PARTICIPATION DM WAGNER A L KM EU TE
ils sont allés jusqu'à l'accuser d'avoir mis le feu à l'ancien Opéra de Dresde et d'avoir tenté d'incendier le palais royal. La meilleure preuve que Wagner ne s'est jamais compromis sérieusement, c'est que, l'émeute une fois vaincue, il crut de très bonne foi n'avoir commis aucun acte illégal et n'avoir rien à redouter du gouvernement saxon. Si au moment de la prise de Dresde il se rendit à Chemnitz auprès de son beau-père Wolfram, ce n'était pas dn tout dans l'idée de se soustraire à des poursuites éventuelles, mais simplement pour attendre, dans un abri tranquille, la fin des troubles; il était décidé à rentrer en ville sitôt Tordre rétabli. Son beau-frère, par bonheur, apprécia mieux la situation et l'expédia aussitôt à Weimar, où il fut accueilli par Liszt. Là encore il ne prit d'abord aucun soin pour se cacher; il se promena en ville, alla au théâtre, exprima même à Liszt le désir d'être présenté à la cour de Weimar, toujours persuadé que l'on reconnaîtrait son innocence. Le 19 mai, cependant, le Journal de Dresde publiait un mandat d'amener décerné, depuis le 16, contre Wagner, qui était accusé d'avoir pris part à l'insurrection. La plus élémentaire prudence lui commandait de ne pas se livrer aux mains de juges dont il pouvait à bon droit suspecter l'impartialité. Malgré son innocence au moins relative, il n'eût pas échappé à une condamnation tout à fait disproportionnée, vraisemblablement, à la gravité des actes matériels qu'il avait commis; il est même à présumer que l'arrêt eût été d'autant plus rigoureux que Wagner, en raison de sa position de Kapellmeisler, tenait de près à la cour; il touchait son traitement sur la cassette privée du roi, qui lui avait donné à diverses reprises des marques de faveur et devait, par suite, être peu disposé à l'indulgence envers un serviteur ingrat. Comme d'ailleurs Wagner n'avait aucune raison pour affronter le martyre politique
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et s'exposer* à un séjour prolongé dans les prisons saxonnes ,' où il eût peut-être laissé son énergie vitale et son génie d'artiste, il se décida à la fuite. C'était, somme toute, le parti le plus sage qu'il pût prendre dans sa situation, et Ton aurait tort d'y voir l'aveu implicite d'une participation effective à l'émeute (1). Le 24 mai, il 6e séparait de Liszt à Iéna, gagnait la frontière sous un faux nom, et, après un voyage de quatre jours, parvenait sans encombre à Rorschach, sur le territoire suisse, et de là à Zurich.
(1) Voir aussi les déclarations expresses de Wagner (Lettres à Lisit //, 122, et Ges. Schr. VUI, 4) citées par Chamberlain, Wagner p. 62.