‹ RichelieuChapitre 118 sur 196 · I. Anibass. vénit., n" io8, 27 janvier i6z · texte numérisé non relu

I. Anibass. vénit., n" io8, 27 janvier i6z

i. Richelieu est presque aussi vif à ce propos dans son langage que la France mourante, où on lit p. 99 : « Bayard. Cestuy-ci crioit incessamment : les seaux, les seaux, lesquels ayant obtenus mathoisement, on le vid aussitost sur pied...; il a à présent deux seaux à ses costés, Tun plein d'eau béniste, de laquelle il donne copieusement à un chacun, et l'autre remply de piastre raffiné, avec lequel il a accoustumé de radouber les choses publiques, vous asseurant qu'il est maintenant si gaillard, qu'il a bien osé entreprendre d'aller devant tous les cardinaux. — F. Je sçay desia de qui vous me parlez; ce n'est qu'un bailleur de billevesées qui brusle et ard d'avarice insatiable... Hé! que je cognois le personnage! il escoute paisiblement, respond doucement, prend hardiment et donne du galimatias largement. » Le pamphlet intitulé : Le voyage de Fontainebleau faict par monsieur Bautru et Desmarets, Dialogue MDCXXIII, est non moins virulent que la France ardente contre les Brûlarts : « Je ne connais plus, dit l'un des interlocuteurs que le père, le fils et le saint-esprit. Le saint-esprit c'est alors la femme, dit un autre. » On attribuait en eftet,à la seconde femme de Puisieux, Charlotte d'Étampes, une grande influence sur son mari. Quant au chancelier, voici comment il est traité dans ce factum : Ce Nicolas est un merveilleux homme ; il semble les chats qui tombent toujours sur leurs pieds. I)

lyS LE GOUVERNEMEÎ^T DU CHANCELIER BRÛLART

affaires étrangères), le connétable, qui dépend du bon vouloir de BuUion leur cousin, et les finances parce que le marquis de La Vieuville doit en rapporter l'état tous les jours au conseil de Direction où présidera le chancelier. Ils ne dépouilleront pas le roi de ses ressources, ni de ses gouvernements, comme faisaient les autres, parce qu ils sont déjà très riches et qu'ils n'auront qu'à suivre les mêmes errements que par le passé, en prenant de l'or et de l'argent à tous ceux qui ont besoin d'eux ' ; peut-être prétendront-ils obtenir comme suprême récompense qu'une de leurs terres soit élevée en duché -pairie de France; mais le principal objet est d'écarter des affaires quiconque n'est pas confident de leur maison -. »

Pour se maintenir dans cette situation, les Brûlarts continuèrent à témoigner à la reine mère la plus grande déférence et cherchèrent à gagner la maison de Guise. En apparence, tout dépendait de Marie de Médicis ; car ils faisaient en sorte que les résolutions dernières sur toutes choses fussent prises dans ses appartements. Quant à la maison de Guise, ils la flattaient de l'espérance de marier avec le duc d'Anjou, frère du roi, la duchesse de Montpensier, fille de la veuve du dernier prince de cette maison, remariée au duc de Guise.

Le nonce voit de graves inconvénients à cet accord, qui, s'il doit être solide et durable, va exercer sur la direction des affaires une action toute-puissante. Il y voit des dangers de deux sortes, pour l'État et pour la refigion : « Pour la religion, dit-il, parce qu'on va remettre sur pied les vieilles maximes d'État de Henri IV, lesquelles me donneront bien

1. C'est là une accusation qui paraît malheureusement trop fondée, comme on a pu le voir déjà. La France ardente les accuse d'avoir 400 000 livres de rente, alors qu'ils n'auraient jamais eu que 4000 livres par an, du revenu de leur patrimoine. Les embellissements fastueux de leur maison de Sillery, la dérivation de la Vesle dans leur propriété, leur sont vivement reprochés.

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