DES NOTIONS GENERALES SUR LA PRODUCTION DES RICHESSES
Des Fonds productifs.
Tout ce que nous appelons richesse doit son origine à quelque action productive et spontanée de la nature; c'était, avant de passer dans nos mains, un produit du règne organique ou du règne inorganique.
La scène où s'exerce le plus immédiatement et le plus utilement pour nous cette action productive, c'est le globe que nous habitons, avec ses mers et son atmosphère. Les trois grandes masses, solide, liquide et fluide,
dont il se compose sont les milieux dans lesquels, pour nos sens bornés, paraît agir la force créatrice, et dans lesquels naissent tous les produits de cette force que nous pouvons employer à la satisfaction de nos besoins. J'appelle ces milieux^b/ïf/^' productifs.
Le caractère essentiel des fonds productifs c'est d'être illimités, non point dans leur étendue superficielle, ni dans leur masse, car l'une et l'autre peuvent être mesurées, mais dans leur productiçité. Une production, quelque abondante et quelque répétée qu'elle soit, ne les épuise point, lors même que les produits qui en résultent sont consommés sans retour. Ce caractère se retrouve également dans des portions détachées de ces milieux et réduites à des dimensions très-étroites. Le plus petit champ conserve sa productivité sans altération de siècle en siècle ; on en peut dire autant d'une rivière poissonneuse, et de toute autre fraction productive de la terre, de l'air, ou des eaux. L'expression àe, fonds productifs peut donc s'appliquer à de semblables fractions, aussi bien qu'au tout dont elles font partie, et c'est dans ce sens restreint que je l'emploierai désormais.