‹ Richard Wagner, poète et penseurChapitre 81 sur 192 · L ANNEAU DU NIBELUNG · texte numérisé non relu

L ANNEAU DU NIBELUNG

pas renoncé à l'amour. Il a bien promis aux géants de leur livrer, comme salaire de leurs travaux, Freia, la déesse dé la jeunesse et de l'amour ; mais il est décidé en son âme à éluder cette promesse ; l'artificieux Loge, l'esprit du feu, le génie delà ruse et du mal, lui a promis de trouver un moyen pour conserver Freia parmi les dieux.

Dans les profondeurs de la terre, cependant, un gnome haineux et redoutable, Àlberich, delà race des Nibelungen ou génies delà nuit (Sckwarzalben) a accompli le sacrifice auquel se refusait Wotan. Il a maudit l'Amour, et au prix de cette renonciation terrible il a pu dérober aux ondines le trésor sans pareil qui leur était confié, l'Or du Rhin. Ce joyau, qui jusqu'à ce jour avait sommeillé au fond du fleuve, parure étincelante et inutile des eaux ténébreuses, va devenir entre les mains du gnome ambitieux une arme terrible : le sombre Nibelung en forge un Anneau grâce auquel il peut aspirer à l'héritage du monde (1). Par la vertu de cet Anneau, il réduit à l'esclavage ses frères, les Nibelungen ; il les contraint à accumuler à son profit d'immenses richesses ; fort de son inépuisable trésor, il compte bien, un jour, dominer les dieux et les déesses, les asservir par la fascination de l'or et les contraindre à subir son joug, à maudire l'Amour. — Or Wotan est prévenu par Loge de l'acte d'Alberich. Sommé par le dieu détenir sa promesse et de délivrer Freia des mains des géants, Loge déclare qu'un seul bien dans tout l'univers peut compenser pour eux la perte de la Femme : c'est l'Or du Rhin pour lequel Alberich a maudit l'Amour. Les géants aussitôt d'exiger cet or comme rançon de Freia. Avec l'aide de Loge, Wotan réussite capturer Alberich et le contraint à livrer

(1) Gcs. Schr. K, 210 s., 227.

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