LES GRANDES OEUVRES THÉORIQUES
Révolution et T Œuvre d'art de V avenir (1849), Art et climat et les Juifs dans la musique (i85Gf), Opéra et drame et Une Communication à mes amis (i85i) (1). Voyons d'un peu plus près à quels mobiles il obéit en prejiant la plume.
Ses ouvrages de critique sont inspirés d'abord par le désir de faire nettement comprendre au public quelles étaient les conditions indispensables à la réalisation de Tidéal nouveau qu'il apportait, et par conséquent aussi quels étaient les abus auxquels il déclarait la guerre. Considérés à ce point de vue, ils sont essentiellement révolutionnaires. Si Wagner s'élait promis, après les événements de Dresde, de ne plus jamais prendre part à aucune intrigue politique, il n'avait pas renoncé pour cela à révolutionner les têtes et les cœurs, bien au contraire. « L'œuvre d'art, écrivait-il à son ami Uhlig, ne peut pas être créée pour l'instant, elle ne peut qu'être préparée ; et pour cela il faut prêcher la révolution, détruire et démolir tout ce qui est digne d'être détruit et démoli. C'est là notre œuvre. D'autres seront les véritables artistes... Pour le moment, détruire importe seul, — toute construction serait forcément artificielle (2). » Il s'agit de mettre à nu sans pitié les vices du temps présent, de porter résolument le fer sur tout ce qui est vermoulu, caduc, de démasquer l'hypocrisie et l'égoïsme de la vieille société, de briser les faux dieux, de mettre à néant les réputations usurpées, de montrer dans toute son horreur
(1) En plus de ces grandes auvres, Wagner a encore projeté a cette épocpie divers autres traités dont il subsiste des fragments publirs dans: K. Wagner, Entwilrfe, Gedanken^ Fragmente, p. 11-70; cf. 2*tty/\I? Ici 1 1er, 18So, p. 251 ss.
(2) Lettres à Uhlig, 21. — Voir aussi lettres à Liszt I, 22: « Auf dvm Boden der Antirevolution wachst keive Kunsl nwhr; sie iviirde auf don lioden der Révolution vielleichl zuitiic/txl aurh nie ht %cachaen% ivenn nicht bei Zeiten— daJ'Ur gesorgt werden sollte. «Wagner propose doue a Liszt u eiwas kanstlerischen letTorUtnus ausuiùben ». Voir aussi Lettrée à Heine, p. 381 s.