SUR LES DIVERSES ESPÈCES DE REVENUS
Les impôts indirects , ceux qui frappent immédiatement le capital , ces innombrables sources de revenu que s'est ouvertes la fiscalité moderne, et qu'elle exploite de préférence comme celles dont le produit est le plus assuré , ont le grave inconvénient d'entraver la circulation des capitaux, de gêner le travailleur dans l'emploi qu'il fait de ses épargnes, et d'aggraver la position de ceux qui, ayant de l'aptitude et de l'activité, ne peuvent se livrer au travail, et obtenir quelque chance de fortune, qu'en acquérant le droit de disposer des capitaux ou des fonds productifs d'autrui. Enfin , quoique le produit des impôts, dans la plupart des États modernes , se soit élevé depuis un demi-siècle à des chiffres doubles et triples de ceux qu'il atteignait auparavant, il n'a point suffi pour faire face aux dépenses extraordinaires et non prévues qu'une politique souvent absurde et antinationale a rendues nécessaires. Or, comme la mauvaise répartition des impôts empêchait qu'on ne pût les porter, même temporairement, au chiffre qui eût été nécessaire pour satisfaire à ces besoins nouveaux , il a fallu recourir à l'emprunt , c'est-à-dire à une aggravation moin-