » s'amène à la Wartburg de Berlin pour le combat dos Maîtres chanteurs.
(Kladdcradatsch de Berlin, janvier 18o6.)
Cette caricature fut publiée à l'occasion de la représentation du Tannhàuser à Berlin le 7 janvier 1856 (1), soit dix ans après la représentation de Dresde (19 octobre 1845) où, pour la première fois, avait été exécuté cet opéra destiné, de toutes les façons, à mener grand bruit. Les difficultés suscitées au Tannhàuser lors de son apparition sur la première scène prussienne furent attribuées par Wagner à l'influence de Meyerbeer. Toujours est-il que cette représentation fit grand bruit dans la presse et que le Kladderadatsch en fit l'objet de l'amusante vignette ici reproduite.
Sous le porche se trouvent les maîtres de chapelle de la Cour, Taubertet Dorn, et le «directeur général de la musique du Roi », Meyerbeer, tous les trois en chanteurs, avec leur harpe. Le nom de « Joggeli » qui se lit sur la harpe du premier était le titre
(1) Le Vaisseau-Fantôme et Rienzi avaient été déjà représentés à Berlin.
d'un de ses récents opéras. Le personnage devant la porte, costumé en héraut d'armes, qui s'avance pour recevoir les arrivants, est M. de Hiilsen. Wagner, s'appuyant d'un bras sur sa harpe et tenant sous l'autre bras la partition du Tannhciuser, esta cheval sur l'abbé Liszt. La légende mise dans la bouche de M. de Hulsen porte :
« Assurément, très honoré chanteur, à pied, avec plaisir ! mais le cheval doit rester dehors ! »
Depuis 1856 les temps ont changé. Aujourd'hui, la Tétralogie triomphe à l'Opéra Royal.
WAGNÉRIANISME
Siegfried. Gotterdàmmerung.
Gœtter, Helden und Publikum. — Dieux, Héros et Public.
Souvenirs de Bayreuth, 13-17 août.
(Kladdcradatsch, 3 septembre, 18'G.)
Ces croquis tendent à donner, par des personnages modernes, la représentation, pour ainsi dire, des principales physionomies et créations wagnériennes. De même qu'il y a eu en France des « romantiques », il ne faut pas oublier qu'il existe en Allemagne, des « wagnériens », c'est à dire des gens prenant, soit par le costume, soit par l'allure générale, une attitude particulière, cherchant à montrer extérieurement les sentiments dont ils sont intérieurement animés. Il y a des associations wagnériennes, des journaux wagnériens, une façon de penser wagnérienne, si bien que la réforme musicale du Maître paraît surtout devoir porter ses fruits dans le domaine esthético-philosophique.
Plasticités wagnériennes, sentiments wagnériens, grossièreté wagnérienne, et même « juiverie » wagnérienne, tout cela a été noté d'une façon plus ou moins exacte, et au jour le jour, par les organes viennois; ce sont eux, également, qui ont mis en avant et les modes et les soirées wagnériennes, rapportant jusqu'aux moindres petits incidents, donnant à des faits divers ou à de simples nouvelles judiciaires des titres alléchants : « Un voleur wagnérien />; «Un monsieur à qui le Tannhauser ne plaît pas » ; « Une demoiselle qui veut bien de For du Rhin » ; « Une demoiselle qui cherche un anneau nibelungien »; etc., etc.
Enfin, de même que nous voyons fleurir chez nous, les toilettes de vernissage et les toilettes du Grand-Prix, certains journaux à illustrations mondaines essayèrent de faire prendre des toilettes de « Tétralogie ». Une année, le bon ton fut de se montrer chaque soir avec une toilette nouvelle dans les loges de Bayreuth où, entre parenthèse, rien ne se peut voir, pas plus l'éclat de la jeunesse que le luxe des vêtements.
Gottkr, Helden und Publikum. — Dieux, Héros ot. Public.
Walhall. 2. — Dadroben ist das Theater!