‹ Riche ou pauvre, exposition succincte des causes et des effetsde la distribution actuelle des richesses socialesChapitre 61 sur 86 · INFLUENCE IMMEDIATE, ETC · texte numérisé non relu

INFLUENCE IMMEDIATE, ETC

3° Les impôts nombreux qui atteignent immédiatement les salaires tendent à diminuer ou le prix du travail , ou sa valeur échangeable, c'est-à-dire, à détériorer la condition des travailleurs, à réduire leur revenu au plus strict nécessaire, et à vicier de plus en plus la distribution des richesses sociales.

4° Les impôts divers qui atteignent immédiatement les profits dans leur perception , ou les capitaux eux-mêmes, tendent à favoriser la concentration des richesses entre les mains des grands capitalistes , et par conséquent à augmenter les vices de la distribution.

Il me reste à parler de Tinfluence qu'exercent médiatement les lois fiscales sur lesdiverses espèces de revenus.

€HAP1XK£ IV.

INFLUENCE MEDIATE DES LOIS FISCALES SUR LES DITERSES ESPECES DE REVENUS.

L'impôt, sous toutes les formes qu'on lui a données jusqu'à présent, reste un mal, de l'aveu même des financiers praticiens, qui le qualifient seulement de mal nécessaire, et le mettent ainsi sur la même ligne que les fléaux produits par l'action des lois naturelles.

Que ce mal soit nécessaire^je le nie, et je dirai bientôt le moyen de s'en exempter; mais pourquoi est-il un mal? pourquoi l'application d'un principe juste devient-elle un fléau?

C'est d'abord qu'il n'y a pas un impôt qui

198 ?,1NFLUENCE MÉDlATt: DKS LUIS FISCALES

ne réalise de monstrueuses injustices dans sa répartition entre les diverses classes de contribuables , et entre les divers contribuables de chaque classe.

Les vices de cette répartition, pour chaque espèce de taxe, sont tels, qu'on est obligé de compliquer infiniment le système et d'employer plusieurs modes divers de taxation , Taute de pouvoir rendre chaque mode aussi productif qu'il pourrait l'être. De là des frais énormes de perception qui rendent la charge totale plus lourde , sans aucun avantage pour le fisc. De là , aussi , un système odieux d'inquisitions et de vexations de tout genre , qui entravent et découragent l'industrie, surtout la petite industrie^ infiniment plus que ne le ferait le seul prélèvement d'un impôt deux fois aussi considérable.

Ensuite , par l'elfet même de cette vicieuse répartition et de cette perception vexatoire , l'impôt, quoique prélevé en apparence sur les revenus, atteint inévitablement les capitaux productifs , tend par conséquent à ralentir le progrès de la richesse sociale et Taccroissement de la demande de travail qui accompagnerait ce progrès.

Page 1