RÉGÉNÉRATION PAR L' ALIMENTATION VÉGÉTALE
et à la ruine. Mais si l'homme de proie domine le monde comme la bête féroce règne dans la forêt, il est comme elle dégénéré : « De même que la bête de proie ne prospère pas, dit Wagner, de même, nous voyons l'homme de proie victorieux dépérir lentement. Par suite de la nourriture contre nature qu'il prend, il est victime de maladies qui ne se montrent que chez lui, et n'atteint plus jamais ni le terme normal de ses jours ni une mort douce : sous l'aiguillon de souffrances et de tortures que lui seul connaît et qui frappent son corps comme son âme, il se hâte, à travers une vie de vaines agitations, vers une lin toujours effrayante » (1).
Mais de même que l'homme primitif, placé dans des circonstances défavorables, a dû changer la nourriture végétale contre la nourriture animale, de même il pourra, lorsqu'il aura pris conscience de sa misère et appris à reconnaître pour siennes toutes les souffrances des hommes et des animaux, revenir par un effort de volonté à une alimentation exclusivement végétale. C'est à ce prix seulement qu'il peut espérer la régénération. Aussi ne doit-il se laisser rebuter dans cette entreprise par aucune difficulté d'ordre pratique. Wagner regarde comme une vérité expérimentalement démontrée que l'homme peut s'accommoder d'un régime végétarien sous toutes les latitudes. Mais il n'hésite pas à déclarer qu'au cas où l'on reconnaîtrait la nécessité d'une nourriture animale dans les climats du Nord, les races supérieures devraient émigrer systématiquement vers des régions plus favorisées du soleil(2). Dès à présent il regarde comme des institutions de salut les ligues de végétariens, les associations pour la protec-
(1) Ges> Schr. X, 238.
(2) Ges. Schr. X, 242.
3g8 LA DOCTRINE DE LA RÉGÉNÉRATION
lion des animaux el les associations de tempérance qui cherchent à délivrer l'homme de la tyrannie hideuse de l'alcool. Quand ces associations, faibles, méprisées et un peu ridicules aujourd'hui, auront mieux pris conscience du but sublime qu'elles poursuivent et se présenteront au public non plus comme les modestes apôtres d'une médiocre pensée utilitaire mais comme les missionnaires de la doctrine de la régénération, elles pourront devenir les instruments efficaces de la rédemption du monde moderne.
La seconde grande cause physiologique de la dégénérescence présente de l'homme, c'est le mélange des races. Wagner admet en effet, conformément aux idées exposées par le comte Gobineau dans son Essai sur r inégalité des races humaines (1), que l'humanité se compose d'un certaia nombre de races irrémissiblement inégales : les races supérieures peuvent bien dominer les inférieures; seulement, en se mélangeant à celles-ci, elles n'élèvent pas à leur niveau les races inférieures* mais déchoient au contraire et perdent leur noblesse en s'alliant & elles. Rien de plus chimérique par conséquent que cette prétendue loi du progrès, si chère aux apôtres de la science et des idées modernes. Le phénomène naturel et normal que nous révèle Ihistoire universelle est, en réalité, la dégénérescence des races supérieures. La race bJanehe dont les hauts faite remplissent l'histoire du monde n'a pas échappé à cette loi générale. En se mélangeant aux races jaunes et attx races noires, elle leur a communiqué quelques-unes de ses vertus et les a fait entrer dans l'histoire ; mais par ce mélange qui a progressivement altéré sa pureté primitive
(I) Composée 1835 a 181!); publié de 1853àl8ô5 (?• éd. 188-1). On trouv« ra une analyse de cette œuvre très peu connue eu France dans les Bayr. Blâtter, 1882 p. 263 es. 267 ss. 280 ss. 293 89. 330 ss. et 1883 p. 164 tt. Sur le comte Gobineau t. Bayr. Blàtter 1882, p. 341 h.
LE MÉLANGE DIS ÏUCfiS 3^9
elle a plus perdu que les races inférieures n'ont gagné à son contact (i)»
Une race étrangère, surtout, constitue pour la race blanche un danger d'une exceptionnelle gravité : c'est la race juive. Le « péril juif », signalé dès i85o par Wagner dans sa fameuse brochure : Le judaïsme dans la musique, n'a cessé de préoccuper son esprit jusque dans ses dernières années (2). Cherchons, d'une manière absolument objective et sans rien préjuger sur la valeur des théories professées par Wagner, è bien comprendre comment il juge la situation des Juifs dans la civilisation moderne.
Aucune race, enseigne Wagner, n'a su conserver intacts ses caractères essentiels au même degré que la race juive. Sans patrie, sans langue nationale, le Juif reste juif dans tous les pays où i) fixe sa résidence et dont il parie la langue. Les croisements les plus divers, même avec les races qui lui sont le plus étrangères, ne lui font jamais aucun tort : c'est toujours le type juif que reproduisent ses descendants. Il ne subit l'influence d'aucune des religions qui l'environnent, « car, dit Wagner, il n'a, en réalité, pas de religion, mais seulement la foi en certaines promesses de son dieu; ces promesses n'ont pas, comme dans toute vraie religion, leur effet dans une vie en dehors du temps et par de là notre vie terrestre, mais ont trait uniquement à notre vie terrestre et présente : là, en effet, le Juif est appelé à régner sur toutes les créatures animées ». Réaliste endurci, habitué par une longue hérédité à se passer de tout idéal, le Juif déploie dans la lutte pour la vie des
Jl) Ges. Schr. A\275s.
(2) Wagner a traité la question juive principalement dam Du* Judenthum in der Musik (1850, 2« éd. 1869), Modem (1878}, Erkenne dxeh »ell>st (1861), Utldenthum und Chrittcnthum (1881).
qualités incomparables. Improductif par lui-même da *s tous les domaines, il excelle à tirer profit de toutes les inventions des autres, à échafauder des spéculations inté ressées sur tous les besoins et toutes les facultés humaines, à trafiquer même des chftses les plus sacrées, du besoin d'idéal, par exemple, et du génie artistique. Il est le représentant accompli et supérieur du vouloir-vivre égoïste, le type de la bête de proie calculatrice plus dangereuse mille fois et plus cruelle que la bête de proie belliqueuse : il est « le démon incarné et triomphant de la dégénérescence de Thumanité » (i).
Entre la race sémitique et la race aryenîie, le conlrasle est complet. L'Arya est naturellement idéaliste. Dans les religions qu'il a créées, dans le Brahmanisme comme dans le Christianisme, on observe toujours comme trait essentiel cette croyance que la vie présente est mauvaise et que l'homme doit apprendre à se détacher du monde. L'Arya de race pure tend donc, en vertu même de ses instincts les plus puissants, à lutter victorieusement contre la décadence, à abjurer la volonté égoïste. Mais il s'est mélangé avec les races qui l'entouraient et ces croisements ont gravement altéré sa constitution physique et morale. Des deux grandes civilisations européennes, la civilisation latine et la civilisation germanique, l'une, la latine, est en réalité à peine aryenne. La race qui a marqué de son empreinte cette civilisation composite, c'est la racé sémitique à laquelle appartiennent aussi les Juifs. L'esprit sémitique à modifié profondément et d'une façon durable le caractère des anciennes civilisations hellénique et romaine ; au point de vue religieux, l'œuvre de la race la tine est l'église catholique où l'esprit juif a profondément
(i) Ge$. Schr. X, 271 i.