Ambass. vénit., n" 154, 19 juin 1G
tentement choisir une résidence aussi rapprochée de celle du prince de Condé lui-même. Dans une dépêche ultérieure, l'ambassadeur vénitien expose que la reine mère se remit bien avec Puisieux, à qui elle tenait rigueur pour avoir donné le gouvernement de Saumur à un exempt des gardes au lieu de le rattacher au gouvernement général de l'Anjou, possédé par Marie de Médicis ^ Ce rapprochement avait évidemment pour cause Timpossibilité de s'unir avec le prince de Condé.
Dans cette cour divisée et ennuyée survint à ce moment une distraction. Le marquis de la Inojosa, envoyé comme ambassadeur extraordinaire en Angleterre par le roi d'Espagne, arriva à Fontainebleau ; il fut logé dans le palais, et des banquets eurent lieu en son honneur, matin et soir. Il avait une belle escorte de cavaliers^ richement habillés, couverts de chaînes d'or et portant d'immenses panaches. Le soir du 19, on alla à la comédie; ce fut un triomphe pour un personnage comique, le « capitaine espagnol», exactement vêtu comme les visiteurs du roi et dont le rôle ne dut plaire qu'à moitié à ceux-ci. A son départ, le marquis de la Inojosa fit des largesses et laissa une grande renommée de magnificence; mais, comme lui et ses gens étaient tous montés sur des mules espagnoles, ils partirent au miHeu des risées des laquais et de la populace 2. L'ambassadeur partit assez morfondu pour une autre raison, car il était venu demander le passage par la France, pour aller en Flandre, de 1500 Irlandais arrivés au Havre-de-Grcàce, et la demande fut repoussée '^
Quelques jours après, la cour partit pour Paris. Presque aussitôt arriva à la jeune reine un accident qui rappelle celui