RÉSULTATS GÉNÉRAUX
L'appropriation privée n'ayant dû s'étendre qu'à des choses dont la possession exclusive pût être garantie par la société, il existe partout certaines espèces de fonds productifs dont la jouissance est restée commune et soumise seulement aux règlements de la police préventive et aux lois d'ordre public. Ces fonds ne sont ni moins avantageusement ni moins régulièrement exploités que les fonds appropriés.
Un autre résultat non moins important de l'attribution par transmission a été de perpétuer l'appropriation des produits et de la rendre universelle.
Les produits de toutes les industries sont fournis en premier lieu par les industries extractives^ et c'est grâce à une succession non interrompue de transmissions et d'échanges qu'ils arrivent enfin au consommateur sous la forme qui les rend propres à la consommation. L'appropriation qui s'attache à ces produits entre les mains du premier qui les a extraits de quelque fonds productif, ou entre celles du propriétaire de ces fonds, ne les abandonne pas un instant jusqu'à ce qu'ils soient définitivement consommés. Les droits de l'extrac-
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teur passent sans altération à tous les acquéreurs successifs de ces produits , et en particulier à ceux qui doivent les employer sous forme de capital dans l'exercice d'une industrie fabricative. Les produits sont donc appropriés avant d'être convertis en capital , et cette conversion ne les dégage pas de l'appropriation.
C'est ainsi que tous les éléments de la richesse sociale, en particulier tous les éléments des capitaux productifs, se trouvent appropriés d'avance, et ne peuvent changer de maître que par échange ou par dévolution ; c'est ainsi que l'attribution des produits primitifs des industries extractives, fondée sur le travail, et l'attribution subséquente de ces mêmes produits par voie de transmission, amènent pour résultat définitif l'appropriation perpétuelle et universelle de tous les produits dont se compose la richesse sociale. Cette appropriation est réglée par des dispositions générales qui en font dépendre l'attribution, dans chaque cas particulier, soit de la volonté des propriétaires eux-mêmes, soit de certaines relations de famille, c'est-à-dire de circonstances absolument étrangères aux phénomènes de la production.
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Tels sont les faits sociaux qui régissent la distribution des richesses, et qui en expliquent tous les phénomènes. C'est sur cette analyse du principe d'appropriation, et de ses développements, que reposent tous les résultats qui vont être exposés dans les chapitres suivants.