Agucchia, i3 mars iÔ
Le Saint-Siège commença alors à s'alarmer ;, il donna au nonce l'ordre d'engager les ministres du roi à ne pas favoriser par la diplomatie ou par les armes les hérétiques d'Allemagne ', et le cardinal Ludovisi justifia la politique et indiqua les intentions du Saint-Siège dans la dépêche suivante : « Le pape a toujours été très contraire à ce dépôt ; mais quand on lui a dit qu'il fallait ou l'accepter, ou voir la guerre en Italie, extrémité dont il a horreur après ce qu'il a vu pendant qu'il était nonce ■, il l'a accepté sans attendre le consentement de la France, parce qu'il a cru qu'il serait agréable au roi de pouvoir dire à ses alliés que déjà les forts n'étaient plus au pouvoir des Espagnols, et qu'ainsi avait cessé la cause d'une ligue tendant principalement à les retirer des mains de ceux qui les avaient usurpés. La décision du Saint-Père paraissait avoir eu l'approbation des ministres de Sa Majesté Très Chrétienne à Rome. Le délai de trois mois pour terminer toute l'aifaire est court; j'aime à croire que ce n'est pas une décision formelle, mais simplement un moyen de donner satistaction aux alliés. Votre Seigneurie fera tous ses efforts pour allonger ce délai ou pour faire en sorte que les Grisons deviennent catholiques; elle saura que le roi de France est en mauvais termes avec les Vénitiens, pour une raison ou pour une autre, que la Savoie persiste à demander au roi l'autorisation d'occuper Genève, ayant en ce moment des forces sur pied, un cardinal auprès du pape ^ et de l'argent par les Vénitiens. Le pape voudrait qu'il fût donné suite à l'entreprise sur Genève, parce que l'on ferait une œuvre louable et que les Vénitiens resteraient seuls et démasqués '. »
La façon dont s'exprime le secrétaire d'État pontifical ne