I. Nonce, 23 mars
pas de sa tête '. Mais le roi ne montra pas moins d'humanité à l'égard du commandeur que vis-à-vis du vieux chancelier, auquel il ne restait plus que quelques jours à vivre.
Nous avons ici encore à relever un détail dans les Mémoires de Richelieu ; il rapporte que le projet de traité fut rapporté en France, lorsque le chancelier et le sieur de Puisieux furent éloignés de la cour, et que « h cardinal fut appelé au conseil » ; et, sur cette dernière indication, Richelieu met dans sa propre bouche un long et habile discours politique sur les raisons qui devaient faire absolument repousser les concessions du Saint -Père aux Espagnols; or il faut retenir que, au moment où le gouvernement eut à statuer sur cet incident, le cardinal ne faisait, à aucun titre, partie du conseil, et que le roi répugnait de la façon la plus formelle, comme on le verra plus loin, à l'y faire entrer. C'est là un point d'histoire sur lequel il ne faut laisser subsister aucun doute. Assurément c'est le cardinal qui, le premier, devait oser un jour élever hautement les droits de la France à l'encontre des artifices du Saint-Siège ; mais, suivant son habitude, le cardinal anticipe sur son rôle.
Rétablir la vérité des faits n'est point d'ailleurs diminuer la gloire de la poHtique hardie dont il devait être le promoteur; et aller jusqu'au bout des faiblesses et de la responsabilité de ses prédécesseurs, c'est rehausser par un contraste encore plus frappant son génie.
On ne voit point en eifet que, durant les six semaines pendant lesquelles La Vieuville réussit à tenir encore écarté des affaires le cardinal de RicheHeu, le gouvernement ait pris une décision propre à faire réfléchir les ennemis de la France. La diplomatie française ne parle pas avec plus de hauteur qu'autrefois; les ministres sont incurablement audessous de leur tâche; ils protestent, mais n'agissent point. C'est le spectacle auquel nous assistons dans les dernières