I. Ambass. florent., inserto du 6 mai
rosité et de sa bonté naturelle; mais la fatalité veut qu'elle ait toujours quelque mauvais instrument autour d'elle... Je veillerai attentivement, sachant quel empire exerce sur la reine l'esprit du cardinal et connaissant surtout l'étroite union qui, pour des raisons politiques, existe entre elle et Puisieux '. »
Nous verrons plus tard quelle conclusion fut donnée à l'affaire dont il est question dans les deux dépèches qu'on vient de lire. Nous retiendrons pour le moment de ces documents ce fait qu'un intérêt d'argent considérable était le véritable lien qui rattachait la reine mère au ministre; dirigeant les affaires étrangères^ il pouvait avancer ou retarder à son gré l'issue des négociations financières de Richelieu -. La reine une fois satisfaite sur ce point, combien de temps son union avec Puisieux durera-t-elle ? Notons aussi ce qui est dit de la tyrannie de Richelieu et de l'antipathie que Louis XIII avait pour lui; car ce dernier point a été contesté. Il ne faut point assurément exagérer l'importance de propos de femmes de chambre et d'apothicaire; mais, en admettant qu'ils aient grossi les choses au gré de leurs passions, on reconnaîtra que ce rapport du résident ne permet pas de croire avec M. Marius Topin à « la confiance affectueuse inspirée dès lors par Richelieu à Louis XIII » et encore moins à « la volonté nettement exprimée, nullement violentée du roi » pour faire du cardinal son ministre.
Ce qui est incontestable, c'est que les compétitions de la cour étaient insupportables au roi, et qu'il cherchait à s'y montrer le plus rarement possible. S'il y paraissait parfois, c'était pour y remettre l'ordre par quelque coup d'autorité soudain. « Le roi, dit l'ambassadeur vénitien, continue à Fontainebleau et dans les lieux circonvoisins son plaisir de la chasse. Au palais, il y a eu quelques éclats de jalousie