I. Ambass. vénit., n" 2o
234 JOURNAL DES DERNIERS MOIS DE l'aNNÉE 1623
22 décembre. — « Il y a moins d'apparence en faveur du retour du prince de Condé, bien que de tous côtés il y ait des brigues pour changer la situation. Le roi, comme plusieurs fois déjà, a déclaré que le moment n'était pas venu, et il a dit à la reine mère qu'il avait beaucoup de déplaisir de ces menées, auxquelles ne consent la bonne princesse que dans l'intérêt du cardinal de Richelieu, qui ne peut souffrir plus longtemps de n'être pas dans le gouvernement. On dit encore que le cardinal manœuvre pour avoir les sceaux, au moins en dépôt, en attendant que Sa Majesté fasse un garde des sceaux; son objet est de s'introduire dans le conseil, dont il ne sortirait jamais plus. Mais ce projet ne paraît pas être d'une réussite facile ; chacun machine '. «
29 décembre. — « L'hostilité et les mauvais offices réciproques du chancelier et du marquis de La Vieuville sont devenus manifestes, et les choses se précipitent au point qu'il faut que l'un des deux partis tombe. Le roi incline dans un sens défavorable au chancelier; il écoute les conseils de La Vieuville. Le chancelier emploie tous les moyens pour se maintenir ; il a parlé au roi pour lui dire d'avoir pitié de son honneur et de tenir compte de ses longs services. On croit que le confesseur s'est employé en faveur du chanceher, dans l'intérêt de gagner 40 000 écus pour une église que l'on doit bâtir. D'autres veulent que les Jésuites, c'est-à-dire le provincial, le confesseur et le Père Bernetta qui dirige les confessions des bonnes bourses de cette ville, aient décidé de ne se mêler en rien de ces affaires. On dit que le changement aura lieu dans trois jours; Sully va, dit-on, venir à la cour pour avoir les finances; on dit qu'il se ferait catholique ^ Au milieu de ces zizanies se consument entièrement le temps de la cour et le service de la couronne^. »