DE LA RENTE DES CAPITAUX, ETC
prêteur ait à courir la chance du non-remboursement de son capital. Alors, il stipulera, en raison de ce risque, une indemnité, une prime, proportionnée à la grandeur du risque présumé.
Ce qu'on appelle intérêt dans la pratique , ce qui est stipulé sous ce nom dans les transactions journalières, se compose presque toujours d'une prime et d'un loyer, car il n'y a pas beaucoup de placements dans lesquels le remboursement soit parfaitement garanti.
On voit, d'après ce qui précède, que la condition économique des capitalistes prêteurs présente trois caractères principaux :
1°. La quotité de leur revenu dépend de celle du capital dont ils disposent absolument; elle ne peut guère être moindre que la trentième partie de ce capital.
2°. Cette quotité dépend en outre de la nature du placement. Elle se compose de deux parties dont la première peut être considérée comme fixe, parce qu'elle ne varie qu'avec le taux des profits, ou sous l'influence d'autres causes aussi générales , tandis que la seconde se modifie d'après les risques propres à chaque placement. Or, cette portion variable du revenu , se proportionnant à une chance
de perte, est nécessairement accompagnée d'une inquiétude qui suit la même progression , c'est-à-dire qui augmente avec la prime et diminue avec elle.
Si nous supposons que le loyer, séparé de la prime, soit la trentième partie du capital, nous pourrons concevoir et dresser une échelle de positions possibles, avec un même capital, depuis celle où le revenu n'est que d'un trentième avec sécurité complète, jusqu'à celle où il est égal au capital lui-même avec le maximum de l'insécurité.
Représentons par 100 le maximum de jouissance, ou la jouissance que procurerait un revenu égal au capital ; par le même chiffre, le maximum de sécurité; par la lettre c, le capital : Voici un abrégé de l'échelle dont je parle.