‹ RichelieuChapitre 155 sur 196 · Ambass. vénit., n° 208, 12 janvier · texte numérisé non relu

Ambass. vénit., n° 208, 12 janvier

de cette fonction sous Montpellier. En les lui remettant, le roi lui dit : « Je vous donne mes sceaux; ayez bon soin de mon service; j'ai fait élection de votre personne de mon propre mouvement; vous n'en avez d'obligation à qui que ce soit, servez-moi en homme de bien; » et il lui ordonna d'aller rendre visite au connétable et au chancelier '.

Le choix de M. d'Aligre était signihcatif. Bassompierre se tira d'affaire vis-à-vis de lui par un bon mot -. Quant à Puisieux, qui devait considérer cette nomination comme un avertissement déguisé de s'éloigner définitivement, il eut la faiblesse de n'en pas tenir compte. Le roi, après le premier coup porté au chancelier, avait fait dire aux ambassadeurs de ne plus communiquer aucune affaire d'importance à Puisieux, mais à lui-même. Puisieux se laissa volontairement abreuver d'humiliations; quand il voulait parler d'aff'aires au roi^ celui-ci faisait répondre qu'il n'avait pas besoin de ses services, ou bien qu'il était l'heure de déjeuner ". Un jour, au retour de la chasse, le roi, suivant son habitude, entra dans l'appartement de la reine mère; Puisieux s'y trouva; il se courba devant le roi et lui représenta que, au préjudice de son service, le bruit s'était répandu que les ambassadeurs avaient reçu l'ordre de ne plus parler aux ministres; le roi s'éloigna de lui tout aussitôt pour aller retrouver la reine mère, en lui disant qu'à la campagne on ne parlait point d'affaires. Une suprême tentative fut encore faite; le roi, par un singulier retour, ayant encore dit quelques bonnes paroles à Puisieux, le chancelier vint, les larmes aux yeux, le suppHer de ne pas ruiner sa famille, et Louis XIII eut l'air

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