I. Nonce, 5 janvier
■2. Nous trouvons dans Bassompierre l'explication de cette double mésintelligence ; il avait vivement blâmé devant Puisieux la décision intervenue dans l'atTaire de la surintendance de la maison d'Anne d'Autriche. « Je pensais dire cela, raconte le maréchal, à un amy particulier et en forme de discours; mais M. de Puisieux, pour faire le bon vallet, l'alla redire au roy, et le roy à La Vieville, quy, bien ayse d'avoir trouvé l'occasion de me nuyre, dit au roy que ces propos estoient criminels, méritoient la Bastille (ou pis); de sorte que le roy m'en fit la mine et fut huit jours sans me parler, jusques à ce que, s'estant plaint de moy à M. le cardinal de La Rochefoucault et au Père Siguirani, ils me le dirent et firent ma paix avec luy. » (T. III, p. i83 )
se couvrant la face de son manteau et en se moquant par derrière '. »
Nous reprenons Texposé du nonce. « Il y a longtemps^ dit-il, que tout cela se tramait; mais le roi aurait voulu, pour éviter bien des difficultés, qu'eux-mêmes eussent renoncé aux sceaux; il n\i jamais eu grand goût pour le chancelier, ne le tenant pas pour homme de bien. Quant à M. de Puisieux, il avait beaucoup de confiance en lui, tout en ne l'estimant pas; à la fin, leurs ennemis ont prévalu; ce sont le marquis de La Vieuville, surintendant des finances, qui, pour n'être pas homme d'un solide jugement, ne durera pas beaucoup, pense-t-on, dans sa charge; le duc de Bellegarde, désigné pour aller rendre le devoir d'obédience à Sa Sainteté, le plus accompli courtisan, le meilleur orateur de ce royaume, celui qui parle avec le plus d'adresse, le plus de maturité et avec le plus de grâce; M. de Toiras, qui marche à grands pas vers la faveur entière de Sa Majesté, et généralement tous les gens de cour, parce que la maison des Brûlarts était grandement détestée. Pour le moment, le roi n'a encore choisi personne à qui confier une aussi grosse charge que les sceaux, et l'on croit qu'il médite en lui-même de prendre quelqu'un à qui personne ne pense, afin que celui-là n'en sache gré à aucun autre qu'au roi lui-même. L'opinion des politiques est que M. de Puisieux et le commandeur de Sillery seront renvoyés, car il n'est point vraisemblable que le roi veuille se servir d'eux ou que l'auteur de cette révolution soit pour les laisser en état de prendre avec le temps leur revanche, étant donné surtout le naturel du roi, si bon et si facile à circonvenir '. »
1. Ambass. véiiit. , n" 2o(), 3 janvier i(")24. — Bassompierre dit que le chancelier rendit les sceaux au roi avant qu'il les demandât. Cette assertion est absolument contredite par nos documents. Le maréchal reste au fond l'ami des Brûlarts, et peut-être veut-il dans ses Mémoires dissiniuler à la postérité la triste ligure qu'ils rirent en cette occasion.