Ambass. florent., inserio du 7 m i
2. Il y a dans le recueil d'Aubéry de nombi'euses dépêches relatives à cette affaire.
entre les princes qui ont de belles femmes, ce qui fait que le roi a défendu par la voix de la reine mère qu'aucun homme n'entre dans le cabinet de la reine. Par là se trouve renouvelé l'ancien usage qui voulait que, tant que les reines ont leur mari en vie, elles ne tiennent pas de cabinet ' . »
On put croire un instant que des chasses royales allait sortir un nouveau favori. M. deToiras, capitaine des gardes, était très lié avec le prince de Condé et par conséquent en mauvais termes avec les Brûlarts. « Il est fort aimé, dit le nonce, de tous ces gentilshommes de condition médiocre qui suivent famihèrement Sa Majesté. » Ce compagnon de chasse avait peut-être l'ambition de Luynes sans en avoir les talents; ayant un jour cru remarquer en Louis XIII plus de froideur que d'habitude et ayant de plus reçu Tordre de ne plus se trouver à des conseils secrets où il était admis auparavant, il attribua cette défaveur aux mauvais offices de Puisieux, fit un éclat auprès du roi et se déclara publiquement l'ennemi du ministre. « On croit généralement, dit le nonce, que, étant fort avisé, il n'aurait point passé aussi avant sans connaître les intentions de Sa Majesté. » Le roi d'ailleurs se réconcilia complètement avec lui. La reine mère, ne voulant point prendre partie dans cette affaire, pour les raisons que l'on sait, Toiras se garda d'envenimer la situation; mais il est évident qu'il manœuvra contre Puisieux dans ses entretiens particuliers avec Louis XIII. « Le roi chasse toujours, dit encore le nonce dans la même dépêche, et ne revient que lorsqu'il est appelé pour le conseil. Je ne sais s'il est bien prudent de la part de Puisieux de supporter cela; car, ne suivant pas Sa Majesté, il laisse le champ libre à ses ennemis pour s'emparer de l'esprit du roi; et en effet, dans ces petits voyages, M. de Toiras en est entièrement le maître; et, secondé par le duc de Vendôme, par le duc de Bellegarde et presque par tous les autres princes, sauf
I. Ambass. vénit., 12 mai 1623, dépêche écrite par le secrétaire, l'ambassadeur étant malade.
par ceux de la maison de Guise, il pourrait bien jouer un mauvais tour à Puisieux '. » Le Parlement semblait aussi conspirer à la ruine des ministres en présentant des remontrances contre un édit de finances du 28 mai '^. Pour faire la part du feu, Puisieux, voulant se sauver lui-même, imagina de faire déposer les sceaux à son père; le vieux chancelier s'y refusa. « On voit le chancelier se tenir bien mélancolique, » écrit le nonce ^
La reine mère semblait à ce moment tout occupée de la construction de son palais à Paris (le Luxembourg), Le nonce donne à ce sujet une date et un détail curieux pour l'histoire des arts : « La reine mère, dit-il, est allée le 12 à Paris pour avoir quelques tableaux qui lui ont été envoyés de Flandre par le peintre Rubens et qu'elle doit mettre dans les galeries et dans les salles de son palais '*. Elle est revenue le 18, et il paraît que son séjour aux bains de Pougues est abandonné ou différé. »
Le voyage de la reine mère à Paris n'était pas aussi exempt de préoccupations politiques qu'on pourrait le croire d'après cette dépêche. Voici en effet une singulière coïncidence qui nous est signalée par l'ambassadeur vénitien : « La princesse de Condé, dit-il^ vient à Paris pour négocier un accommodement avec la reine mère. La comtesse et le comte de Soissons y travaillent, et il est certain que le prince de Condé ne cherchera pas à rentrer en grâce avec l'appui de Puisieux. Il se tournera d'un autre côté ^ » Ce voyage simultané de la reine mère et de la princesse de Condé à Paris réveilla les défiances du roi, et il est certain que si Marie de Médicis ne donna pas suite à son idée d'aller à Pougues, c'est parce que le roi l'aurait vue avec mécon-