‹ Riche ou pauvre, exposition succincte des causes et des effetsde la distribution actuelle des richesses socialesChapitre 32 sur 86 · DE LA RENTE DES CAPITAUX, ETC · texte numérisé non relu

DE LA RENTE DES CAPITAUX, ETC

Quant au capitaliste qui possède sans conditions, il a le choix entre deux partis, celui de convertir ses valeurs exigibles en un capital productif qu'il fera valoir lui-même , et celui de les prêter à d'autres producteurs. S'il adopte le premier, il sera, comme capitaliste producteur, dans la position tout à fait normale que j'ai décrite au chapitre précédent; s'il adopte le second, il se trouvera dans une position anormale qu'il me reste à examiner.

Le capitaliste prêteur ne reçoit jamais la totalité du profit de son capital, car nul producteur ne consentirait à le lui faire valoir gratuitement. La part qui lui revient est déterminée par un grand nombre de causes diverses dont les effets peuvent se ranger sous deux chefs.

Supposons d'abord le remboursement du capital si bien assuré que le prêteur ne puisse concevoir aucune inquiétude à cet égard. Dans ce cas-là même, il n'abandonnera point l'usage de son capital à autrui sans conditions ; il stipulera un intérêt afm de se dédommager de ce qu'il renonce à le faire valoir pour en tirer le profit ordinaire, ou à le consommer im-

productivementpourse procurer des jouissances immédiates. C'est cetintérêt qu'on appelle, avec raison, le loyer de Targent ou du capital. Si l'on considère le fonds d'où il provient sous son véritable aspect, c'est-à-dire comme un droit à des valeurs exigibles, l'intérêt représente précisément le prix du louage de ce droit.

Parmi les causes qui contribuent à déterminer le taux de ce loyer, il n'y en a guère qu'une seule dont l'action soit générale et dont on puisse dans tous les cas signaler la présence, c'est le taux ordinaire des profits. En effet, il est évident que l'indemnité attribuée au capitaliste prêteur, en échange de sa renonciation au profit, doit se proportionner en gros à la quotité de ce profit. Mais l'action de cette cause est altérée ou modifiée par une foule de circonstances dont il est souvent difficile de constater, et surtout d'apprécier l'influence. Les lois qui règlent le taux de l'intérêt, les habitudes formées par ces lois , ou en dehors de ces lois, la nature et la quantité générale des consommations improductives , ont sans doute la principale part dans cette influence pertubatrice.

Supposons, maintenant, que le capitaliste

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