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LA LIGUE DE PARIS. — LA DÉCHÉANCE DU PALATIN

Rentrée de Louis XIII à Paris. — Disgrâce de Schomherg. — Apogée de la puissance des Brûlarts de Sillery. — Affaire de la préséance des cardinaux sur le chancelier au conseil. — Affaires de la Valteline. — Les Espagnols désignent le pape comme dépositaire éventuel des forts de la Valteline. — Ligue de Paris entre la France, Venise et la Savoie. — Protestation de l'Espagne et du Saint-Siège. — Affaires d'Allemagne. — Diète convoquée à Ratisbonne par l'empereur Ferdinand II, pour régler la situation de l'électeur palatin, dépouillé de ses Etats. — Les Espagnols s'opposent au transfert de rélectorat au duc de Bavière. — La France appuie cette solution. — Maximilien de Bavière proclamé électeur. — Situation de la France en Europe au commencement de l'année 1623.

(^Décembre ih-zi. — Mars 1623.)

Louis XIII partit de Lyon (20 décembre), après avoir reçu une députation des habitants de La Rochelle, qui, à la suite d'une victoire navale remportée sur eux par le duc de Guise (27 octobre), s'étaient enfin décidés à donner leur adhésion au traité de Montpellier. L'assemblée de La Rochelle se sépara; mais le fort Louis, élevé contre la place par le comte de Soissons, subsista malgré les protestations des députés. Les deux reines suivirent le roi à peu d'intervalle, la reine épouse d'abord et la reine mère après Noël.

La famille royale se retrouva réunie à Fontainebleau, où Louis XIII s'était arrêté pour la chasse. Le 10 janvier 1623, le roi fit sa rentrée solennelle dans la capitale par la porte Saint-Antoine^ et, après une station à Notre-Dame, arriva enfin au Louvre, après neuf mois d'absence.

L'absence du prince de Condé aida singulièrement, au commencement de cette année , à l'agrandissement de Puisieux et du chancelier ; leur empire parut de plus en plus grand sur l'esprit du roi. « Ils ont enfin découvert au monde leurs desseins, écrit le nonce; ils veulent établir si fortement leur autorité que personne ne soit capable de la faire crouler ou de la bouter à terre '. » A cet effet ils s'efforcèrent de ne maintenir dans le conseil aucune personne qui fût ou afli'ectionnée au prince de Condé ou désireuse de recommencer contre les huguenots une lutte à laquelle ils ne se sentaient ni aptes ni disposés. De là plusieurs incidents plus ou moins graves qui se produisirent presque aussitôt après le retour du roi. On considéra comme une grosse affaire de cour les réclamations élevées parle cardinal de La Rochefoucault pour avoir la préséance au conseil sur le connétable et sur le chancelier. Le cardinal de Retz avait renoncé à cette prétention; mais, dès ce moment, Richelieu travaillait pour créer dans la personne d'un autre un précédent qui tournerait un jour à son profit. Le nonce prétend que les Brûlarts suscitèrent la question de préséance, afin d'écarter du conseil le cardinal de la Rochefoucault; ils auraient cherché à persuader au roi, « plus porté, dit-il, à la paix et aux plaisirs de la chasse qu'à une nouvelle prise d'armes, » que le cardinal chercherait tous les moyens de renouveler la guerre contre les protestants. La question resta en suspens; mais les ministres réussirent plus complètement dans leurs desseins contre un autre de leurs rivaux. Ils manœuvrèrent si bien que, au moment où le comte de Schomberg se croyait au comble

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