‹ RichelieuChapitre 115 sur 196 · I. Nonce, 21 janvier · texte numérisé non relu

I. Nonce, 21 janvier

de la faveur ', il reçut l'ordre de ne plus paraître à la cour; l'ambassadeur vénitien nous donne les détails suivants sur cette intrigue de palais. « Le comte de Schomberg, dit-il, a déjà reçu les premiers coups, pour être du parti hostile à Puisieux et à la reine mère ; le roi lui a fait commander par Tronçon, secrétaire du cabinet, avec un billet de sa propre main, de se retirer à Nanteuil, sa villa de plaisance, et d'y demeurer jusqu'à nouvel ordre : chute de conséquence, parce que c'était un homme de beaucoup de crédit. Le roi a mis à exécution cette sienne volonté avec le plus grand secret; la chose a été délibérée entre lui, la reine, le chancelier et Puisieux -. Jusqu'au dernier moment, suivant son habitude, il n'a cessé de combler Schomberg de caresses et de marques de confiance ^. Celui-ci a essayé de voir Sa Majesté après avoir reçu l'ordre en question; il n'en a pas eu la permission; et le roi a déclaré qu'il ne lui voulait pas d'autre mal que de le faire rester à Nanteuil, ajoutant que les serviteurs du prince de Condé ne pouvaient être les siens, propos évidemment destiné à être porté aux oreilles du prince lui-même '. »

Les causes vraies ou supposées de cette disgrâce sont exposées dans une autre dépêche du même ambassadeur. « Le roi, dit-il, a fulminé contre Schomberg des paroles où il n'y avait plus aucune douceur, il a dit qu'il se repentait bien de n'avoir pas, dès le commencement, pris une déci-

1 . Ces mots nous sont expliqués par les quelques pages que Bassompierre (t. III, p. 164 et sqq.) consacre à l'histoire de la disgrâce de Schomberg. Suivant le maréchal, c'est lui-même qui aurait retardé la chute du surintendant des finances, arrêtée sous Montpellier, en s'entremettant auprès du roi et en se portant garant que Schomberg se justifierait, preuves en mains, des accusations de malversations portées contre lui. Cette justification, toujours d'après Bassompierre, eut lieu avant la rentrée du roi à Paris, et le maréchal remit bien ensemble Puisieux et Schomberg. C'est ce qui fait dire à notre ambassadeur vénitien que le surintendant se croyait, à ce moment, au comble de la faveur.

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