DU PROFIT RÉEL DE LA PRODUCTION
sans influence sur le profit réel ou sur la loi d'accumulation.
En effet, si l'approvisionnement nécessaire augmente, il sera complété en produits des industries improfitables, qui seront consommés par des producteurs et en vue de la production , au lieu de l'être par des non producteurs et en vue de la seule consommation.
Le profit réel des industries qui en fourniraient un sera diminué, sans doute^ mais il y aura des industries, auparavant improfitables, qui deviendront profitables, parce que leurs produits feront partie de l'approvisionnement des producteurs, c'est-à-dire du capital productif de la société. La somme totale des profils réels pourra donc rester la même.
Si, au contraire, l'approvisionnement nécessaire éprouve une diminution, ce qui ne sera plus consommé par les producteurs le sera par les non-producteurs. Les industries qui resteront profitables le deviendront davantage; mais d'autres, qui l'étaient, cesseront de l'être, parce que leurs produits ne feront plus partie de l'approvisionnement des producteurs, ni d'aucun capital.
En d'autres termes, un changement dans la
distribution des richesses^ qui aurait pour effet d'augmenter ou de diminuer l'approvisionnement nécessaire aux producteurs , pourrait n'altérer en aucune façon la tendance progressive de la richesse sociale.
J'ai supposé jusqu'à présent le nombre des producteurs invariable. Si ce nombre venait à s'accroître sans que 1 approvisionnement nécessaire pour les mettre tous en œuvre éprouvât aucune augmentation, chaque industrie pourrait , avec le même approvisionnement qu'auparavant, fournir une plus grande quantité de produits ; pour cela il lui faudrait une quantité additionnelle de matières premières et d'instruments, qui seraient fournis par des industriesjusqu'alorsimprofitables.Il y aurait accroissement du profit réel de deux manières, savoir : par l'augmentation de celui que rapportaient les industries antérieurement profitables, et par l'addition de celui que rapporteraient des industries antérieurement improfitables. Le taux des profits mercantiles s'élèverait, à moins que la somme des rentes foncières ne s'accrût; dans tous les cas l'accumulation de la richesse suivrait une marche plus rapide.
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Si les producteurs additionnels ne sont point employés, ils sont rejetés dans la classe des non-producteurs dont ils augmentent le nombre, et alors tout se passe comme dans l'hypothèse que j'ai examinée plus haut d'une diminution de l'approvisionnement nécessaire.
Une diminution du nombre des producteurs, sans diminution correspondante de Tapprovisionnement nécessaire^ produirait des effets précisément inverses de ceux que je viens de signaler.
Une nation qui consacrerait perpétuellement la totalité de son profit réel à des productions improfitables , ou qui l'échangerait avec une autre nation contre des produits impropres à faire partie d'aucun capital productif, deviendrait, économiquement parlant, stationnaire; c'est-à-dire, elle ne ferait plus de progrès dans la richesse ; elle n'accumulerait pluS;, et n'aurait par conséquent pas les moyens d'entretenir dans le même état de bien-être une population croissante. D'un autre côté, une nation qui accumule constamment, et qui accroît sans cesse la masse de son capital productif, arrive inévitablement
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à un résultat que je puis signaler dès à présent, sauf à l'apprécier plus tard dans ses rapports avec le bien-être social.
Nous avons vu que les deux grands moyens par lesquels une quantité additionnelle de capital est appliquée à la production sont la spécialisation des travaux, et la substitution des agens naturels au travail bumain. L'augmentation du nombre des producteurs en fournit un troisième. Or, l'application de ces trois moyens a pour effet uniforme de diminuer la quantité relative de l'approvisionnement, comparé aux deux autres éléments du capital. Plus la richesse s'accumule, plus la production augmente, plus est petite la fraction du capital productif qui est destinée à l'approvisionnement des producteurs. — Cette proposition , ainsi énoncée, paraît incontestable. Maintenant, si nous supposons que l'approvisionnement soit la ressource unique d'une fraction déterminée de la société , n'est-il pas évident que la part de richesse qui lui échoit sera de plus en plus disproportionnée à celle de l'autre fraction, que l'inégalité entre ces deux parts suivra dans son accroissement la marche progressive de l'accumulation, en d autres