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Il était, comme on le sait, son beau-frère

rite. A cet effet, le comte de Soissons s'est uni avec le prince de Condé ; mais il se conduira toujours suivant les intérêts de la reine. De cette troisième combinaison sont secrètement Béthune et Cœuvres en particulier; ceux-là n'ont d'autres aspirations que d'être du gouvernement. » Ainsi, la reine mère et le cardinal^ sans se compromettre, et en mettant des tiers en avant, travaillaient habilement pour leur propre compte; il y a, par suite, une véritable perfidie dans l'accusation que le cardinal porte contre les Brûlarts, en disant : « Monsieur le Prince dit à M. de Bellegarde que le père et le fils l'avaient sollicité instamment de revenir, de crainte que la reine ne prît pied dans les affaires. » Il nous semble évident que le cardinal jouait le même jeUj mais dans l'intérêt précisément contraire \

Au milieu de ces luttes d'ambition, les fêtes ne discontinuaient pas à la cour. A la fin d'un ballet, le roi interpella le duc de Montmorency, en lui déclarant que ses menées le mécontentaient. Le duc protesta vivement, en affirmant qu'il aimait mieux vivre hors de France que de rester sous le coup des soupçons du roi. Il menaça de son épée les détracteurs; et, pensant que le duc de Chevreuse était l'auteur des indiscrétions dont il se trouvait victime, il voulait lui demander raison. L'éclat fait par le roi coupa un moment court aux cabales "^.

Une diversion peu attendue vint d'ailleurs détourner les esprits du jeu de ces intrigues. Il s'agit de la célèbre équipée

1. Le passage suivant de la France mourante (p. 29) caractérise d'une façon piquante l'attitude équivoque et circonspecte du cardinal et de la reine mère : « L'Hôpital. Que dites-vous des élixirs et des remèdes du cardinal de Richelieu t — F. Il serait bien capable d'en donner de bons, s'il vouloit, et principalement à ceste heure que son escarlatte l'a mis à l'abry des atteintes de l'envie des favorits : /"nais il est si accommodant à la complaisance du siècle, qu'il n'ose parler, non plus que la reine mère. Or, pour me remettre sur pied, il me faut des gens qui publient hautement mon mal et qui n'espargnent rien de ce qu'ils jugeront nécessaire pour me garantir. »

2, Voir, pour tous les détails qui précèdent : Nonce, 21 février 1623. — Ambass. vénit., n" 120, 20 février ib23.

dn prince de Galles à travers la France et l'Espagne, pour aller solliciter en personne la main de l'infante. Nous trouvons quelques détails à glaner sur ce fait si connu dans les dépêches de nos ambassadeurs. Le nonce, qui s'étend beaucoup sur la singularité et la hardiesse de cette entreprise, écrit que la résolution en a été arrêtée aussitôt après l'arrivée en Angleterre de l'ambassadeur extraordinaire de Flandre^. On donna l'ordre à tous les ports de ne laisser passer personne sans une permission expresse du roi, et ce n'est que lorsque le prince de Galles fut sur la route de Paris que la défense fut levée. De la sorte, les ambassadeurs de France et d'Espagne furent mis dans l'impossibilité de prévenir leurs gouvernements de ce départ avant l'arrivée même du prince ". « Le prince de Galles, écrit l'ambassadeur vénitien, est resté deux jours dans cette ville, se promenant partout, dans le Louvre même, à voir le roi au dîner, la reine au ballet, inconnu de tous et logé dans une hôtellerie ^ » L'illustre voyageur et son compagnon le duc de Buckingham furent guidés par le sieur de Préaux, qui, sans les connaître, les jugea sur leur bonne mine des étrangers de haute naissance; le roi d'Angleterre envoya quelques jours après deux haquenées à Tobligeant courtisan, pour le remercier de sa bonne grâce '. Dans le ballet " qui fut dansé sous les yeux du prince de Galles en l'honneur de la reine mère, le prince put entendre la jeune reine dire à la mère du roi, qui représentait Junon, ces mauvais vers de Boisrobert, qui expri-

1. Les Provinces-lhiies négociaient à ce moment pour le renouvellement de la trêve qui assurait leur indépendance. Il est probable que la mission de cet ambassadeur se rapportait à ces pourparlers, et que le prince de Galles avait, entre autres projets, à faire réussir la suspension des hostilités avec la Hollande.

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