PERSISTANCE DE LÀ FOI RELIGIEUSE CHBE WAGNER
« Raille aussi amèrement que tu voudras oe sentiment ; je ne puis m* empêcher d'y voir le salut et de l'appeler de mes vœux. Par Jésus-Christ, par la souffrance résignée en Dieu, nous trouvons la délivrance, la rédemption. » A ces exhortations empreintes du plus pur sentiment chrétien Wagoer répondait par la lettre suivante que nous transcrivons en grande partie, malgré 3a longueur, car elle est uue vraie confession de foi qui laisse clairement paraître l'état d'âme du grand artiste à cette époque : « Comment pourrais^tu croire que tes généreux épanchemente exciteraient ma moquerie! Les formes sous lesquelles nous cherchons une consolation pour nos misères se modèlent sur notre être, sur nos besoins, sur le caractère de notre culture, sur nos sentiments plus ou moins artistiques. . Qui serait assez dépourvu d'amour pour croire que l'unique foraw légitime lui ait été révélée? Celui-là aeul, peutêtre qui n'a jamais, poussé par un besoin personnel, donné Corme à son espérance et à sa foi ; qui, comme une brute aux sens obtus, s'est vu imposer cette forme par son entourage, comme un postulat étranger ; qui, par suite, ne possédé pas de vie intérieure propre et qui, pour affirmer son existence vide et creuse, prétend à son tour imposer à d'autres comme règle de foi extérieure ce postulat qui lui a été imposé du dehors. Quiconque aspire, espère et croît lui- même, se réjouit volontiers de la foi et de l'espérance d'autrui : toute dispute sur la vraie forme ne peut doue être que vanité et ergoterie! Vois, mon ami, j'ai, moi aussi, une forte croyance qui me fait honnir des poli* iiciens et juristes : j'ai la foi en l'avepir du genre -humain, et je la fonde simplement sur un irrésistible besoin. J'ai réussi à considérer dans leur essence les phénomènes de la nature et de l'histoire avec tant d'apaour et de lijberté d'esprit, que je n'ai rien trouvé de mal en eux, si c# n'est