DU PROFIT ET DE LA CONDITION ECONOMIQUE DES CAPITALISTES
Le capitaliste^, c'est celui qui est maître d*un capital productif, et qui en dispose; peu importe par quelle série de conventions ou d'actes translatifs il est arrivé à obtenir ce droit, ou à quelles conditions il l'a obtenu. Sa position économique est surtout caractérisée par la propriété exclusive et entière des produits du travail.
En achetant le travail des salariés, le capitaliste achète les effets de cette cause, les conséquences qui sont attachées à la création de valeur par le travail; il se met en lieu et place du salarié à l'égard de ces conséquences. La propriété des matières premières qu'il met en œuvre lui étant une fois acquise, se continue
i\A DU PROFIT, ETC.
SOUS les diverses formes qu'elles assument dans ses mains, jusqu'au moment où elles en sortiront par sa volonté. L'excédant de la valeur de ces produits achevés sur celle du capital consommé dans leur production forme le gain du capitaliste, son revenu net, auquel les économistes ont donné le nom de profit, et qu'il faut appeler profit mercantile^ pour le distinguer du profit réel de la société.
Le profit mercantile est déterminé, comme on voit, par la valeur des produits comparée avec celle des divers éléments du capital productif; mais les deux éléments principaux de cette détermination [sont évidemment le prix des matières premières et la quantité d'approvisionnement nécessaire pour les mettre en œuvre. Or, le progrès économique des sociétés agit en sens contraire sur ces deux éléments: d'un côté, il tend à renchérir les matières premières, en augmentant la valeur de tous îes produits des industries extractives qui s'exercent sur des fonds appropriés et d'une étendue limitée; de l'autre, il amène la division du travail et l'emploi fréquent des moteurs naturels, par conséquent la diminution de la quantité d'approvisionnement né-
DES CAPITALISTES. llîî
cessaire pour mettre en œuvre le capital productif.
La somme totale des produits, moins la somme totale du capital consommé pour les obtenir, donne la somme totale des profits pendant un espace de temps déterminé. Or, la somme totale des produits s'accroît en raison du capital employé, et non du capital consommé. Le taux des profits, ou leur rapport au capital, résulte donc de la combinaison de deux autres rapports, savoir: du rapport entre le capital employé et le capital consommé, et du rapport entre le capital consommé et le produit. (^)
Le capital productif de tout pays est composé d'une partie consommable, l'approvisionnement, les matières premières, les matières instrumentales; et d'une partie non consommable, l'instrument proprement dit, les outils et machines. A mesure que la richesse et la
(') Soit P le produit total pendant une période écoulée,
TT le profit, C le capital employé, c le capital consommé,
r^le rapport du profit au capital. Dans cette équation
P— c=7r, substituons à t: sa valeur=r C, nous obtien-
P— c drons r C=P— c, et r =—7; — .