‹ RichelieuChapitre 150 sur 196 · Ambass. vtinit., n" iqy · texte numérisé non relu

Ambass. vtinit., n" iqy

2. Avis du nonce du 8 octobre. La cour était de retour à Paris.

JOURNAL DES DERNIERS MOIS DE l'aNNÉE 1623 233

sont grandes les dispositions à embrouiller encore les choses.

« Entre le marquis de La Vieuville, qui paraît le plus puissant en crédit auprès du roi, et la maison du chancelier, •continuent les défiances mutuelles ou plutôt s'accroissent les mauvais offices, et chacun cherche en cachette à abattre son compagnon.

« Les deux ministres sont grandement combattus, et la Vieuville est détesté pour Tavarice avec laquelle il administre les finances; chacun se plaint d'être sans pension, de ne pas être payé; c'est une clameur universelle de la part des postulants.

« Mme la princesse de Condé est arrivée à la cour en prétextant ses affaires ec son désir de raccommoder la maison de Montmorency avec celle de Chevreuse; mais c'est en réalité pour tâcher de faire accepter le retour du prince, son mari, avec toute satisfaction pour la reine mère et pour les ministres; elle dit qu'il sera toujours prêt à revenir dès que le roi lui aura fait savoir que tel est son bon plaisir. En somme, il me semble que tout est conjuré contre le chancelier; que le cardinal de Richelieu, c'est-à-dire la reine mère, les princes du sang, les princes et seigneurs en grand nombre, Epernon lui-même, bien qu'il fasse le médiateur, sont d'accord pour vouloir l'abaissement de l'autorité du père et du fils. Une personne de haute qualité affirme qu'on verra du nouveau dans quelques semaines. Il n'est pas certain que ces changements soient profitables à l'intérêt public ; ils ne peuvent que guérir le mal de quelques particuliers de ce royaume, qui, exclus des affaires, des profits, de la confiance du roi, ne peuvent souffrir de voir cette monarchie divisée entre trois roitelets, le chancelier pour les affaires intérieures, Puisieux pour les affiires étrangères, La ^'ieuville pour l'or. — On excite le roi à la guerre contre les huguenots; les Jésuites y poussent; les ecclésiastiques la ■demandent \ »

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