Zillre und zage, gezdhmtes Heer
liasch gehorcht des liiiifjes Ifcrrn!
[Rlu'lnçiold, scèni- m.)
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elle se jette sur le corps de son époux que les chasseurs \iennent de déposer sur une litière ; devinant que Siegfried a été assassiné, elle accuse Gunther d'être l'instigateur du meurtre. Guntlier rejette le crime sur Hagen.
« Eh bien, oui! je l'ai tué, rugit Hagen; attesté pour le serment, mon épieu devait châtier le parjure. J'affirme mon droit au butin : l'Anneau du mort est à moi !
— Arrière! crie Gunther; moi seul ait droit sur cet Anneau... Oses-tu bien, effronté bâtard, prétendre à l'héritage de Gutrune? »
Hagen tire l'épée :
<■( L'héritage du Nibelung ! répond-il d'une voix terrible; son fils le réclame aujourd'hui ! »
Il fond sur Gunther et l'étend mort à ses pieds. Tremblants d'horreur, les assistants reculent. Hagen fait un pas vers le corps de Siegfried :
« A moi l'Anneau ! »
Prodige effrayant ! la main de Siegfried se lève, menaçante, tandis qu'une trompette fait entendre le motif de Nothung. A cette vue, Hagen s'est arrêté...
Mais voici que du fond de la scène s'avance Brunnhilde, à pas lents, auguste en la blancheur solennelle de ses voiles. Elle vient, elle va tout conclure, car la Fin des dieux chante mystérieusement à l'orchestre, et la mélodie
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primiiii:e y répond, à jamais belle et sereine, par la rénovation de ses périodes incessées.
Brunnhilde parle :
« Assez de plaintes ! — Lafemmedu héros, celle que tous vous avez trahie, celle-là vient maintenant accomplir la suprême vengeance. »
Gutrune, qui gît à demi morte sur le sol, se relève pour maudire sa rivale.
« Infortunée! lui répond Brunnhilde, sache moi seule j'ai été l'épouse de Siegfried;... longtemps avant de te connaître, il me jura une éternelle lidélité ! )'
A ces mots, Gutrune achève de comprendre l'entière réalité. Elle retombe, expirante, auprès du cadavre de son frère.
« Elevez un bûcher, dit Brunnhilde aux assistants; élevez-le sur la rive du Rhin, et qu'il reçoive le corps du héros ! Amenez aussi le cheval de Siegfried, Grane, afin qu'avec moi il puisse suivre son maître! »
Pendant ces diverses paroles, maints thèmes sont parus dont l'énumération serait trop longue à faire, mais qui nous suggéraient à l'envi des souvenirs. Les motifs de l'amour qui unissaitSiegfried et Brunnhilde accompagnent ensuite l'émouvant passage : « Personne n'aima comme lui, et personne autant que lui n'a violé la foi jurée! »
La fatalité de la mort et l'interrogation de la destinée alternent avec les thèmes du Walhall
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et de la justification de Brunnhilde, tandis que retentit cette éloquente plainte :
« 0 vous, dieux du Walhall, immuables gardiens des serments! Jetez un regard sur la floraison de mes douleurs, et contemplez votre faute éternelle! Ecoute-moi gémir, toi, le plus grand des dieux : tu as voué ce héros à la malédiction prononcée contre toi, en lui faisant accomplir l'acte que tu désiras si longtemps... Il fallait qu'il me trahît, lui, le plus pur de tous, pour qu'une femme pût enhn savoir et comprendre! — Sais-je bien ce que tu souhaites que je sache? — Je sais tout — oui — tout — et je t'annonce ce que tu as si douloureusement attendu : Wotan, dieu — repose-toi maintenant. »
Elle retire l'Anneau qui brille au doigt de Siegfried, et reste un moment à le regarder, durant que le thème de la Fin des dieux et la mélodie primitive reparaissent à l'orchestre. Hagen n'a pas bougé : il attend, appuyé sur son épieu.
« Voici l'héritage qui me revient, poursuit Brunnhilde à voix lente... Anneau maudit!... Je prends ton Or, mais pour y renoncer ! »
Deux des motifs des ondines s'élèvent aux clarinettes et aux cors; les violons en murmurent un troisième, la berçante mélodie que chantait Woghnde au début de Rheingold.
« A vous, sages Filles du fihin, je dois un sur
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conseil... Ce que vous demandiez, je vous le donne : reprenez votre bien, reprenez-le dans les cendres de mon corps... le Feu qui va me consumer purifiera l'Anneau de la malédiction ! Vous, dans les ondes, ouvrez-en le cercle fatal, et gardez bien désormais l'Or radieux, qui vous fut dérobé pour le malheur du monde. » , Brunnhilde a mis l'Anneau à son doigt. Elle se tourne vers le bûcher où repose le corps de Siegfried, et arrache à l'un des assistants une torche enflammée...
« Corbeaux de Wotan, allez retrouver votre maître : contez-lui ce que vous avez entendu près du Rhin. Passez aussi près du Roc de Brunnhilde... là brûle encore le Feu : montrez à Loge délivré le chemin du Walhall — car la Fin des dieux commence — et — ainsi ! — je jette dans le Walhall la torche de l'incendie suprême. »
Elle lance la torche sur le bûcher : la flamme crépite, deux corbeaux s'envolent, aussitôt disparus... Des guerriers amènent le cheval de Siegfried par la bride.
« Grane, mon cheval, je te salue!... Sais-tu où je te veux conduire? »
... Très doucement, le motif de la Rédetnp^ tion par V Amour chante aux voix aériennes de l'harmonie, alternant avec le thème de Siegfried, que posent martialement les trompettes... Pour la première fois réapparaît la mélodie ce-
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leste, depuis qu'elle résonna, au troisième acte de la Walkyrie, dans l'adieu reconnaissant de Sieglinde.
« Ton maître Siegfried est là, continue Brunnhilde, Siegfried, mon bienheureux époux. Tu hennis, joyeux de le suivre, attiré par la souriante rougeur du feu ! »
Elle s'appuie sur l'encolure de Grane. Le thème rédempteur, qui grandit aux bois et aux cordes, soulève maintenant la mélodie vocale ;
« Sens battre ma poitrine, toute brûlante de tendresse : le Feu embrase aussi mon cœur...
(( Le tout-puissant amour va me réunir à Siegfried! — Allons, Grane! au galop, pour retrouver ton maître!... Siegfried! Siegfried! ton épouse vient à toi ! »
Elle s'est élancée sur Grane : le cheval part à fond de train vers le bûcher et d'un bond saute dans la ilamme.
Et soudain le brasier s'effondre : en tourbillons formidables, le Feu monte, remplit la scène, tandis que les assistants s'enfuient épouvantés. Mais le Rhin se gonfle, envahit tout à coup ses rives : des flots énormes roulent jusqu'à la fournaise, la submergent, engloutissent les débris fumants.
Dans l'agitation croissante des cordes, VUrmélodie se devine : les Filles du Rhin surgissent des vagues...
Hagen pousse un cri : « l'Anneau! » Il se
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précipite vers le Rhin, y entre, dans l'effort insensé de son furieux désir. Mais, en plongeant, les Ondines l'entraînent... Hagen s'abîme sous les eaux, tandis que la malédiction d'Albericli retentit une dernière fois.
Les Filles du Rhin reparaissent : joyeuses, elles élèvent l'Anneau reconquis, et le premier chant de Woglinde dans Rheingold rythme à l'orchestre, sur le murmure des vagues, le bercement de son inoubliable mélodie.
Le thème du Walhall sonne largement, dit par les tubas et la trompette basse ; le chant de Woglinde lui répond, contrepointé avec le tiièmc de la Rédemption par Vamour. La Tétralogie entière se résume devant nous en ses lignes principales... Voici maintenant les sifflantes batteries du Feu. Au loin, au-dessus de l'horizon chargé de ténèbres, une lueur rose grandit, aurore et couchant tout ensemble : c'est le reflet de l'incendie qui déjà entoure le Walhall. L'œil troublé du spectateur voit se dessiner, dans les brumes du ciel qu'embrase peu à peu la clarté fauve, la demeure où siègent les dieux, Wotan au centre, grave, immobile en présence de sa Fin. Les thèmes se développent dans l'orchestre, croisant leurs mélodies et leurs mesures diverses, mettant sous la rude majesté du Walhall la gigantesque terreur de la Gotlcniolli, et faisant courir en tout sens le rapide sifflement du Feu. Une fois
encore, le thème de Siegfried éclate, lancé par les trompettes et les trombones, comme pour écrouler le thème du Walhall... Le motif de la Fin des dieux lui répond... Les catastrophes s'effacent, et, maintenant que tout est fini, le thème de Rédemption, planant seul dans les hauteurs, semble dire la mort de la mort et l'éternité de l'Amour.