‹ RichelieuChapitre 149 sur 196 · Ambass. vénit., n · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., n

2. Avis du nonce. Richelieu, qui affirme qu'on n'avait fait venir la reine mère à Saint-Germain que pour se décharger sur elle de ce jugement, la défend longuement d'y avoir eu la moindre part.

3. Ambass. vénit., n» ig3 : « Il quale, nelle sue intraprese e violente et ostinatissimo. »

4. Il était convenu que, sur les deux cent mille écus, cent mille seraient payés comptant, et les autres cent mille pris sur les créances de la couronne de France vis-à-vis du grand-duc.

230 JOURNAL DES DERNIERS MOIS DE l'aNNÉE 1623

beaux tableaux pour orner les galeries du palais qu'elle a intitulé palais des Médicis en lettres d'or sur un marbre noir. Elle voudrait qu'ils fussent de la main de Bassignano, ou de quelque autre peintre fameux; pour le sujet, elle n'impose rien; il lui suffirait que ce fussent des tableaux estimés, ni petits ni trop grands. Le marquis Marc-Antonio Lumagna fera tenir les cent mille écus à son frère Giovanni Andréa, qui les remettra à la reine et en recevra quittance. La reine demande au grand-duc une déclaration d'après laquelle, sur chaque remboursement fait par le roi au grand-duc, la reine prélèvera une moitié jusqu'à concurrence des cent mille écus qui lui restent dus. Elle désire en outre que Leurs Altesse déclarent que le fisc n'a aucun droit sur ce qui reste de l'héritage revenant au sieur Arrigo Concini de l'héritage de ses père et mère, quelles qu'aient été les sentences portées contre eux. La conclusion de cette affaire a mis la reine dans un état de satisfaction extraordinaire, et le cardinal de Richelieu, qui suit à belles jambes la volonté et les inclinations de la reine, s'est déclaré le plus obligé serviteur de la maison dont un membre l'a élevé au cardinalat. La reine a promis de faire tous ses efforts pour obtenir le remboursement des créances du grand-duc '. »

I. Anibass. Horent. — Nous donnons à titre de curiosité la quittance de la reine mère : « Nous, Marie, royne de France et de Navarre, mère du roy, reconnoissons et confessons que notre neveu le grandduc de Toscane nous a satisfaite de la somme de 200 000 écus de monnaye de Florance cy devant mise sur le Mont-de-Piété , audit lieu, sous le nom de la deft'uncte M"'^ d'Ancre, laquelle somme de 200 000 escus et intérests d'icelle le roy notre très honoré sieur et fils a recogneu et déclaré nous appartenir par ses lettres de déclaration données à Lyon le i3 décembre 1622. De laquelle somme nostre dit neveu nous a fait payer contantz 100 000 escus, et a consenty que nous touchassions les autres 100 000 concurremment et par moitié avec lui jusques à notre parfait payement sur les premières assignations qui luy seront données par le roy notre dit sieur et tils pour le remboursement de ce qui luy est deu, ainsy qu'il est porté par la déclaration que notre dit neveu nous a baillée contenant son consentement pour ce regard. De laquelle somme de 200 000 escus partant nous nous tenons pour contente et acquittons notre dit neveu le grand-duc, auquel, pour la bone affection que

JOURNAL DES DERNIERS MOIS DE l'aNNÉE 1623 23I

20 novembre. — « Une révolte a éclaté à Rouen, parce que l'on voulait ériger en offices vénaux la police sur l'emballage des marchandises et la vente des huîtres. Le Parlement en robes rouges a été hué; trois séditieux ont été pendus; des soulèvements semblables ont eu lieu à Lyon, à Tours, en Poitou, en Bretagne, en Guyenne, pour les mêmes raisons '.

u Le roi a éloigné de la cour le comte de Moret, son frère -, jeune homme d'un noble caractère, d'un grand esprit et très intime avec M. Gaston, frère de Sa Majesté. Le roi l'a envoyé séjourner à La Flèche, en Anjou, où on le fera instruire dans un fameux collège de Jésuites. Les motifs donnés sont que Moret se laissait aller, en la compagnie de Monsieur, à l'amour des dames, qu'il cherchait à se mettre en liberté et qu'il parlait de Sa Majesté avec trop de liberté. Le colonel d'Ornano, gouverneur de Monsieur, a fait savoir à Sa Majesté que cette intimité était pernicieuse pour Son Altesse. Le roi, après avoir admonesté Moret, a pris la résolution de l'éloigner. Monsieur en est fort irrité et fait connaître qu'il ne peut plus souifrir son gouverneur. Nous apprendrons peut-être du nouveau sur ce sujet.

« Le comte de Moret est revenu très promptement en grâce auprès de Sa Majesté; car on a découvert une inven-

noLis lui portons, nous avons remis et quitté les intéretz qui nous pouvaient estre deus des dictz 200 000 escus, pour tesmoignage de quoy nous avons signé cette présente quitance de notre propre main. Faict à Paris, etc. » {Copia di ricenita délia Regina madré del denaro délia Concini. Archiv. medic. Filia 462c).) L'auteur du Spoglio (sommaire du contenu des archives) déclare qu'il n'y a aucune trace de remboursements faits par le roi de France au grandduc, à la suite de cette convention.

1. Cf. Richel., Mchn., p. 283 : « Après le mécontentement des Guisards pour l'éloignement de M'"" de Chevreuse, et celui du comte de Soissons pour les dégoûts donnés en son voyage, et la sédition que le peuple excita à Rouen, les ministres, voyant un universel mécontentement, en furent étonnés. » Voir, pour l'affaire de M"" de Chevreuse et de M'"= de Montmorency, Bassomp., t. III, page 182, et F'ontenay-Mareuil, Mém., p. 176, tous deux moins complets sur ce point que le nonce.

2. Bâtard de Henri IV et de M"' de Bueil, faite comtesse de Moret.

232 JOURNAL DES DERNIERS MOIS DE l'aNNÉE 1623

tion diabolique à son préjudice. Son gouverneur, frère d'un Jésuite, et gouverné par les Jésuites, ayant pour objet de gouverner ce prince et ses rentes suivant son bon plaisir, a, de longue main, cherché les moyens de le mettre en désaccord avec sa mère et de l'éloigner d'elle; ce plan n'ayant pas réussi^ le gouverneur a essayé , avec les mêmes fins intéressées, de le discréditer auprès du roi, lequel, persuadé par le Père Séguiran qu'il ne pouvait, en sûreté de conscience, laisser ce jeune homme auprès de son frère, lui ordonna d'aller à La Flèche. Mais, ces abominables impostures étant découvertes, le roi a chassé le gouverneur, consolé la mère, gardé le fils, et, bien que tout cela ait provoqué le blâme et la haine contre cette Société, ils ont encore pu introduire comme nouveau gouverneur le frère d'un Jésuite \ n

8 décembre. — « M"^ de Soissons est morte de la poitrine; la cour prend le deuil; la charge de dame d'honneur de la reine a été enlevée à M™" de Montmorency et donnée à M"^ de Lannoy. L'intérêt de Toiras et celui de M""^ de Puisieux se sont trouvés d'accord dans cette affaire.

« Le roi a donné satisfiiction au prince de Joinville en lui accordant une charge de premier gentilhomme de la chambre, qui vaut 100 000 écus; sa femme, après être restée très tard dans la chambre de la reine, a accouché d'une fille.

« Le duc d'Épernon est arrivé à la cour avec de nombreux gentilshommes. On dit qu'il pourrait bien avoir la charge de connétable après la mort du présent titulaire.

ce Le duc de Guise est mécontent de n'avoir pas eu le généralat des galères.

« On attend à la cour la princesse de Condé; les ducs de Chaulnes et de Luxembourg sont arrivés bien accompagnés. Le roi leur a iait bon accueil -. »

1 5 déa'tnbre. — « Quelle tournure vont prendre les affaires de ce royaume ? On ne saurait le dire avec certitude, tant

Page 1