Ambass. vénit., ibid. — Richel., Mém., p
couru du fond de son gouvernement de Berri ' au-devant du roi, sous prétexte de lui porter l'acceptation du commandement d'une armée en voie de concentration autour de Genève et destinée à agir en Valteline ; le roi lui avait en effet récemment offert cette distinction. Il rencontra Louis XIII à Chàteauneuf-sur-Charente et venait, suivant la pittoresque expression de Bassompierre, « pour reconnaître le cours du marché » (6 janvier).
Le marché ne lui était pas, en somme, défavorable. Car la reine mère inspirait au roi plus de crainte que de confiance. Le nonce s'exprime à ce sujet avec une clairvoyance parfaite : « A l'égard de sa mère, le roi^ dit-il, est plein du soupçon qu'elle ne veuille l'assujettir, comme du vivant de Concini. Lorsqu'on voit auprès d'elle l'évêque de Luçon, on peut redouter que celui-ci ne prenne pied trop avant ; car sa cervelle est ainsi faite qu'il est capable de tyranniser et la mère et le fils -. » Tel était le sentiment de Louis XIII. Les confidents de Marie de Médicis ne l'ignoraient pas, et l'ambassadeur florentin, examinant la question de savoir si les effets correspondraient aux paroles écrites du roi, répondait par la négative : « Bien des gens, dit-il, croient qu'il n'en sera rien, et pensent que la raison d'État seule a voulu, dans la présente mutation, que l'on donnât bon espoir à la reine mère, pour la faire reculer devant des pensées et des desseins qui pourraient être contraires à ceux des favorisa »
Marie de Médicis ne renonçait cependant pas à tirer parti de la situation. Le gentilhomme qu'elle avait envoyé auprès de Louis XIII était chargé d'une démarche de nature à dissiper des préventions graves. Il se plaignit au nom de la reine que l'on eût écrit au pape pour l'accuser d'être devenue partisan et fautrice des huguenots, et demanda qu'il
1. Le P. Griftet se trompe en disant que le prince partit de Paris pour aller retrouver le roi.