‹ Riche ou pauvre, exposition succincte des causes et des effetsde la distribution actuelle des richesses socialesChapitre 8 sur 86 · EMPLOI DES AGENTS NATURELS · texte numérisé non relu

EMPLOI DES AGENTS NATURELS

Voici ^ en effet, la balance qu'établira le producteur :

CAPITAL NOUVEAU. CAPITAL ANCIEiN.

J) La machine. i) L'approvisionnement des Ira-

2) L'entrelien annuel. vailleurs.

5) Les matières premières. 2) L'instrunïcnt et son entrelien.

5) Les malières premières.

Il faut faire abstraction, de part et d'autre, de l'approvisionnement du nombre d'ouvriers nécessaires pour surveiller et diriger le mouvement de la macbine.

Or, le capital ancien croîtrait en raison directe du nombre des travailleurs employés. S'il est de cent pour un certain nombre, il sera de deux cents pour un nombre double , et ainsi de suite.

Le capital nouveau n'est point soumis à la même loi d'accroissement , car, ce qui , dans la machine, sert àl'application du moteur, ne s'accroît point en masse et en dimensions à proportion du nombre de travailleurs dont elle remplace le travail. Ainsi , quelle que puisse être la supériorité du capital nouveau sur le capital ancien, pour un nombre donné de travailleurs, cette supériorité est de nature à s'évanouir et à se changer en infériorité , à

mesure qu'on augmente le nombre des travailleurs représentés et remplacés par la machine. Substituée à deux travailleurs, elle serait peut-être plus coûteuse; substituée à 4, à 10, à 20 travailleurs , elle deviendra de plus en plus avantageuse, et pourra le devenir à un beaucoup plus haut degré que ne le serait l'introduction d'un nouveau partage des travaux dans la même industrie.

Mais à^quelle condition pourra-t-on obtenir ce résultat favorable et réaliser une épargne? A la condition de disposer d'un capital antérieurement accumulé , suffisant pour établir une machine qui remplace le nombre exigé de travailleurs^ et pour se procurer une quantité de matières premières proportionnée à ce nombre. Ici encore, de même que dans le cas d'une nouvelle subdivision des travaux , l'épargne est attachée à la réalisation préalable d'un capital additionnel. Chaque accumulation de la richesse fournit les moyens d'accélérer l'accumulation ultérieure. La société devient d'autant plus capable de produire des richesses, qu'elle en a déjà produit davantage.

Ou profit réel de la produetion.

Le résultat d'une production achevée peut

souvent être profitable , mais il peut aussi ne

pas l'être. Il est profitable, lorsqu'il fait plus

que remplacer le capital qui a été consommé;

il ne l'est plus s'il remplace justement , ou s'il

50 I>TRODUCTIO?*.

ne remplace pas en entier ce capital. L'excédant que l'on obtient dans le premier cas^ je l'appelle /jro/î/ réel.

Supposons, par exemple, trois industries réunies et travaillant avec un capital commun. La première est une industrie extractive, qui fournit une partie de l'approvisionnement nécessaire à elle-même et aux deux autres, et toute la matière première qu'elles emploient ensemble. La seconde et la troisième sont des industries fabricatives dont l'une fournit le supplément de l'approvisionnement total, et l'autre la totalité de l'instrument employé dans les trois industries.

Si la somme des produits fournis par le travail réuni de tous ces différents producteurs, pendant une année, surpasse le capital consommé, la production pourra être entreprise l'année suivante avec ce nouveau capital supérieur au premier; il y aura un excédant de matières premières, d'approvisionnement et d'instrument, qui formera un capital additionnel, s'il est employé comme capital. C'est cet excédant qui constitue pour la société le profit réel de la production. C'est à l'aide de ce profit seul qu'elle peut accumuler de la ri-

DU PROFIT RÉEL DE LA PRODUCTION. tit

chessCj entretenir un nombre toujours croissant de producteurs, et introduire dans les diverses industries la séparation des travaux et l'usase des machines.

Y a-t-il des industries qui rapportent un profit réel ? C'est demander s'il y a des sociétés qui s'enrichissent, et qui voient à la fois augmenter leur population et les moyens de l'entrenir et de l'occuper. Le fait de l'accumulation des richesses est patent , même chez les peuples qui semblent avoir pris à tâche de paralyser leurs industries productives par des entraves et des restrictions de tout genre. Dès lors il ne peut s'élever aucun doute sur l'existence d'un profit réel comme résultat de certaines productions. Mais quelles industries sont profitables dans ce sens? C'est ce qu'il n'est guère possible de savoir. Aucune industrie ne crée à la fois tous les produits dont se compose le capital qu'elle emploie. Il n'a peut-être même jamais existé d'association semblable à celle que je suppose. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que, parmi les industries qui se fournissent réciproquement les divers éléments de leur capital productif, il en est de profitables , en sorte que le pro-

(luit total excède constamment le capital consommé et donne lieu à l'accroissement progressif des richesses sociales.

Cependant, il faut bien exclure du nombre des industries profitables celles dont les produits ne doivent faiie partie d'aucun capital. Ces industries-là, si elles venaient à être seules exercées, finiraient par consommer tout le capital de la société , sans jamais en rétablir aucune parcelle. Quoiqu'elles puissent être productives de richesses, c'est-à-dire de choses immédiatement utiles à l'homme, elles ne donnent aucun profit réel à la société ; elles ne contribuent point à l'accumulation de la richesse sociale; elles la retardent, au contraire, en absorbant improfitablement une partie du capital qui pourrait être employé avec un profit réel.

Imaginez une industrie dont les produits ne servent de matière première ni d'instrument à aucune autre ;, et ne font point partie de l'approvisionnement des producteurs en général ; cette industrie sera improfitable. Elle le sera seule ou réunies avec d'autres. Tandis (qu'une industrie qui crée un élément quelconque du capital productif, pourra, en se

nu PROFIT RÉEL DE LA PRODUCTION. 55

combinant avec celles qui fournissent le surplus, devenir profitable.

Il y a deux circonstances, très-diverses quant à leur résultat pour le bien-être social, qui peuvent ralentir l'accumulation des richesses , par leur tendance commune à diminuer le profit réel , dans une société où toutes les industries seraient strictement profitables, c'est-à-dire où elles ne travailleraient que pour se fournir réciproquement les éléments de leurs capitaux.

La première de ces circonstances a lieu lorsque l'approvisionnement nécessaire à la production devient plus considérable, lorsqu'il faut;, pour chaque production^ une quantité plus forte de cet élément du capital, qu'il n'en fallait auparavant. Alors une partie des matières premières ou de l'instrument précédemment employés doit être appliquée à l'approvisionnement, pour entretenir le même nombre de producteurs qu'auparavant, et ces producteurs , travaillant avec une quantité moindre de matières premières et d'instru ments, fourniront aussi une quantité moin dre de produits. Dès lors, diminution dv profit réel, c'est-à-dire de l'excédant de la pr: duction sur le capital employé.

La seconde circonstance a lieu lorsque des industries improfitables s'établissent^ ou, ce qui est la même chose , lorsque le nombre de ceux qui consomment sans produire vient à s'augmenter ou à consommer une plus grande quantité de produits , susceptibles ou non de faire partie d'un capital. Dans ce cas il est bien évident que la société perdra cette portion du profit réel qu'elle aurait obtenue par l'emploi profitable des capitaux que les nouvelles industries ont absorbés, ou qui ont été consacrés par les anciennes à des productions improfitables.

Mais riiypothèse que j'ai faite ne se réalise jamais. Dans toute société il existe des industries improfitables , parce qu'il existe des consommateurs qui ne produisent rien. Cela est surtout vrai de nos sociétés européennes, où les productions destinées à satisfaire les fantaisies les plus raffinées de la vanité ou de la sensualité ont reçu un développement si étendu.

Dans cet état de choses , un changement quelconque de la proportion entre fapprovisionnement nécessaire à chaque production , et les autres éléments du capital , pourra être

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