Ambass. vénit., n» 161, 10 juillet
et dont le secret reste presque impénétrable. Il s'était en effet obstinément refusé à lever cette prohibition qui, en écartant d'elle les seigneurs de la cour, la tenait dans un état de suspicion humiliant.
Des intrigues et des compétitions qui touchaient de fort près à son service personnel contribuaient encore à la désolation de la jeune reine. « En France, dit le nonce, tous les grands événements, toutes les intrigues d'importance, dépendent le plus souvent des femmes ^ » La maison de Guise et la maison de Boarbon avaient en effet recommencé leurs rivalités sur des questions d'étiquette et d'honneurs à propos des femmes. Des scènes avaient eu Ueu avant le départ de Fontainebleau : le matin du jour de la Fête-Dieu, à Paris, il y avait eu dispute de préséance entre la famille du duc de Nemours et celle du duc de Nevers ; on en était presque venu aux mains. Le même jour, à Fontainebleau, quelques mots vifs avaient été échangés pour la même cause entre la duchesse de Chevreuse et la duchesse de Longueville. Le comte de Soissons avait pris cette dernière, qui était sa sœur, à son bras, et l'avait fait passer de force devant la femme du prince de Joinville ".
Les querelles se renouvelèrent à Paris à propos de la charge de surintendante de la maison de la reine. La veuve du connétable de Montmorency avait obtenu de la reine mère cette charge, qui lui fut enlevée sans raison par le connétable de Luynes pour en honorer sa propre femme. On sait qu'après la mort du duc de Luynes on résolut de reprendre cette charge à sa veuve, comme étant d'un âge trop vert pour une fonction aussi grave. Cette résolution lui fut signifiée; mais quand elle eut épousé en secondes noces le prince de Joinville, duc de Chevreuse, la puissance de son nouvel époux empêcha l'exécution de la décision prise contre elle. La compétition s'étant renouvelée entre les deux