Agucchia., i3 mars
2. Nonce, du 3i mars 1G23. La cour de Rome choisit bientôt après pour cet emploi le marquis de Bagni, plus agréable à la France.
avec l'archiduc Léopold et le gouverneur de Milan. Quant à la cour de France, elle se contenta de blâmer vivement le trop grand empressement du pape à envoyer son frère pour prendre possession des forts ; il est vrai que le commandeur de Sillery, après ses premières résistances, avait fini par encourager le pape à agir de la sorte '.
La politique de concessions l'emportait donc une fois de plus dans les conseils de Louis XIII : Puisieux fit en effet dépêcher à l'ambassade de France à Rome un courrier porteur d'une approbation du dépôt, sauf quelques restrictions -. « Le roi, dit le nonce^ autorise le dépôt fait ou à faire, à la condition que l'aff'aire soit entièrement accommodée au mois de juillet. Il pourra prolonger ce délai s'il n'y a eu aucune mauvaise volonté de la part des Espagnols ; en attendant, il continue à se préparer à la guerre \ « En eff"et, on avait hâte maintenant à la cour de France de voir le duc de Fiano en possession des forts de la Valteline. Le duc de Feria ne dissimulait pas son mécontentement, et, considérant le dépôt des forts comme un acheminement vers la restitution entière de la Valteline aux Grisons ", il se préparait à entraver l'exécution de la convention. Ainsi, le gouvernement français risquait d'être fort mal payé de sa faiblesse même. On envoya donc des troupes et du canon ù Seyssel, sur les frontières de la Savoie '. Le duc de Feria n'était pas seul mécontent; les Vénitiens et les Savoyards protestèrent en effet contre la décision prise par le gouvernement français d'accepter le dépôt des forts entre les mains du pape. L'ambassadeur vénitien fit un éclat à Rome et refusa de venir à l'audience du pape"; le Sénat envoya de Fargent à Mansfeld pour passer en Italie.