‹ Richard Wagner et le drame contemporain; introductionChapitre 23 sur 43 · Voir le chapitre IIJ · texte numérisé non relu

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sique, sans doute, ne cesse pas de se maintenir très haut; mais l'abstraction du langage, l'insistance dans la répétition des idées, le médiocre intérêt humain de cette poésie métaphorique, nuisent certainement à l'efîet général. Et cependant, tout cela demeure assez beau pour que l'on n'ose souhaiter le retranchement d'une mesure ou d'un vers.

Mais voici l'hymne célèbre :

Descends sur nous, nuit de l'amour!

Les deux voix se répondent, se mêlent par instants, s'unissent enfin dans une voluptueuse extase. Les harpes frémissent ; du haut de la tour qui domine les arbres du jardin, Brangaene jette son avertissement :

(( Prenez garde, ô vous qui vous endormez dans le songe souriant de l'amour.... Prenez garde ! Bientôt le Jour remplacera la Nuit. »

Le tendre dialogue se poursuit : « Laisse-moi mourir ! » avait dit Tristan. Ah ! ce serait la fin de tous les obstacles, la fin des mensonges de la vie, de toutes les douleurs de l'existence. Alors s'élève le Sterbelied, commencé par Tristan, repris avec lui par Iseult : « Ainsi nous mourrions, pour être in séparés ^ ! »

Sur la dernière note de ce chant, l'avertissement de Brangaene retentit une fois encore :

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