Ambass. vénit., ibid
esprit politique la tournure que devaient prendre les événements. Dès la fin de décembre 1621, en effet, deux influences rivales se trouvaient en présence : la reine mère et Richelieu d'une part, le prince de Condé de l'autre, aspiraient à prendre possession du gouvernement. L'idée d'attribuer la survivance de la situation politique du connétable à ses fi-ères était inadmissible ; car l'inclination du roi ne l'y portait pas. Abondamment pourvus de charges, le duc de Chaulnes et le duc de Luxembourg étaient dénués d'autorité. Le passé de la reine mère et la valeur de RicheHeu, les talents et la haute situation du prince de Condé rendaient au contraire inévitable l'établissement prépondérant de l'une ou de l'autre de ces deux influences.
La reine mère et l'ancien prisonnier de Marie de Médicis commencèrent adroitement à jouer chacun sa partie. La reine mère, sentant bien que le roi ne consentirait jamais à donner à son rétablissement en fliveur l'apparence d'un désaveu du coup d'Etat qui avait renversé le maréchal d'Ancre, et de la révolution qui en avait été la suite, alla visiter ostensiblement la duchesse de Luynes et lui dit, en présence de la jeune reine, qu'elle ne se souviendrait pas que le connétable lui avait toujours été contraire, mais qu'elle était résolue à aimer sa veuve, ses enfants et à les protéger toujours *. Elle dépêcha ensuite au roi le sieur de Marillac pour le remercier de ses bonnes dispositions à son égard, le prier d'y persévérer et voir s'il y aurait moyen « de nouer quelque trame à son avantage -. « Le message fut donc loin d'être aussi désintéressé que l'affirme Richelieu. Quant au prince de Condé, il envoya sa femme ofii'ir ses services aux deux reines à Paris ; mais, suivant l'ambassadeur florentin, la princesse « fit bien plus sa cour à la jeune reine Anne d'Autriche qu'à la mère ». De son côté, le prince avait
1. Ambass. florent., 23 déc. lôai. — Ambass. \cnit., a' 17, 4 janv. 1621.