‹ RichelieuChapitre 18 sur 196 · Ambass. tiorent., i3 déc. 1G · texte numérisé non relu

Ambass. tiorent., i3 déc. 1G

fÛL fait justice de cette calomnie. Cette protestation, fort politique, fut bien accueillie du roi. Il donna l'ordre d'envoyer un exprès au pape pour avoir communication de la lettre et du nom de son auteur. L'ambassadeur vénitien, qui rapporte ce détail, attribue à des agents du duc de Luynes, M. de Modène et l'abbé Ruccellaï, cette dénonciation, que ne justifiait évidemment pas l'attitude de Marie de Médicis dans les derniers temps de la vie du connétable. Il est à remarquer cependant qu'en faisant déclarer à son fils par le même gentilhomme qu'elle ne prétendait pas gouverner, mais qu'elle désirait avoir sa place au conseil et participer aux affaires de l'Etat , comme il convenait à la mère du roi, elle se prononça formellement pour la conclusion de la paix avec les huguenots '. Il y avait dans les deux parties de ce message une sorte de contradiction qui était de la part de Marie de Médicis une habileté au moyen de laquelle, cherchant à mettre hors de suspicion ses sentiments à l'égard des protestants, elle prenait cependant position en fiice du prince de Condé, partisan déterminé de la guerre à outrance.

La difficulté de pénétrer les intentions de Louis XIII commandait la réserve à tous ceux qui convoitaient, suivant l'expression de l'ambassadeur florentin, « le siège vacant. » Le roi était plus jaloux de son pouvoir qu'il n'éprouvait de plaisir à l'exercer ; et de sourdes manœuvres se croisaient autour de lui pour imposer insensiblement à cet esprit, qui se laissait si volontiers dominer par l'habitude, une direction qu'il ne demandait pas mieux, au fond, que de subir, à la condition qu'elle lui fût sympathique. Les ministres essayèrent de le circonvenir au moyen de l'apprentissage des affaires; mais ils y mirent peu de discrétion. Le roi les traita de pédagogues et se débarrassa de leurs importunités par une singulière sortie qu'inspira Bassompierre ; il leur commanda de ne venir l'entretenir d'affaires qu'aux heures de

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