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I. Nonce, 5 novembre

150 LES CONFÉRENCES d' AVIGNON ET DE LYON

n'aurait d'autre but que d'accroître la puissance des Espagnols en Italie et de diminuer celle de la France, et qui savent également que les filons du Pérou ne rendent point aussi abondamment qu'autrefois, puisque le Roi Catholique peine tellement pour avoir de l'argent. Ajoutez qu'il n'est pas si facile de soulever aujourd'hui les princes français catholiques, car il n'y a pas le moindre prétexte; et les hérétiqnes sont tellement abattus qu'ils aiment mieux avoir la tranquilhté que de se jeter dans de nouveaux embarras ^ »

On voit que le gouvernemeut français pouvait montrer de la hardiesse; le témoignage du nonce ne peut être suspect sur ce point. La France paraissait appelée à jouer un rôle important au milieu des complications dans lesquelles se trouvait encore- embarrassée la politique européenne : l'affermissement de l'indépendance de la Hollande, la liberté de l'Italie, l'équilibre des forces en Allemagne, toutes ces graves questions sollicitaient en même temps que la vigilance l'éneroie de Louis XIII. Aussi une démonstration grave se préparait-elle de sa part : le roi de France attendait le duc de Savoie pour poser les bases d'une alliance franco-italienne.

Louis XIII, après avoir accordé son pardon roj^l au duc de Rohan, à M. de Calonges et aux habitants de Montpellier,, était entré solennellement dans la ville, où il licencia une partie de ses troupes. Son séjour y fut de courte durée (du 20 au 27 octobre); il partit bientôt pour Arles, d'où il commença à travers la Provence un voyage qui donna à Charles-Emmanuel le temps d'arriver. Dans cette excursion, qui dura environ trois semaines, le roi, partageant son temps entre la chasse, qui le menait d'une ville à l'autre, les dévotions et les réceptions solennelles, alla d'Arles à Aix (3 à 5 novembre), puis à Saint-Maximin et à la grotte de la Madeleine, à la Sainte-Baulme (6 novembre) et de

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