‹ RichelieuChapitre 141 sur 196 · Nonce, 23 juin · texte numérisé non relu

Nonce, 23 juin

3. Le marquis de la Inojosa allait en Angleterre porter les articles secrets convenus pour le mariage du prince de Galles et de l'infante et relatifs aux facilités qui devaient être données à la future reine et aux personnes de sa suite pour l'exercice du culte catholique.

dont elle avait été déjà victime, au commencement de l'année 1622. « Cette nuit, dit l'ambassadeur vénitien, on dit que la reine est tombée presque en délire par terre. Du coup elle s'est blessée à la main, au nez et au front, ce qui fait qu'à minuit on l'a saignée. Il paraît qu'elle n'a point d'autre mal que les contusions qui proviennent de sa chute. Comment cet accident s'est-il produit? On ne le dit pas, et, comme on en parle en secret, il y a là-dessous quelque mystère qui se découvrira bientôt \ » La reine resta quelque temps malade, pendant que la peste sévissait autour d'elle à Paris d'une manière si cruelle que l'on finit par ne plus enlever les morts. Il est assez difficile de déterminer le caractère de son mal; la lacune du Journal d'Héroard est ici particulièrement regrettable. Voici toutefois ce qu'en dit quelques jours après l'accident l'ambassadeur vénitien : « La reine continue à être indisposée. Elle souffre de maux de tête et de maux de cœur ; on parle de grossesse, mais la vérité est que les m.édecins craignent que ce ne soit un accès de mal caduc, et l'on a donné à cet accident le nom de convulsion,, délire, vertige, grossesse, pour cacher à la reine et au roi la nature du mal ^ »

Sans avoir la prétention d'expliquer la maladie de la reine, nous serions portés à croire qu'Anne d'Autriche eut tout simplement des attaques de nerfs. Les contrariétés, on le sait, n'étaient pas épargnées à la pauvre reine; Richelieu accuse formellement Puisieux d'avoir entretenu dans l'âme de Louis XIII les défiances et les jalousies du roi vis-à-vis de sa femme. Cette imputation n'est confirmée ni contredite par aucun de nos documents; et, comme après tout nous ne pouvons saisir quel intérêt eût poussé Puisieux à persécuter Anne d'Autriche, nous croyons que Louis XIII cédait à un sentiment tout personnel, à cette mauvaise humeur dont il se départait si rarement vis-à-vis de sa femme

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